21 juin 2018

Le fantôme d'Eusebio

Poison, fixette et canicule. Ainsi va un Mondial qui voit le Maroc et l'Arabie saoudite, après l'Egypte, quitter la scène.

Un Cristiano qui ne touche plus terre (capture d’écran).
Un Cristiano qui ne touche plus terre (capture d’écran).

33 ans, l'âge du Christ. Sans doute sa dernière coupe du monde. Alors peut-il le faire? Cristiano Ronaldo peut-il être ce que fut Maradona pour l'Argentine en 1986? Un homme qui à lui tout seul offre à son pays la couronne mondiale.

Si la chose semble quand même délicate, la question se pose de plus en plus, tant on aura rarement vu le Portugais aussi motivé, aussi content d'être là. La machine à patates tourne à plein régime, quatre déjà en deux matchs.

Et puis surtout la coupe du monde jusqu'ici représente son seul échec. Il n'y a jamais vraiment brillé. Au point que la référence lusitanienne en la matière, c'est encore le meilleur buteur de l'édition 1966, le roi Eusebio. Bref un vrai challenge, qui avec un type comme Ronaldo peut rapidement tourner à la fixette.

33 ans, l'âge du Christ et tout ça pour s'entendre, contre le Maroc, crier à chaque toucher de balle par des supporters marocains bouillonnants dans les tribunes du Loujniki: Messi! Messi! On se console comme on peut. Voilà donc un Maroc renvoyé fissa dans les profondeurs du Rif. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir beaucoup tenté.

Comme contre l'Iran, les Marocains ont eu largement la possession du ballon pour n'en faire pas grand-chose, ont beaucoup tiré, mais à peu près n'importe où. Enième exemple que le jeu, c'est bien plus que du jeu. Qu'il n'est pas interdit d'être rusé, attentiste, inattendu et surtout de sang-froid au moment de l'estocade.

Le Maroc était largement annoncé un peu partout comme l'équipe surprise de ce Mondial. La surprise finalement c'est qu'il ne le fut pas. Les hommes du peut-être pas si rusé Renard se seraient-ils ainsi mis tout seuls une pression trop grande pour eux?

Le même après-midi, dans la touffeur de Rostov, une déclinaison eut lieu sur ce même thème du «souffler n'est pas jouer». Les Saoudiens face à l'Uruguay réussirent bien à attaquer, dribbler, tirer même. Tout ça pour se prendre sur un corner uruguayen et une sortie aux fraises de leur gardien, un pruneau du pistolero Luis Suarez. Qui n'avait jusque-là utilisé qu'une sorte de poudre: celle qui rend invisible.

Confirmation, ensuite, à Kazan, que l'Iran c'est du poison pur. L'Espagne aura dû user de toute sa science et de sa patience, et du genou de son infernal Costa, pour faire sauter un hérisson particulièrement retors. Ce qui montre que jusqu'ici aucun des principaux favoris n'aura fait une impression définitive.

Grosses chaleurs enfin sur tous les stades -c'était bien la peine d'organiser un Mondial dans le pays le plus froid du monde.


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