20 septembre 2017

Préparer l'arrivée d'un deuxième enfant

Grand bonheur pour les parents, l’arrivée d’un second enfant est souvent vécue comme un cataclysme par l’aîné(e). Rien de plus normal, car après tout, chacun doit retrouver sa place dans cette nouvelle constellation familiale.

L’arrivée d’un nouvel enfant est un bouleversement qui touche autant les aîné(e)s que les parents.
L’arrivée d’un nouvel enfant est un bouleversement qui touche autant les aîné(e)s que les parents (Photo: Istock)
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«Je demande où sont mes parents?» – «Ils sont partis à l’hôpital cette nuit! Ta maman a accouché: t’as un petit frère. C’est la meilleure nouvelle du siècle, hein, non?» Silence. La scène se déroule en trois cases dans la bande dessinée de Riad Sattouf L’Arabe du futur, qui conte son enfance au Moyen-Orient, mais elle a sans doute eu lieu dans d’innombrables foyers de par le monde.

Récemment, c’est en Valais, non loin de Sierre, qu’elle s’est répétée chez Valentine, blogueuse et maman de deux enfants de 3 ans et de 18 mois qui a raconté son expérience dans un billet d’humeur. «Quand j’étais enceinte, nous avons dit à Marine, notre aînée, qu’un jour j’irais à l’hôpital pour accoucher et qu’elle pourrait venir voir le bébé.

Lorsqu’elle est arrivée, je tenais son petit frère contre moi, elle l’a regardé attentivement. Nous avons fait les présentations, avant de les prendre les deux dans mes bras.

Apprendre que l’on n’est plus l’enfant unique de ses parents et que l’on va devoir les partager avec un nouveau venu n’est jamais un plaisir. C’est même un bouleversement sans précédent dans la vie d’un enfant. Un cataclysme qui fait voler en éclats tout un monde. Pourtant, aussi difficile que soit cette épreuve, rien ne sert de vouloir préserver son enfant à tout prix, avertit Anne Spira, psychologue au Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Car l’arrivée d’un cadet marque aussi un pas vers l’autonomisation de l’aîné.

«Le sentiment de jalousie que provoque inévitablement la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur permet à l’intéressé de prendre de la distance dans la relation à son parent pour se tourner vers d’autres horizons et de grandir.»

Pas question de nier ou de minimiser le drame vécu. Simplement, il faut accueillir les émotions comme elles arrivent, estime la psychologue. «Souvent, les parents pensent bien faire en voulant éviter à leur enfant de ressentir ce sentiment désagréable, mais le nier ne ferait que l’amplifier.

Il faut savoir entendre et accepter cette jalousie, que l’enfant soit ambivalent par rapport à ce nouveau venu.

Il va ainsi se sentir entendu et reconnu dans ses sentiments.»

Des crises de jalousie tout à fait normales

Sage-femme indépendante dans la région lausannoise, Nikole Padrun Fatzer abonde: les crises de jalousie font partie du processus au même titre que le bonheur des nuits blanches. Elle est régulièrement questionnée par des parents inquiets de la réaction de leur aîné lorsqu’il ne sera plus seul.

Le préparer à ce grand chambardement est certes essentiel, reconnaît-elle, mais ces derniers doivent aussi prendre conscience que la place que leur unique enfant occupait jusqu’alors dans leur cœur et dans celui des grands-parents était immense et qu’il va immanquablement devoir descendre de son piédestal. Et la dureté de la chute dépendra de la relation qu’entretiennent père et mère avec leur premier-né, observe Anne Spira. «S’il est très choyé, au centre de l’attention, ne plus occuper cette place pourrait s’avérer très difficile. A l’inverse,

un enfant aimé sans pour autant être un enfant-roi aura plus de facilité à accepter de ne plus être le seul.

Un an et demi après la naissance de son deuxième enfant, Valentine est passée par diverses phases avec sa fille. De la recherche incessante de contact («Elle voulait tout le temps que je la porte») au rejet («Seul son papa pouvait s’occuper d’elle») en passant par l’indifférence feinte. «Nous avons essayé de privilégier les moments avec Marine et on se dit que tout ça passera.» Car, comme dans toutes les familles, chacun doit retrouver sa place.

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