24 juin 2018

Et à la fin c'est l'Allemagne qui...

Après le miracle de Berne, celui de Sotchi. Mais l'histoire de la Mannschaft n'était-elle pas une suite répétée d'évènements surnaturels?

Amis Suédois, saurez-vous retrouver le ballon? (Capture d’écran).
Amis Suédois, saurez-vous retrouver le ballon? (Capture d’écran).

La Mannschaft, on lui marche sur les pieds une fois, rarement deux. C'est ce qu'on se disait dans les premières minutes de ce Suède-Allemagne en forme couperet. 92 % de possession de balle, un assaut en règle de la forteresse viking, et puis patatras, les Allemands perdaient la boule en même temps que le nez de Rudy.

Pire, Toivonen, dans la vraie vie remplaçant au TFC (Toulouse Football Club) enfonçait un clou dans le cercueil teuton. Pourtant cette fois la Mannschaft jouait à onze, puisque Mesut Özil, l'homme sans combustible, était sur le banc.

A la mi-temps, les mauvaises langues tournaient à plein régime, expliquant que cette Suède héroïque était redevenue une vraie équipe depuis que Zlatan, son Neymar à elle, avait pris sa retraite.

Oui mais bon, d'un coup la grosse Bertha était de retour. Le drakkar était pilonné, arrosé, canardé, se faisait arracher ses voiles une à une, égaliser même, mais ne sombrait toujours pas. Des montagnes étaient soigneusement ratées. Les Germains se retrouvaient à dix. Non, ce n'était pas l'entrée d'Özil mais un carton rouge pour Boateng.

Bref, on entendait déjà tourner les moteurs d'un Airbus de la Lufthansa. Sauf que certains proverbes ont la vie dure. A la fin, une faute suédoise inutile, un coup franc très naïvement défendu, et c'est l'Allemagne qui gagne.

Que dire, sinon, en articulant bien et en se réjouissant que pour une fois le jeu et la possession aient été récompensés: Donnerwetter! Et tant pis pour la colossale Schadenfreude qui s'apprêtait à déferler sur la planète entière.

Tout reste désormais à faire dans ce groupe, avec une seule certitude: la disparition de la Corée. Laisser traîner en effet un bras tatoué dans la surface, c'est toujours une mauvaise idée. Contre le Mexique, la Corée l'a eue et la Corée l'a payée. 14ème penalty déjà dans cette coupe du monde où l'on en est presque à réhabiliter la loi d’airain des cours d'école: 3 corners, péno.

Les Coréens pouvaient l’avoir mauvaise: jusque-là c'était plutôt eux, sous la houlette décidée du capitaine Ki, qu'on avait vu prendre le dragon par les naseaux. Heung-Min Son, la star, sembla un instant avoir retrouvé ses jambes de Tottenham et l’on assista à de désespérés mais salvateurs sacrifices humains dans la surface aztèque.

Tout ça pour se faire cambrioler en contre par le sang- froid tueur de Javier «Petit pois» Hernandez. Petit pois mais grosse conséquence: bonjour Séoul.

La généreuse Tunisie, elle, a commencé son match contre la Belgique comme elle l'avait terminé contre l'Angleterre: mal. Quand on dit généreuse, on pense à sa défense pur beurre. Une arrière-garde certes décimée par une cascade de blessures proche d'une embrouille satanique.

Il ne restait donc plus au Plat pays à deux têtes -Hazard et De Bruyne, même si elles ne regardent pas toujours dans la même direction- qu'à détruire tranquillement Carthage.

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