4 mars 2018

La désintox numérique, est-ce bien utile?

Nous sommes exposés aux médias numériques en permanence. Pour éviter toute dépendance, il existe un antidote et il porte le nom de désintox numérique. Mais avons-nous vraiment besoin d’un sevrage?

Une journée sans smartphone? Inimaginable pour beaucoup de personnes (photo: Nicolas McComber/Getty Images).
Une journée sans smartphone? Inimaginable pour beaucoup de personnes (photo: Nicolas McComber/Getty Images).

Selon une étude, nous touchons notre smartphone plus de 2500 fois par jour. Surfer, jouer, liker: pour beaucoup d’entre nous, il n’y a presque plus un seul moment de la journée où l’on ne regardent pas un écran. La désintoxication numérique vise à remédier à cette situation.

Comme de nombreuses personnes concernées n’arrivent pas à poser leur téléphone portable ou à éteindre la télé toutes seules, il existe désormais des camps de détox numérique. Isolés de la civilisation et loin du réseau WiFi, les participants prennent pour quelque temps congé du téléphone portable et Cie. Ils méditent ou, pour changer, se parlent de nouveau face à face. Des essais pilotes ont aussi été effectués en Suisse.

Une cure qui ne peut pas faire de mal

Des mesures si radicales sont-elles vraiment nécessaires? Dans une étude menée par la Haute école zurichoise des sciences appliquées ZHAW auprès de jeunes âgés de 12 à 19 ans, plus de 80% des participants n'ont manifesté aucun comportement de dépendance. Des premiers signes d’accoutumance ont cependant été décelés chez 10% des participants. On peut parler de véritable addiction seulement pour 8% des participants, a reporté le professeur Daniel Süss, chef de projet de l’étude. «Une désintoxication serait inutile pour la plupart des jeunes et des adultes, mais une minorité pourrait toutefois en avoir besoin.»

Des pensées qui s’éloignent un peu trop souvent, des réflexions toujours tournées vers les activités en ligne et encore une sensation de malaise ressentie dès qu’on n’est pas connecté sont des signes de dépendance. On commence à négliger les choses, on devient moins performant et on manque de sommeil. On essaie souvent de dissimuler ces activités en ligne à ses proches. «La plupart d’entre nous a toujours son smartphone sur soi. Nous sommes toujours en ligne et, grâce aux forfaits, nous pouvons en profiter autant que nous voulons. C’est pourquoi il faut se fixer des limites», estime Daniel Süss. Beaucoup de gens ont du mal à l’admettre.

La notion de Fear of Missing out décrit l'état de peur de rater quelque chose. On se reconnecte en permanence pour voir si un nouveau message ou commentaire est arrivé. «Renoncer au smartphone de manière ciblée peut aider à interrompre de tels modèles et reconsidérer la vie quotidienne», explique Daniel Süss. Dans une certaine mesure, le sevrage peut être perçu physiquement. Démarrer l’ordinateur peut libérer de la dopamine chez les personnes concernées. C’est à cause de ce système de récompense propre au corps que ce manque sera ressenti au début. C’est pour cela qu’il faut trouver des activités qui remplacent cette sensation.

Cet article a été rédigé en collaboration avec «digitec».

Benutzer-Kommentare

Plus sur ce thème

Des gens penchés sur leur smartphone dans un parc.
Laurent Nicolet photo