17 janvier 2019

Des créatures extraordinaires

La Suisse romande regorge d’espaces dédiés aux animaux d’ici et d’ailleurs. Un guide en apporte la preuve, qui décrit la vie de famille et les superpouvoirs des pensionnaires de nos zoos, vivariums, parcs et fermes.

Le singe de nuit: un certain regard.
Temps de lecture 5 minutes

Du raton laveur au manchot du Cap, du piranha à ventre rouge à la mangouste naine, en passant par le gypaète barbu, la chouette lapone ou la colombe poignardée, sans oublier le tatou à six bandes ou la panthère des neiges, ce sont soixante animaux «épatants» d’ici ou d’ailleurs qui sont présentés dans ce guide.

Avec, c’est l’une de ses originalités, l’endroit où aller à leur rencontre en Suisse romande – parc animalier, zoo, vivarium, ferme, etc. L’auteur, Virginie Jobé-Truffer, passée par Migros Magazine, entend ainsi saluer «l’incroyable diversité que fournissent les différents espaces romands dédiés aux animaux». La preuve par sept régions, trois mammifères, un reptile, un insecte, un poisson et un oiseau.

À lire: «Animaux extraordinaires de Suisse romande» ,Virginie Jobé-Truffer, Creaguide collection.

Qui: le suricate Où: Sikypark, Crémines (BE)

Lui, c’est la sentinelle du désert. Dans les zones arides d’Afrique australe et de Namibie, «des guetteurs surveillent les environs, dressés sur les pattes arrière durant une heure à tour de rôle». Le suricate a beau être immunisé contre les venins de scorpions et de serpents – ce qui lui permet d’en manger –, il a surtout pour ennemis les rapaces et les chacals.

En cas de danger, la sentinelle ne mégote pas sur les signaux d’alarme, elle «aboie, grogne, trille ou pépie» suivant le degré de la menace. Tous alors aux abris, ou plutôt dans les terriers géants à multiples entrées creusés sans trop d’effort: le suricate n’est-il pas capable de «déplacer l’équivalent de son poids en sable en... 20 secondes»? Cet animal paraît taillé pour le désert: il n’a guère besoin de boire – «ses proies lui servent aussi de boisson» – et en cas de disette il peut se contenter d’avaler un insecte par jour. Il ne faut pas trop se fier à la bonne tête du suricate, puisque une étude menée sur 1024 mammifères a démontré qu’il était «l’animal le plus agressif». À tel point que «20% des décès sont dus à des problèmes entre congénères». Le suricate, il faut dire, est doté d’un certain esprit de compétition: il adore les courses de vitesse et les concours de lutte.

Qui: le monstre de Gila. Où: Vivarium de Meyrin (GE)

Autant le dire: ce gros lézard, qu’on trouve au sud des États-Unis et au nord du Mexique, est du genre venimeux. Et plutôt tenace: «Quand il croque, il semble ne plus jamais vouloir lâcher sa proie. Ses dents recourbées vers l’arrière restent bien plantées dans sa victime. De plus, elles sont couvertes de venin, tout droit venu des glandes salivaires de sa mâchoire inférieure.» N’accablons pourtant pas trop vite le monstre de Gila: d’abord son venin n’est pas mortel pour l’homme, ensuite il est utilisé «dans l’élaboration d’un médicament contre le diabète». Et puis il n’a pas toujours la vie facile. Le mâle surtout. S’il entend s’accoupler, il doit d’abord écarter la concurrence et ce n’est pas forcément de la tarte: «Les soupirants se lancent dans de longs combats. Ils s’attrapent tels des lutteurs en se repoussant lors de corps à corps brutaux.» 

Qui: le singe de nuit. Où: Papiliorama, Chiètres (FR)

C’est le seul singe à ne vivre que la nuit. Ses yeux énormes lui permettent d’avoir «une vision nocturne incroyablement fine». C’est un excellent grimpeur, un acrobate aussi, capable de sauter d’arbre en arbre, même très éloignés les uns des autres. Il est tellement souple qu’on ne l’entend pas se déplacer. Le singe de nuit est moins discret quand il a quelque chose à dire: «Ses appels multiples et variés ne passent pas inaperçus. Il peut même imiter des sons, tels des cris de fauve ou une cloche.» Monogame, il ne plaisante pas avec l’idée qu’il se fait d’un foyer: «Il vit en famille sur un territoire déterminé où ses congénères sont malvenus. Des combats ont régulièrement lieu entre les ‹ménages› aux frontières des domaines.» Le singe de nuit mange de tout: fruits, feuilles, œufs d’oiseaux, nectar de fleur, petits lézards, insectes...

Qui: la mygale à genoux rouges Où: zoo de La Chaux-de-Fonds (NE) et Papiliorama

En bonne mygale, cette araignée possède deux crochets à venin de chaque côté de la bouche. Elle a pourtant d’autres méchants tours dans son sac, se montrant capable «de lancer des poils urticants contre son agresseur». Impossible de ne pas avoir une petite pensée pour ses proies – insectes, lézards, rongeurs – «qui finissent leur vie dans un cocon qu’elle tisse de sa soie. Pour pouvoir les ingurgiter, l’araignée légendaire ajoute des sucs digestifs. Cela fait fondre ses victimes. Elle n’a alors plus qu’à les aspirer pour se nourrir.»

Qui: le grand-duc d’Europe Où: zoo des Marécottes (VS) et à La Garenne (VD)

Le plus grand rapace nocturne du monde aime se la jouer discrète. Que ce soit en plein jour quand il se repose et qu’on ne le voit jamais «grâce à un plumage qui se confond avec le paysage et une capacité impressionnante à rester, immobile» pendant des heures sur la même branche. Ou dès la nuit tombée quand ses proies – oiseaux en vol, souris lièvres, serpents, poissons, grenouilles – ne l’entendront pas fondre sur elles. Il est tout de même une circonstance où le grand-duc sort de son silence. Pendant l’accouplement, «le duo exprime son bonheur en huant et en bubulant à tue-tête».

Qui: le pirarucu Où: Aquatis, Lausanne (VD)

Lui, il est du genre gros poisson. De 2 à 4,5 mètres, pour 300 bons kilos. Pas mal pour une créature d’eau douce originaire d’Amérique du Sud. Capable de respirer aussi bien dans l’air que dans l’eau, le pirarucu possède «une cuirasse à double couche contre les prédateurs». Lui-même est plutôt gros mangeur, ingurgitant «n’importe quel animal plus petit que lui qui pourrait traîner sur son passage». Grâce à une technique de chasse bien particulière, écrasant «sa victime non seulement avec les différentes rangées de grandes dents qui garnissent sa mâchoire, mais également avec sa langue». Qui n’est pas une langue ordinaire, puisque «munie de quenottes toutes petites et redoutablement efficaces». À tel point que les peuples d’Amazonie la font sécher pour s’en servir comme outil à râper ou poncer.

Qui: le bison des plaines d’Amérique. Où: parc à bisons, Boncourt (JU)

Voilà bien un animal à l’aise par tous les temps et qui se rit des variations climatiques. Plus 35 ou moins 50, ça ne lui fait ni chaud ni froid. Tout ça grâce à un pelage «clair et léger en été, épais et foncé en hiver». S’il passe l’essentiel de ses journées à brouter lentement 25 kilos d’herbe quotidiens, on se méfiera de ses allures pataudes. «Les bisons sont capables de sauter haut pour se défendre et leur vitesse de pointe frôle les 70 km/h. Ils passent en moins de deux de la marche à la course.»

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