1 novembre 2017

Dix conseils pour les parents submergés

Les astuces de Laure Amberg, coach parentale à Genève pour limiter les conflits et tensions entre les parents et leurs enfants.

Illustration avec des enfants en piste de cirque devant leurs parents
Etre parent, cela s'apprend!
Temps de lecture 4 minutes

Etre parents, c’est magique, c’est épuisant, c’est intense – et c’est sur du très long terme, car tout ne se joue pas avant 6 ans! «Tout comme on n’arpenterait pas la montagne en tongs et jupette, on ne devrait pas avoir à affronter son rôle de parent sans un minimum d’outils», remarque Laure Amberg, coach parentale à Genève.

Le problème, c’est qu’il n’existe pas d’école pour apprendre à être mère et père. Et que beaucoup de parents travaillent à 100% et n’ont pas forcément l’énergie ou l’envie de fixer sans cesse des règles durant le peu de temps qu’ils passent avec leurs enfants. Partant du principe que «chacun agit mieux lorsqu’il se sent mieux», l’experte genevoise donne donc les conseils suivants aux parents qui ont envie de modifier l’ambiance familiale:

1. Inciter à la réflexion

Quand l’enfant obéit à un ordre, son cerveau frontal reste inactif. Or, cette partie du cerveau permet de décider, penser, anticiper, raisonner, et par conséquent de développer une auto-­discipline et de devenir responsable. Lorsqu’on fait réfléchir les enfants, la coopération devient ainsi plus facile. Exemple: au lieu de dire «Débarrasse la table!», préférer «Rappelle-toi ce que tu as à faire quand tu sors de table…»

2. Ne pas argumenter

Lorsqu’ils veulent refuser quelque chose, beaucoup de parents parlent trop: négociations, justifications, etc. Et plus ils parlent, plus cela donne d’occasions aux enfants d’argumenter, de répondre et de ne plus écouter! «Soyez brefs et concis, c’est plus efficace!», conseille ainsi l’experte.

3. Utiliser les «messages-je»

Contrairement au «message-tu» au ton accusateur, le «message-je» risque moins de provoquer de résistance et de révolte. Par exemple, plutôt que «tu n’as pas rangé tes chaussures», qui met aussitôt sur la défensive, dire: «Je suis découragée lorsque je vois ces chaussures qui traînent.» Ce message fait valoir les besoins et attentes de celui qui l’émet et laisse à l’enfant la responsabilité de modifier son comportement.

4. Eviter les menaces

Remplacer le «si/sinon» par le «quand». Exemple: «Quand tu auras pris ta douche, on pourra lire l’histoire.» (Et non pas: «Si tu ne prends pas ta douche, tu n’auras pas d’histoire»). Si l’enfant dépasse le temps préalablement défini, lui dire que c’est trop tard pour l’histoire, qu’on comprend que c’est dur pour lui et qu’on a confiance en lui pour que ça se passe autrement la prochaine fois.

5. Prendre le temps de se calmer

Traiter un conflit à chaud est rarement constructif: les émotions sont à leur paroxysme et les réactions ne sont plus rationnelles. Prendre le temps de se calmer et de faire redescendre les émotions est un grand pas dans la résolution de conflits. Sauf cas d’urgence, prenez quelques instants pour réfléchir à comment vous voulez intervenir, et surtout ce que vous voulez transmettre à votre enfant!

6. Créer un sentiment d’appartenance

Il est essentiel d’intégrer l’enfant, en fonction de son âge, dans certaines tâches comme mettre la table, aider à la lessive ou encore ranger les commissions. Cela permet non seulement de faire naître en lui un sentiment d’appartenance et d’importance, mais cela lui apprend aussi que tout ne se fait pas d’un claquement de doigts. Par ailleurs, il acquiert ainsi des compétences de vie bien utiles pour la suite.

7. Offrir des choix

En offrant quotidiennement des choix aux enfants, nous les entraînons à prendre des décisions et à en assumer les conséquences. C’est également un bon moyen de les responsabiliser et de favoriser leur coopération. Exemple: «Tu préfères ranger ton bureau avant ou après le repas?» Ou: «Dans la maison, on ne joue pas au ballon. Tu veux aller jouer dehors ou tu me le donnes?»

8. Agir, et non pas punir

Punir son enfant en l’envoyant dans sa chambre? Ce n’est guère constructif et ça provoque un sentiment de vengeance, de ressentiment ou de dénigrement de soi. Lorsqu’une situation dégénère, il faut agir, non seulement avec l’intonation de la voix, mais également avec une action liée. Votre enfant continue de jouer au ballon à l’intérieur malgré le choix que vous lui avez proposé? De façon à la fois ferme et bienveillante, vous lui prenez le ballon en déclarant: «OK, je vois que tu ne veux pas aller dehors et moi, je ne veux pas que tu joues dedans. Que veux-tu faire en attendant le repas? Lire, écouter de la musique?»

9. Valider les émotions

Lorsque nous incitons un enfant à mettre de côté une émotion pénible, il est souvent encore plus démuni, énervé et frustré. En revanche, en prenant en compte et en mettant des mots sur ce qu’il vit, il se sentira réconforté et reconnu. Cela suffit souvent à apaiser la situation. Par ailleurs, permettre aux enfants de vivre leurs émotions leur apprend qu’ils sont capables de les gérer. Mais attention: valider les sentiments ne veut pas dire tout accepter!

10. Savoir s’écouter

On a aussi nos limites, et il s’agit également de prendre en compte nos propres sentiments. Il y a des jours où ça ne va pas? Personne ne nous oblige à jouer la comédie du bonheur absolu: non seulement ce n’est pas bon pour nous, mais nous transmettons alors de faux messages à nos enfants. Se respecter et prendre soin de soi permet de mieux prendre soin des autres.

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