29 juin 2017

Folle surconnexion

Des objets intelligents qui nous rendent bêtes.

Leïla Rölli.
La connexion sans limite inquiète Leïla Rölli.

J’adore tout ce qui touche à la technologie. Des expéditions sur Mars aux petits gadgets qui viennent révolutionner notre quotidien, le champ des possibles me fascine… mais plus pour leur symbolique que pour leur application pure.

A mon sens, certaines de ces avancées, aussi impressionnantes soient-elles, devraient rester au stade du prototype abouti, comme symbole de l’intelligence humaine.

Hélas, dans la grande majorité des cas, une innovation se doit d’être rentable et le marketing œuvre alors pour la rendre indispensable.

Il est vrai qu’aujourd’hui rares sont les personnes qui cherchent leur route sur une carte en papier et que l’idée d’avoir accès à la quasi-totalité du savoir de l’humanité via son smartphone est une chose formidable. Mais à l’heure où l’on estime que 400 Twh d’électricité sont gaspillés par année dans le monde à cause de l’inefficacité énergétique des appareils connectés (selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), je ne vois pas d’un très bon œil l’invasion des autres bidules au wifi superflu et ustensiles basiques qu’on promeut par l’ajout de carte mémoire et de batterie.

Dernièrement sur internet, j’ai vu la démonstration d’un duvet intelligent qui a la capacité de se remettre en place automatiquement pour éviter à son propriétaire de faire son lit au réveil. Autre bizarrerie, une valise wifi à roulettes qui suit son propriétaire comme un toutou grâce à une balise. L’histoire ne dit pas comment réagit le bagage sur un escalator, un bord de trottoir ou les marches d’un train, ni si la place que prend le moteur permet d’emporter plus qu’une brosse à dents ou encore si une alarme est intégrée en cas de vol. Et que dire de la lolette connectée qui permet de savoir, via une app, si Junior a de la température... alors qu’un thermomètre traditionnel fait tout à fait l’affaire et coûte moins cher à l’achat, en courant et en énergie grise?

Aujourd’hui, moins que demain, les fours et les voitures se préchauffent à distance, le frigo est connecté à internet et nous devenons de plus en plus dépendants de ces fonctions de confort qui nous facilitent la vie tout en nous rendant moins débrouillards.

Fondamentalement, je ne suis pas opposée à ces gadgets, mais entre l’obsolescence programmée, leur facette énergivore et les nombreuses problématiques environnementales liées à la surconsommation, je préfère garder ma vieille couette et faire mon lit «à l’ancienne».

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