2 novembre 2017

Jolie balade dans une forêt genevoise

Situé à un kilomètre du village de Dardagny (GE), le sentier naturaliste de la Roulavaz propose aux promeneurs, le temps d'une balade au fil de l’eau, de se plonger dans la magie automnale.

Roulavaz
La passerelle qui permet de traverser le Roulave a été construite cet été.

Cap sur la campagne genevoise! En cette belle matinée d’automne, rien de tel qu’une promenade en forêt pour s’extasier – une dernière fois peut-être avant la venue de l’hiver – devant les jaunes, les rouges, les ocres qui éclatent en bouquets impressionnistes au-dessus de nos têtes. C’est donc sur les pentes boisées du vallon du Roulave, un affluent de l’Allondon, que nous nous aventurons aujour­d’hui, non loin du village de Dardagny.

Le lieu, idyllique, invite les promeneurs à faire une petite pause...

Roulave ou Roulavaz? Comme l’explique le panneau d’accueil de ce sentier didactique, la première appellation a remplacé la seconde en 2008, qui continue néanmoins d’être utilisée pour désigner la balade. Mais quel que soit le nom de ce ruisseau, on apprend qu’il prend sa source en France voisine, au pied du Jura, à un jet de pierre de la frontière. Remontons-en le cours.

L’une des curiosités du vallon de la Roulavaz: les grottes bitumineuses.

Bienvenue en automne

Partant du petit pont des Essertines, à deux pas du parking où nous avons laissé notre voiture, nous nous engageons dans la forêt. Un parterre de feuilles mortes guide nos pas entre les charmes, les chênes, les frênes, les aulnes et les tilleuls. Une nouvelle borne informative nous indique que le site doit sa diversité biologique aux roches meubles dans lequel le Roulave a creusé son lit.

Plus loin, c’est dans une cathédrale de conifères que nous pénétrons: ils auraient été plantés dans les années 1960 sur d’anciens pâturages. Çà et là, des champignons s’accrochent aux troncs et aux bordures du chemin, stimulant les papilles. En contrebas, le léger bruissement du ruisseau répond au chant des oiseaux. Et partout, le soleil darde ses rayons entre les feuillages, dans un poétique jeu d’ombre et de lumière.

Un cheval peu farouche vient saluer les promeneurs.

Tous sens en éveil, nous poursuivons notre promenade et arrivons bientôt à un embranchement. Plutôt que nous diriger tout de suite vers le petit village d’Essertines, nous bifurquons à gauche. Nous avons envie de voir de plus près l’une des curiosités du vallon de la Roulavaz: les grottes bitumineuses. Malheureusement, la passerelle qui menait autrefois de l’autre côté du cours d’eau – là où se situent lesdites grottes – n’est plus en service depuis fin 2015. Nous devons nous contenter d’admirer de loin cette vaste façade de grès ponctuée de quelques ouvertures, où nichent, paraît-il, quatre espèces de chauves-­souris.

Le panneau didactique nous enseigne que les premières tentatives d’exploitation du bitume imprégnant les pores de ces roches gréseuses datent du XIXe siècle. D’importantes galeries ont également été creusées durant les deux guerres mondiales. Plusieurs tonnes de ce produit visqueux proche du pétrole auraient été utilisées pour asphalter certaines places de la ville de Genève, mais également pour graisser les roues des chars et étancher des barques…

Les conifères auraient été plantés dans les années 1960 sur d’anciens pâturages.

En attendant la salamandre

Avant de revenir sur nos pas, nous longeons le ruisseau encore sur quelques dizaines de mètres pour atteindre une nouvelle passerelle, construite cet été pour remplacer l’ancienne et permettre de traverser, à pied sec, le Roulave. On s’offre au passage une petite pause dans ce lieu idyllique, où une mousse vert tendre, baignée de lumière, s’invite sur les rochers éparpillés dans l’eau claire. Enchanteur… Ne manquerait plus que l’apparition inespérée d’une salamandre tachetée, l’Allondon et ses affluents étant pour elle un habitat de choix, pour compléter le paisible tableau. Aujourd’hui toutefois, le légendaire amphibien ne daignera pas se montrer.

Rebroussant chemin, nous nous dirigeons cette fois vers l’orée des bois, où nous admirons à nouveau les teintes automnales qui parent les ceps de vignes délestées de leurs raisins. Dans un champ voisin, des chevaux viennent nous saluer et quémander une caresse. Nous voilà bientôt arrivés à Essertines, où de vieilles fermes rénovées côtoient les exploitations viticoles. Sur la place du village, le lierre court sur les façades des maisons.

Le Roulave est un affluent de l’Allondon. Il sert de fil rouge à cette balade.

Une campagne flamboyante

Ne nous reste plus alors qu’à longer encore les vignobles flamboyants – jetant un regard, au loin, vers le massif du Salève et la campagne genevoise qui disparaît par endroits dans un bandeau de brume – avant de nous engager une fois de plus dans la forêt et rejoindre, après une descente où il nous vient des envies enfantines de faire valser les feuilles mortes d’un coup de pied joueur, le point de départ de notre balade. 

En sortant du bois, des vignobles aux couleurs de l’automne s’étendent à perte de vue.

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