15 septembre 2014

Effacez-moi ce tatouage!

Les nouvelles méthodes au laser facilitent les opérations de détatouage. Même si certaines encres donnent encore du fil à retordre aux médecins…

Séance de détatouage.
Pourquoi enlever un tatouage? Parce qu’il ne plaît plus ou que l’employeur ne le voit pas d’un très bon œil. (Photo: imago/biky)

Ils sont partout. Appréciés autrefois des marins et marginaux, les tatouages ont acquis aujourd’hui le statut de simple accessoire de mode. D’abord parmi les stars, pour se répandre par phénomène de contagion à travers toutes les classes sociales. Selon un sondage réalisé l’an passé par l’Ifop, 1 Français sur 10 serait désormais tatoué. Une proportion qui grimpe même à 1 sur 5 pour les 25-34 ans.

Seulement voilà… les goûts et les couleurs, c’est bien connu, évoluent au cours du temps. Et le tatouage en forme de rose avec inscrit au-dessous le prénom de sa dulcinée a tendance, et parfois plus vite qu’on ne l’imaginait, à paraître un peu moins… sexy. «La majorité des personnes qui viennent effacer un motif ne l’arborent que depuis quelques années… voire quelques jours, explique le Dr Luigi Polla, dermatologue et fondateur de Forever Laser Institut à Genève. La plupart du temps par simple raison esthétique ou parce que leur employeur ne leur permet pas cette liberté.»

Trois à dix séances pour effacer un tatouage

Le cabinet genevois était le premier en Suisse en 1987 à disposer du fameux laser Q-Switched qui génère des impulsions très brèves de l’ordre d’une nanoseconde (1 milliardième de seconde) et fragmente les molécules des encres du tatouage. Une technologie, révolutionnaire à l’époque, qui a su remplacer les opérations chirurgicales ou autres lasers thermiques qui avaient le désavantage de générer cicatrices ou traces de brûlures.

Un torse d'homme photographié avec un tatouage puis après l'opération de détatouage.
L’effacement d’un grand tatouage polychrome coûte jusqu’à plusieurs milliers de francs. (Photo: dpa Picture-Alliance)

Depuis peu, on trouve dans quelques rares cabinets, comme c’est le cas à Forever Laser Institut, un nouveau laser qui génère des ondes de choc à une fréquence d’une picoseconde, c’est-à-dire mille fois plus vite que le précédent outil. Une puissance qui permet «une guérison plus rapide et donc moins de temps de récupération et d’attente entre chaque séquence de laser». Car il faut en effet toujours compter entre trois et dix séances pour effacer totalement la plupart des motifs…

Autre avantage: le nouvel outil est efficace sur la quasi-totalité des tatouages, y compris les maquillages permanents. «Si le laser nanoseconde ne permettait des résultats optimaux que sur les encres noires et rouges, cet appareil ne rencontre plus que certaines difficultés en ce qui concerne le jaune et le violet», poursuit Luigi Polla. Les autres cas qui peuvent poser problème, c’est lorsque la quantité d’encre est trop importante ou qu’elle se situe trop en profondeur.

Au fait, le laser, ça fait mal docteur?

Certains vous diront qu’il est plus douloureux de retirer un tatouage que de le réaliser. C’est faux! Il faut faire la différence entre une douleur positive et négative: lorsqu’on se rend chez le tatoueur on se réjouit de découvrir le résultat. Mais lorsqu’on prend rendez-vous pour se faire détatouer, on se trouve dans une démarche négative…

Et que les plus douillets soient rassurés: une anesthésie locale est habituellement pratiquée avant les interventions au laser.

© Migros Magazine – Alexandre Willemin

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