24 mai 2018

Découvrir les oiseaux qui vivent à nos portes

Un sentier didactique mène les visiteurs sur les traces des diverses espèces d’oiseaux qui nichent dans les hauts de Lausanne. Une promenade riche en points de vue et en surprises.

Oiseaux à Sauvabelin
La balade donne l’occasion de découvrir des espèces d’oiseaux d’ordinaire timides. Photos: Jeremy Bierer

Le feu rouge passe au vert. Au carrefour de la rue César-Roux et de la rue Centrale, le ballet du trafic lausannois reprend sans perturber les résidents ailés de la place du Nord. Un pigeon traverse nonchalamment la place de jeux déserte en cette fin de matinée de semaine, indifférent au bruit des moteurs. À quelques mètres côté route, devant l’entrée du parc, un panneau indique le début de l’escapade du jour: OIZOVallon , une balade didactique permettant de découvrir les oiseaux des villes. Le trajet s’effectue nez en l’air, casque sur les oreilles et smartphone en main. Le promeneur se laisse guider par l’application dédiée (lire encadré).

L’appli guide le promeneur et lui fait entendre les chants. d'oiseaux

Vous allez découvrir des habitants discrets des milieux urbains. Ici on parle pouillot véloce, sittelle torchepot, cincle plongeur… Vous ne voyez pas? Pourtant tout ce petit monde vit au-dessus de nos têtes, nichant dans les arbres ou sous le toit des maisons. Tenter de les apercevoir tient de la gageure, il est vrai. Et c’est surtout leur chant qui nous accompagnera au long de notre expédition.

Les hirondeles viennent nicher à l'abri des toits.

Des chants mélodieux

Revenons au point de départ, là dans le quartier du Vallon qui fait office de portail. Perché sur la branche d’un cèdre, un moineau donne de la voix à côté d’un nichoir. C’est ici qu’il passe son temps en compagnie des mésanges bleues et des grimpereaux des jardins au chant mélodieux. Mais on a beau lever les yeux, difficile de s’assurer qu’il s’agit bien de lui. L’écoute de ce premier poste terminée, on se dirige vers le second, juste au-dessus du café de La Bossette . Là-haut, accrochés sous les toits du pâté de maisons, des cabanons miniatures aux airs de boîte aux lettres se détachent sur le ciel. Les martinets aiment venir y nicher pour y élever leur portée durant leur bref séjour en Suisse de fin avril à juillet.

Des cabanons en bois accueillent des martinets durant leur court séjour en Suisse.

Des cabanons miniatures aux airs de boîte aux lettres se détachent sur le ciel.

Voilà qui tombe bien. Pourtant, impossible d’apercevoir ne serait-ce que le bout de la queue de ce migrateur arrivé tout droit d’Afrique. Ces acrobates des airs, apprend-on, passent la majeure partie de leur temps à voler. Peut-être en croisera-t-on aux abords du château Saint-Maire où, nous dit-on, une colonie a pour habitude de prendre ses quartiers. La visite vaut toutefois le détour et offre l’occasion d’admirer le château restauré, siège du gouvernement vaudois, ainsi que la vue plongeante sur la ville depuis l’esplanade.

Le parcours ­serpente autour du château ­Saint-Maire.

La campagne en ville

Retour sur nos pas jusqu’au rond-point de la rue de la Barre où un panneau indique un petit chemin qui s’étire en direction du parc de l’ Hermitage . À mesure que l’on gravit la colline, le paysage se fait bucolique: les prés et les fleurs ont remplacé les trottoirs et c’est presque sans surprise que l’on tombe sur un troupeau de moutons paissant tranquillement sur la pente, l’imposant bâtiment du CHUV en arrière-plan. Encore quelques lacets et c’est au tour de la belle maison de maître qui abrite la Fondation de l’Hermitage et ses expositions temporaires d’apparaître.

On traverse le jardin, marchant dans l’herbe grasse, le regard rivé sur la vue spectaculaire ouvrant sur le lac et la ville, plongés dans une atmosphère délicieusement surannée.

Le parc de l'Hermitage accueille le visiteur pour une pause sur un banc.

Le troisième poste se situe sur la place de jeux derrière une petite clairière. Sous un hêtre pleureur, dont les épaisses branches entrelacées sur le sol forment un dédale digne d’une forêt magique, on tente d’apercevoir le délicat plumage jaune et bleuté de la sittelle torchepot. Les écorces sont scrutées, les vieux troncs sont détaillés, les moindres recoins inspectés, sans succès. Reste à tendre l’oreille. Soudain, son chant répétitif et léger se fait entendre. Là, quelque part dans les arbres, l’oiseau nous observe de son œil surligné de noir.

À mesure que l’on gravit la colline, le paysage se fait bucolique.

On resterait bien quelques instants à se prélasser sur la terrasse voisine. Celle du restaurant L’Esquisse . Les rosiers grimpants et les briques rouges lui donnent des airs de cottage anglais. Mais la curiosité nous pousse à poursuivre notre route.

Nous voici maintenant traversant le verger du parc de l’Hermitage, puis grimpant le chemin de terre en direction du Signal. Des joggeurs essoufflés par la pente nous dépassent. Et puis alors que l’on ne l’attendait plus, on se fait surprendre par le rire moqueur du pic-vert. On l’imagine venir nicher dans la petite maison accrochée à un arbre fruitier planté au milieu d’un champ. Mais la distance nous empêche de le distinguer.

Cap sur Sauvabelin

Les promeneurs peuvent louer des barques au lac de Sauvabelin.

Las, on poursuit, passant devant le Chalet Suisse . La route monte jusqu’au Signal de Sauvabelin . Flanquée de son église, la place offre une vue imprenable sur les cheminées de l’usine Pierre-de-Plan. Au fond se détache le profil de Lavaux. Au Moyen Âge, des villageois étaient postés à cet endroit, jour et nuit, pour faire le guet et prévenir en cas d’attaque d’ennemi. Un dernier coup d’œil à ce panorama éblouissant et l’on file rejoindre la souche où nous attend le chant du pouillot véloce, cinquième étape de notre balade. Facile à reconnaître, son «cui-cui» saccadé lui a valu le nom de compteur d’écus. Ce petit oiseau au plumage brun-vert construit un nid en forme de dôme à proximité du sol.

La tour de Sauvabelin permet d’admirer le ­panorama qui s’étend sur les hauts de ­Lausanne.

Notre audioguide nous indique d’ignorer les panneaux du tourisme pédestre pour nous enfoncer dans la forêt. C’est là, le long du sentier, que nous croiserons peut-être le rouge-gorge familier, petit volatile aux grands yeux noirs et à la poitrine orangée.

Là, quelque part dans les arbres, l’oiseau nous observe de son œil surligné de noir.

C’était oublier que les oiseaux ont décidé de jouer à cache-cache avec nous ce jour-là. Nous poursuivons sans apercevoir davantage de chouette hulotte et rejoignons la route goudronnée à côté du couvert. Il est midi passé et de gros nuages gris s’amoncellent au-dessus de nos têtes. Encore quelques pas et nous voici au pied de cette imposante construction de bois. Les premières gouttes de pluie tachent la route et nous nous pressons en direction de la Pinte du Lac de Sauvabelin pour nous mettre à l’abri, tandis que dehors, les oiseaux chantent.

L'application est gratuite et disponible sur le site izi.TRAVEL

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