2 juillet 2018

Pénibles pénos

Une Russie rosse et une Croatie cruelle gagnent à la loterie. Deux fois 120 minutes pour des prunes. La coupe du monde, c’est pas tous les jours carnaval.

Quand tu décroches le gros lot (capture d’écran).
Quand tu décroches le gros lot (capture d’écran).

Ça sert à quoi de se faire 1137 passes et de tirer 25 fois au but? Quand une équipe qui en fait 225 et cadre une seule fois, vous envoie dans le fossé? Constat amer pour la Roja, tombée au Loujniki non pas avec ses idées mais avec leur caricature. Son fameux jeu de possession n’aboutit qu'à ce résultat: à la fin, c’est elle qui fut possédée.

Contre, qui plus est, la présumée plus faible équipe du tournoi selon le comique indice FIFA, cette affreuse Russie enterrée avant même le début de la compétition. Incapable depuis une année de mettre un crampon devant l’autre et qui voit soudain, avec un côté de tableau purifié de tout gros poisson, une perspective folle s’esquisser: aller au bout, et même au bout du bout.

Surtout que cette équipe improbable, faite de briques, de brêles et de branques, possède l’ingrédient qui construit les épopées : la foi. Et beaucoup de malice. Une Russie si rosse qu'au milieu des pires embrouilles, son moustachu sélectionneur Cherchesov trouve. N'importe quoi, mais trouve. Bref pour l’Espagne ce fut, comme dirait OSS 117, moche coup à Moscou.

Ça sert à quoi, enfin, d'être l'homme du match, d’arrêter trois penaltys -un en prolongation, deux lors de la séance de tir aux buts- pour se faire éliminer quand même? Oui Kasper peut l'avoir mauvaise, Schmeichel fils de Peter, comme il nous le fut rappelé cent fois, à coup de gros plans dans les tribunes, lors de ce Danemark-Croatie si incertain.

Oui, ça sert à quoi qu'il se décarcasse Kasper, l'homme de Leicester, si c’est pour que ses petits camarades, même Eriksen, le type qui a une main à la place du pied, tirent leurs pénos comme des enfants apeurés? Si c’est pour que le gardien d’en face, Subasic, arrête également trois penaltys mais les trois, lui, lors de la séance fatidique, ce qui fait toute la différence?

Ce Subasic, résident monégasque, qui avait déclaré il y a peu préférer «encaisser le penalty et me qualifier». A défaut d’être drôle, l’humour croate sait être cruel.

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