8 juillet 2018

Accident de roulette russe à Sotchi

La Sbornaya sort glorieusement de sa coupe du monde. L’Angleterre a les crocs et les Croates y croient.

Châtiment. Mais où était le crime ?  (Capture d’écran)
Châtiment. Mais où était le crime? (Capture d’écran)
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Guerre et paix, crime et châtiment, on s’attendait à tout et à pas mal de dramaturgie pour ce Russie-Croatie. Mais ce furent d’abord les âmes mortes. L’enjeu sans doute, et le virus de la pétoche qui va avec. Apathie et somnolence.

Avant qu’un tsunami signé du bien-aimé Cheryshev, comme surgi du fond la mer Noire, un des plus beaux buts de ce Mondial, ne déclenche une vague d’euphorie, pour ne pas dire un séisme d’enthousiasme.

La défense russe ne tenait pourtant qu’à un fil, tissé de grand âge et de fraîche naïveté. L’égalisation tomba donc vite. Croates de bois, Croates de fer.

Plus le temps passait, plus le match montait dans l’échelle du courage et de l’épuisement. Pour atteindre même au sublime lors des prolongations, dans une recherche réciproque et titubante du KO.

On crut la Russie morte sur un coup de tête croate, elle rétorquait par un coup de boule encore plus fracassant. Délire à Sotchi et tirs aux buts. Mais la roulette russe, par définition, ça ne marche pas à chaque fois, et il y eut bien châtiment. Pour quel crime au juste?

Ce sont donc les Croates qui affronteront en demi-finale cette Angleterre qui a écarté sans souffrir des Suédois encore plus pâles que d’habitude. Des Vikings qui avaient frigorifié la France en éliminatoires, congelé l’Italie en barrage, glacé le Mexique en poules, douché la Suisse en huitième.

Mais les basses températures, les Anglais connaissent. On vit ainsi une équipe habile, processionnaire sur les balles arrêtées, rusée en contre-attaque et pouvant compter sur les parades d’un Pickford taillé dans le roc et le Banks.
De quoi faire monter le niveau des espérances, et surtout des fleuves de bières dans les pubs de sa Majesté. Si c’était encore possible.

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