17 juin 2018

Le jour de VAR est arrivé

Ça y est, l'arbitrage vidéo s'invite à la fête. Comme pour saluer l'entrée plus que poussive d'une France assoupie et d'une Argentine sans imagination.

Garceca: La VAR, c’est pas toujours le Pérou (Capture d’écran)
Gareca: La VAR, c’est pas toujours le Pérou (Capture d’écran)
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La VAR! Autrement, dit: "Video Assistant Referee" ou assistance vidéo à l'arbitrage. Grande innovation de cette coupe du monde, elle avait sévi la saison dernière de façon parfaitement cacophonique dans les championnats d'Allemagne et d'Italie.

Jusqu'ici, on en avait été préservé. Pas une intervention de l'oeil de Moscou les deux premiers jours de la compétition. Mais le troisième, patatras: la VAR se mit à tirer à vue. Principale bénéficiaire de ce carnage: l'équipe de France.

A propos de laquelle on avait pu se demander si le Tatarstan, capitale Kazan, n'était pas une jungle infestée de mouches tsé-tsé. Tant les Bleus paraissaient frappés d'une colossale léthargie pour leur entrée en lice dans la compétition, face à des kangourous présumés inoffensifs mais qui avaient eu plutôt mangé du lion.

La VAR généreuse sauva une première fois la France en lui offrant sur un plateau un penalty malgré tout discutable. Avant qu' Umtiti ne perde la tête en oubliant de se couper le bras. C'est alors la «goal-line technology» qui est venue redonner un semblant de vie aux fantômes tricolores en validant un but hasardeux de Pogba. Au final un victoire bien chanceuse face à une Australie enragée. Peu importe sans doute à Didier Deschamps, adepte fanatique du résultat tout cru.

La VAR, c'est bien joli, encore faut-il savoir en profiter. Pas comme les malheureux Péruviens qui se virent attribuer un penalty par la magie de la vidéo. Une sentence que Cueva décida de transformer hélas à la Zaza, c'est-à-dire n'importe comment et dans les étoiles. De quoi allonger encore la figure austère du sélectionneur andin Ricardo Gareca, surnommé le Tigre, ce qui n'est pas tout à fait sympa pour les tigres. Bref, des Péruviens peu économes de leur énergie et qui finiront par se faire dévaliser par un hold-up à la danoise.

Passons au derby pôle Nord-pôle Sud. Deux géographies, deux mondes, deux footballs naturellement aux antipodes. Le style bûcherons hirsutes face au genre gauchos échevelés. Et à la fin de cet Argentine-Islande, un match nul et un Messi qui s'emmêle crampons, pinceaux et lacets, jusqu'à rater un penalty et à voir la plupart de ses coups-francs s'écraser contre la banquise islandaise.

Sampaoli, le sélectionneur argentin, a certes réussi de grandes choses avec le Chili, mais dans son propre pays il est encore loin d'avoir une tête de prophète. Laisser une perle comme Icardi à la maison et un diamant comme Dybala sur le banc, voilà qui interpelle, dans le plus courtois des cas. Sampaoli prétend qu'il est impossible de faire jouer Messi et Dybala ensemble. Faut-il aller jusqu'à penser que le vrai handicap de l'Albiceleste, ce n'est pas sa défense de vieillards, mais le têtu manque d'imagination de son sélectionneur?

Quant à la victoire de la Croatie sur un pâle Nigeria, qu’en dire, si ce n’est qu’elle a été acquise sans histoire, ni VAR.

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