8 septembre 2017

Payer ou payer quand même?

L'éditorial de Steve Gaspoz, rédacteur en chef de «Migros Magazine».

steve gaspoz
Steve Gaspoz, rédacteur en chef de «Migros Magazine».

Dans la société actuelle, tout tourne autour de l’argent. Avant de se poser la question de l’utilité, du but, du rôle, la première considération est immanquablement le coût. Quel est mon bénéfice pour quel investissement? Dans notre quotidien, cela se justifie la plupart du temps. Je suis plus à même d’investir une quelconque somme si je connais le bénéfice obtenu grâce à cet achat. Mais pour d’autres domaines, comme la redevance radio-télévision, le calcul s’avère beaucoup plus difficile. Est-ce que j’obtiens des prestations en rapport avec ce que je paie?

Pour les promoteurs de l’initiative réclamant l’abolition de la redevance, la réponse est clairement non. Pour les plus fervents défenseurs des services publics, la question ne devrait même pas se poser tellement la réponse est évidente. Au milieu de ces deux camps se trouve la majorité d’entre nous, qui lorsque sa facture annuelle déboule dans sa boîte aux lettres se demande si la somme réclamée correspond aux prestations reçues. Ne pourrait-on pas faire aussi bien avec moins?

Et puis les millions investis dans les droits de certaines manifestations sportives laissent pantois. Dois-je vraiment contribuer bien malgré moi à la valse des gros billets? Une question que l’on peut élargir à chacune des émissions en particulier. La dépense est-elle en rapport avec le bénéfice du consommateur? C’est d’ailleurs cette interrogation qui a déclenché l’initiative contre la redevance, considérant qu’une grande partie de ce qui est diffusé ne relève pas du service public.

Selon cette logique, il s’agirait de recentrer les programmes sur ce qui sert au pays et à ses citoyens en abandonnant le reste. Cela ferait sens si le but était que la facture tende vers zéro ou vers un système à la demande, ce qui semble utopique. Le risque est plutôt de recevoir beaucoup moins pour une économie minime, faussant encore davantage le rapport coût-bénéfice tellement décrié. A titre de comparaison, accepterais-je que Spotify ou Netflix coupent la moitié de leur offre sans baisser leur prix dans la même mesure et sans possibilité de résiliation? Comment pourrait-il en être autrement pour la redevance?

Benutzer-Kommentare