28 juin 2018

Les petits plaisirs mesquins de la vie

Vous vous pourléchiez d'un Brésil-Allemagne en huitième de finale? Vous trépiderez devant Suisse-Suède.

Ce bonheur des uns qui fait les larmes des autres (Capture d'écran).
Ce bonheur des uns qui fait les larmes des autres (Capture d'écran).

Bon. Les Allemands sont en vacances. Eux qui détestent ça. On plaisante. Ce n'était pas le jour des clichés. C'était même le contraire. Adieu la volonté germanique qui renverse montagnes et châteaux. Adieu la rage de vaincre, l'esprit de corps et d'équipe. Où donc était la discipline, où le courage, où les casques à pointe? Aimaient-ils encore seulement la bière et la saucisse, ces Teutons-là, ces Allemands si falots, si pâlots, si peu allemands en somme?

Bon, se faire taper, certes dans les arrêts de jeu, par des Coréens, certes valeureux et généreux, cela restera un jour sombre pour la grande Allemagne. Aussi sombre que les tee-shirts éternels du sélectionneur en place depuis 12 ans.

Löwitude et lassitude ont certainement laminé un groupe rassasié avant d'arriver. Le légendaire gardien Oliver Kahn a même fait valoir que Joachim Löw aurait dû, comme la plupart des coachs qui ont gagné une coupe du monde, s'en aller sur ce triomphe en 2014. Parce que, c'est vrai ça, «que peut-on gagner de plus qu'une coupe du monde?».

Autrement dit, le ver était dans le chou. Des joueurs affalés dans leur zone de confort, incapables d'autocritique, sans personne pour venir tirer leurs grands pieds mous et satisfaits.

Dans les tribunes, le retraité Miroslav Klose, meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde avec 16 réalisations, lançait des regards désespérés qui disaient exactement ceci: «Mon royaume pour une paire de godasses». Ce qui devait advenir est donc advenu: «Debakel und Katastrophe», comme ont sobrement résumé les médias allemands.

N'empêche, qui aurait imaginé que la Suède, jusque-là malheureuse dans les scénarios de jeu comme avec l'arbitrage, allait finalement finir première de ce groupe? En ne faisant qu'une bouchée de Mexicains, jusque-là éblouissants, mais qui avaient opté pour une approche ne leur correspondant pas: la retirette. La pioche fut mauvaise et faillit bien les faire retomber au-dessous du volcan.

Le problème avec la disparition des gros poissons, dont on se réjouit toujours sur le moment - les petits plaisirs mesquins ne sont-ils pas le poivre de la vie?- c'est qu'après, on se coltine des huitièmes de finale un peu moins excitants qu'imaginés.

Le Brésil ayant plutôt facilement et la Suisse plutôt difficilement confirmé la tendance favorable dans leur groupe, les gourmands qui se pourléchaient d'un Brésil – Allemagne, se retrouveront, entre autres, avec Suisse-Suède. Oui, la guerre des neutres.

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