3 octobre 2018

En Segway à travers les vignobles

Des sentiers en pente douce, une marée de vignes et des villages au charme authentique. Un décor magistral pour une escapade paresseuse au départ de Rolle sur les chemins viticoles de La Côte (VD).

La Côte (VD)
L’île de la Harpe à quelques brasses des quais de Rolle invite à prendre une pause. (Photos: Dom Smaz)
Temps de lecture 5 minutes

Pour découvrir la région de La Côte (VD), on peut bien sûr flâner en mode piéton sur les nombreux sentiers viticoles. Mais on peut aussi
filer plus vite, histoire d’ajouter un brin de vitesse à la découverte des paysages. Comment? En enfourchant une monture électrique: un gyropode chargé à bloc, quatre heures d’autonomie, mais bridé à 20 km/h. Homologués comme des boguets, les Segways sont donc autorisés à rouler sur la route. Mais avant de rejoindre le trafic, trente minutes d’initiation sont utiles pour dompter la bête. Il faut apprendre à l’approcher sans qu’elle se cabre, autrement dit arriver à poser le pied sur la plateforme sans que l’engin se rue en avant. Tenir les brides du guidon, trouver l’équilibre, s'entraîner à tourner et surtout maîtriser les arrêts d’urgence: une descente rapide sur les genoux fait stopper l’engin en cas de nécessité. Une bonne préparation à la saison de ski…

La petite église de Gilly, construite en 1883, dans une marée de vignes. (Photo: Dom Smaz)

Une île posée sur l’écrin bleu

Après l’apprentissage en mode tortue, place à l’aventure! On quitte donc le parking de l’entreprise Hammel, à Rolle (VD), avec ces étranges montures qui tiennent autant du tire-fesse que de la trottinette électrique. «Attention aux bordures! C’est le pire ennemi des gyropodes, ça les déstabilise et on risque la chute», avertit Marco Gasparini, guide Segway pour cette balade. Direction le bord du lac, que l’on atteint en quelques minutes à peine, après avoir négocié deux giratoires. La place du port, avec sa terrasse – Godard y serait-il attablé? –, son échappée scintillante sur l’île de la Harpe invite déjà à la pause. «Il vaut mieux s’arrêter de temps en temps pour se dégourdir les jambes, sinon ça durcit les semelles», sourit le guide.

Le bord de l’eau, en cette fin d’été, est idyllique. D’autant que le lac paraît immense, étiré, véritable écrin pour cette île minuscule érigée au XIXe siècle sur un haut-fond sablonneux dans le but de protéger le port. «On y trouve un obélisque en mémoire de Frédéric-César de la Harpe, né à Rolle et précepteur du tsar Alexandre Ier de Russie. Un dîner en blanc y est organisé une fois par année», explique Heidi Müller, attachée de presse pour l’Office du tourisme de Nyon et région.

L’itinéraire devient pittoresque avec ses maisons cossues mangées par les grimpantes.(Photo: Dom Smaz)

L’envie est grande de fendre les flots, mais les bécanes n’étant pas amphibies, on continue sur la terre ferme par un sentier de
rive jusqu’au château de Rolle, pittoresque losange de tuf, avec sa passerelle de bois et sa bibliothèque précieuse (fermée au public, mais son catalogue est en ligne). Un petit tronçon sur la route nationale et on rejoint très vite les chemins viticoles.

L’escapade prend alors un tour pittoresque. Vieux murets de pierres, hortensias assoiffés qui tendent leurs globes pâles, maisons cossues mangées par les grimpantes et marée des vignes qui s’étalent partout comme une nappe ondoyante. Les grappes violacées du merlot succèdent à celles, cuivrées, du chasselas et ne demandent qu’à être cueillies: les vendanges battent leur plein. Contrairement à Lavaux construit en terrasses, ici, les vignobles descendent en lignes douces vers le lac. Les domaines se suivent au coude à coude, Maison blanche, Clos des Cordeliers, et répandent déjà les parfums du pressoir: partout, ça sent le fruit mûr, le sucre rond de l’été, le vin qui mature dans les cuves. «Ce sera sans doute un grand millésime, mais la vinification est difficile cette année.

Sur les différents domaines, les vendanges battent leur plein. (Photo: Dom Smaz)

Le moût est trop chaud et il faut d’abord le refroidir avant de le mettre en fermentation», explique un vigneron en nous tendant quel­ques grappes en dégustation. Le chemin file ensuite vers Tartegnin, village réputé pour son championnat du monde de la fondue et, après une courte halte à la fontaine, on repart sur les montures électriques. Un petit détour par le château de Vincy, avec son jardin quadrillé de plantes aromatiques et de vases vernissés, ouvre un magnifique panorama du Mont-Blanc jusqu’au jet d’eau de Genève. On continue la descente sur Gilly, son vieux pressoir, ses maisons agglutinées au charme fou et on se retrouve ensuite dans un autre décor: La Côte version agricole, avec ses vergers et ses terres de labours. On longe un carré de maïs aux épis dorés, emballés de feuilles croquantes, avant de suivre un champ de tournesols, tiges sèches et dressées comme un dos de hérisson.

Passage en sous-bois

«On va faire un peu de 4x4, les gyropodes sont des tout-terrains!», lance Marco Gasparini en attaquant une petite descente de terre qui s’engouffre dans le sous-bois. Ce passage en forêt, dans la fraîcheur de la rivière la Gillière, n’est pas désagréable et le chemin vallonnant entre feuillus, champs ouverts et fermes pleines de cachet termine en beauté l’escapade. Ne reste plus qu’à ramener les montures au point de départ et à reprendre une vie de bipède.

Les Segways sont des tout-terrains: ils peuvent aussi rouler sur des chemins forestiers. (Photo: Dom Smaz)

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