3 juillet 2018

Fini de rire, les petits

La boîte à surprises s'est refermée. Malgré un Japon déchaîné mais naïf qui a poussé les Diables rouges au bord du ridicule. Le Brésil, facile.

Kagawa, ou le Japon crucifié (capture d'écran).
Kagawa, ou le Japon crucifié (capture d'écran).

Les surprises, ça va un moment. Les gros qui passent à la cascade les uns après les autres, il fallait bien que ça s'arrête une fois. C'est une coupe du monde, quand même, pas un jeu de quilles. La FIFA World Cup, pas du baby foot.

Pourtant qu'il paraissait mal emmanché pour le Brésil, ce huitième de finale. Avec des Mexicains d'une insolence rare qui se mirent d'entrée à toréer, à piquer les lignes arrières jaunes. Olé! rugissait la foule.

Tout allait pourtant vite rentrer dans l'ordre. Parce que ce Brésil-là n'est décidément pas une baudruche, que ses pieds ne sont pas d'argile et que c'est un favori, lui, un vrai.

Neymar tombait toujours autant, avec toujours les mêmes grimaces grotesques, les mêmes comédies ridicules -cabri, c'était loin d'être fini. Sauf que le joueur le plus antipathique de la compétition, le plus agressé aussi, se mit à jouer de mieux en mieux. A multiplier les gestes justes, les perforations, les inspirations.

L'ombre de Grand-guignol s'éloignait du Loujniki, remballant ses insensées perspectives, du genre une finale le 15 juillet entre le Mexique et la Russie, si pas la Suisse et le Japon.

Menés, les Mexicains voulurent réagir. Mais se prirent leurs chevelures peroxydées d'un jour dans les mailles d'un filet auriverde sans état d'âme ni faiblesse coupable. Contrairement à l'édition précédente, le Brésil pouvait se targuer d'avoir une défense. La preuve: en quatre matchs, un seul but reçu. Aussi suisse qu'irrégulier, c'est dire l'épaisseur de la forteresse.

Sur ces bases d'une saine normalité retrouvée, on imaginait dans la foulée un Japon-Belgique du même tonneau. Avec des Diables rouges qui règleraient vite fait leur compte aux petits hommes bleus.

On a vu. Les Japonais, physiquement dominés, livraient le match de leur vie. Se jetaient sur tous les ballons, couraient, compensaient, taclaient, samouraïs toujours sur le fil du sabre.

Les Diables se faisaient entailler une fois, puis deux. KO, la Belgique dorée allait pourtant relever la tête. Et même les deux, celles de Vertonghen, sans faire exprès, et de Fellaini, comme d'hab. L'histoire l'a souvent montré: la maîtrise des airs n'a jamais été le point fort du Japon.

La fin paraissait écrite lorsque les kamikazes se ruèrent à l'assaut des buts de Courtois pour disputer un dernier corner. Et offrir aux Belges une fatale contre-attaque que tout le monde voyait arriver. Oui, la déraison venait bien, ce 2 juillet, de quitter une terre russe pourtant toujours accueillante.

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