17 août 2017

DiRT 4, la gadoue auto comme si vous y étiez

Codemasters donne un sérieux coup de volant à sa célèbre licence de rallye en célébrant largement la course off-road en ouvrant la portière à un large public. Pari en grande partie réussi.

Dirt 4 videogame
Au volant dans la poussière comme si vous y étiez.

Initiée il y a une bonne décennie, la série DiRT avait rapidement comblé tous les suffrages des amateurs de conduite off road, alors qu'elle attirait nombre de néophytes hors du bitume jusqu'à devenir la licence référence du genre. Et puis l'éditeur avait un peu trop forcé sur le champignon du succès, accentuant le côté arcade et permissif au détriment de la simulation.

Et Puis il y eut fin 2015 (sur PC) et courant 2016 (sur consoles) DiRT Rally, opérant un retour aux sources bienvenu et largement salué par la critique comme par le public. Comme on dit. L'annonce d'un nouvel épisode a donc suscité bien des interrogations: de quel côté Codemasters allait-il tourner son volant ?

La réponse est nuancée, tant l'éditeur a visiblement cherché à ménager la chèvre et le chou. Soit ouvrir le jeu aux débutants, avec un style de conduite baptisé "gamer" offrant de nombreuses aides à la conduite évidemment paramétrables individuellement, mais aussi en proposant à côté du rallye pur et dur trois autres disciplines comme le buggy ou le rallycross, ou encore la possibilité de batailler sur le gravier avec de vieilles gloires de l'industrie automobile pas forcément prévues pour l'exercice. Tout cela fonctionne plutôt bien, et le mode carrière apparaît suffisamment équilibré pour motiver à de très nombreuses heures de jeu.

Evidemment, il fallait aussi satisfaire les plus aguerris, avides de réalisme et de dérapages incontrôlés sans assistance aucune. Et là aussi, l'exercice s'avère réussi. D'abord, il y a la gestion des dégâts vraiment top. Allez faire un tour dans le fossé ou testez la crevaison d'un pneu et non seulement votre chrono va pleurer misère, mais en plus votre véhicule sera difficilement maîtrisable et bon pour la casse à moins de mettre sérieusement la main au porte-monnaie. En mode "simulation", on retrouve aussi peu ou prou les sensations de DiRT Rally, avec des transferts de masse, des jeux de suspensions et des freinages à gérer subtilement pour se montrer efficaces. Le challenge est à la hauteur de ceux qui s'y frotteront, d'autant que les réglages - et donc les bons choix - ont une influence immédiate sur le comportement du véhicule.

Bref, quel que soit le niveau du joueur, DiRT 4 en offre beaucoup. Evidemment, les esprits chagrins regretteront que seuls cinq pays ne soient proposés alors que le calendrier du championnat du monde des rallyes (WRC) voyage dans une douzaine de destinations. De même, s'il a le mérite d'exister, le mode multijoueurs, contre des adversaires en ligne donc, ne s'avère pas mémorable et se montre parfois frustrant lorsque certains joueurs font n'importe quoi ou vous laissent plan après deux minutes de courses. Enfin, même si dans l'ensemble les graphismes et la modélisation des voitures sont à la hauteur, on décèle après quelques heures de jeu une certaine monotonie dans la gestion des environnements.

Pas de quoi enlever une excellente impression laissée par cet excellent jeu de course, moins rébarbatif que DiRT Rally pour les débutants ou les gamers occasionnels et plus réaliste en terme de conduite que DiRT 3. Mention très bien, donc.

Benutzer-Kommentare