4 juillet 2018

Une équipe de poules

Les matchs à élimination directe ne semblent pas faits pour la Nati. L’Angleterre renverse la cafetière.

Granit dans le dur, c’est la Suède qui passe (capture d’écran).
Granit dans le dur, c’est la Suède qui passe (capture d’écran).

Les deux pays ne l’avaient pas dit ouvertement. Mais les deux l’avaient pensé très fort: quelle chance, mais quelle chance de tomber en huitième de finale contre une équipe de seconde zone. Et quel gâchis ce serait de laisser passer une occase pareille.

D’où peut-être entre la Suisse et la Suède ces débuts de vierges effarouchées. Les chiens jaunes et rouges montraient des pattes toutes de faïence et de prudence.

A ce jeu de mineurs de fond dans l’empire du milieu, c’est la Suède qui créa le danger, Berg qui rata une montagne, Sommer miraculeux devant le même Berg, Ekdal qui s’embrouilla les chevilles au moment de l’estocade.

En face, rien, si ce n’est l’habituel missile aux étoiles de Dzemaili. Pour le reste, côté suisse, ce ne furent que passes ratées, contrôles approximatifs, centres pour personne, ce qui donnait au mieux une rime suédoise.

Même sauce en début de deuxième mi-temps mais avec un fromage à croix blanche affiné dans le mauvais sens, passant de pâte dure à pâte molle. Ce dont profita Forsberg, qu’on laissa s’avancer comme au tire-pipes. Emil mit dans le mille.

De révolte suisse, point. Si ce n’est dans les dernières minutes, mais avec toujours le même manque de pep et d’adresse. Jamais, à aucun instant, on ne retrouvait l’équipe habitée des trois premiers matchs. Il faudra peut-être se résigner: la Nati est une équipe de poules. On n’a pas dit mouillées. Non, on ne l’a pas dit.

Après ce match fermé, une bataille rangée entre la Colombie et l’Angleterre. La faute aux Cafeteros qui n'ont longtemps servi que de la chicorée, mettant toute leur énergie à contester, s’énerver, simuler, défendre. Jouer? C’est bête, ils n’y avaient pas pensé. Une Angleterre sans génie mais solidaire et appliquée, avait donc fini par les punir et semblait tout maîtriser.

Jusqu’à la der des der, où sur un corner de fin du monde, un géant jaune, le défenseur Yerry Mina, surgissait pour inscrire son troisième but en trois matchs. Pas franchement mérité, mais si le foot était affaire de mérite, cela se saurait.

L’Angleterre paraissait ne pas devoir s’en remettre. Sauf que, dans un exercice où elle échoue tout le temps, les tirs au but, elle serait sauvée par son légendaire point faible: le gardien. Pickford for ever et un boulevard jusqu’à la finale, avec des adversaires de l’acabit de la Suède et de la Russie ou de la Croatie. Sauf que capoter sur la voie royale, cela reste une spécialité bien anglaise.

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