19 juin 2018

Citizen Kane à Stalingrad

Des larmes, des Aigles et des moustiques, il faut de tout pour faire une coupe du monde.

Les Aigles étaient pourtant soutenus (Capture d’écran).
Les Aigles étaient pourtant soutenus (Capture d’écran).

52 ans. Cela fait 52 ans, depuis leur unique triomphe, qu'à chaque coupe du monde il se trouve toujours quelqu'un pour dire: et si c'était l'année des Anglais? Cela a fini par tourner au running gag.

Cette fois, tiens, des débuts flamboyants contre la Tunisie, avec un but de captain Harry Kane dans les premières minutes. Sauf que les artilleurs de Sa Majesté décidèrent subitement de changer de profession. Footballeurs, c'était fini. Ils étaient désormais vendangeurs.

Puis leur baroque défense à trois, prise d'un accès de générosité, offrait tant qu'à faire un penalty à une très inoffensive Tunisie qui aurait sinon pu jouer un ou deux siècles sans apercevoir, même de très loin, le nez du gardien Pickford.

C'est ainsi que dans l'antre de Volgograd, riante citée qui s'appela un moment, comme chaque sait, Stalingrad, Messieurs les Anglais passèrent toute la deuxième mi-temps à mener, d'une façon extraordinairement poussive, le siège d'une Tunisie recroquevillée.

Au milieu d'une nuée de moustiques et d'Aigles de Carthage tout aussi agaçants, citizen Kane -qui d'autre?- restaura pourtant, au bout du bout, la fierté contrariée d'une Albion rarement aussi peu perfide.

Quelques heures plus tôt, à coups de Lee, de Ki, de Park et de Kim, à coups de Larson, de Janson, de Berg et de Vorsberg, la Suède du Nord et la Corée du Sud se rendaient gnons pour gnons. Après avoir passé entre plusieurs gouttes, le pays du Matin calme se faisait rattraper par la patrouille énervée de la vidéo.

A noter que l'arme secrète coréenne ce jour-là était son troisième gardien, audacieusement titularisé, un monsieur Jo qui arrêta tout, sauf ce nouveau penalty électronique.

Enfin les Belges allaient manger tout rond les Panaméens, c'était sûr de chez garanti. La Belgique des Hazard, De Bruyne, Mertens, Lukaku, contre le Panama des...enfin bref: pas un pli.
Il fallut quand même attendre la deuxième mi-temps pour voir des Diables rouges jusque-là beaucoup trop bons chrétiens, jouer efficacement de la fourche.

Il y eut pourtant un domaine où le Panama se montra largement supérieur: l'intensité mise à expectorer l'hymne national. Un seul ne chantait pas, Roman Torres, le capitaine. Lui, il pleurait.

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