19 septembre 2019

Élections fédérales: les femmes en force

Le nombre record d’aspirants à un siège sous la Coupole s’explique en partie par une nette augmentation des candidatures féminines. Reste à confirmer dans les urnes. Petit tour de chauffe avant la bagarre finale.

Sept femmes se présentant aux élections fédérales ont accepté de répondre à sept questions sur leur candidature politique.

Plus de 4600: les élections fédérales du 20 octobre prochain connaissent un nombre record de candidatures, face aux 3700 comptabilisées en 2015. À l’heure où il est de bon ton de fustiger une prétendue baisse d’intérêt pour la chose publique, cette étonnante inflation s’explique, en partie, par une présence accrue de candidates. Comme si, après la grève du 14 juin, le moment était venu de passer des paroles aux actes. Si la parité n’est pas encore atteinte, on s’en approche, avec 42% de candidatures féminines contre 36% en 2015. Sept femmes, issues de sept régions francophones et de sept formations politiques différentes, lèvent un coin du voile, en répondant aux sept mêmes questions sur le sens de leur engagement.

4652 candidats se présentent à l’élection au Conseil national.

«Si je ne défends pas mes propres idées, personne ne va le faire pour moi»

Gaëtane Voirol, 30 ans, podologue, PLR, Jura.

Quelle est votre principale motivation pour vous présenter à cette élection?

À l’heure actuelle, on parle de sujets qui vont toucher ma génération – les retraites, les caisses maladie, le climat. Si l’on n’a pas de représentants jeunes dans les instances les plus élevées, nos voix ne vont pas être entendues.

La politique est une des activités les plus mal vues dans le public (avec le secteur bancaire et les médias). Cela ne vous a pas fait hésiter?

Mon grand-papa était député-maire, mon papa l’est également, je me suis un peu laissé prendre au jeu de la politique. J’ai évolué avec ce qu’elle amène de meilleur et de moins bon. J’exerce de plus une profession mal reconnue – podologue. Si je ne défends pas mes propres idées et mes propres valeurs, personne ne va le faire pour moi.

Que trouvez-vous de particulièrement remarquable dans le parti dont vous avez choisi de défendre les couleurs?

Je suis tombée dans le moule PLR, j’ai été élevée avec ces idées et ces valeurs-là: la liberté et la responsabilité individuelles.

Disposant d’une baguette magique,ou devenue dictatrice, quelle serait la première mesure que vous imposeriez à vos concitoyennes et concitoyens?

Ce serait d’obliger les gens à ­aller voter. Je trouve dommage dans un pays qui écoute la voix du peuple, où l’on peut proposer des choses, de ne pas profiter de cette opportunité de changer ce qui nous déplaît au quotidien.

Croyez-vous à un apport spécifique des femmes en politique ou considérez-vous que la compétence sera toujours plus importante que le genre?

Je suis totalement contre les quotas. On s’est battues toutes ces années pour que les femmes puissent avoir une éducation et on leur dirait maintenant que leur sexe est plus important que toutes les compétences qu’elles ont acquises? Ce serait revenir en arrière! Si on veut l’égalité, il faut considérer ­l’individu en tant que tel, et pas comme un homme ou une femme.

Que vous inspire le fait qu’il n’y a jamais eu autant de candidates aux élections fédérales au point d’approcher la parité – 43% Genève, 40% Fribourg et Neuchâtel, 39% pour Vaud, 38% pour le Valais et le Jura, etc.

Cela me réjouit. Si les femmes se sentent concernées, elles arrivent à se mobiliser. Mais les ­mentalités de nos sociétés restent: c’est toujours la femme qui est censée gérer le ménage, tout en gérant son travail, et avec ça, il faut encore trouver du temps pour s’engager en politique. Il faut pouvoir compter sur un conjoint qui accepte de ne plus trop vous voir.

Pour vous, le pire de la politique c’est...

Que les partis, de gauche comme de droite, n’arrivent pas à reconnaître une bonne idée là où elle est. Si l’idée vient d’un parti de droite, forcément la gauche va la trouver mauvaise et vice versa. Cela m’énerve qu’on ne puisse pas travailler ensemble.

40,3% de candidates: un record face aux 34,5% de femmes lors de l’élection de 2015.

«Donner aux gens confiance en l’avenir»

Claire Richard, 60 ans, graphologue, vert’libéraux, Vaud

Quelle est votre principale motivation pour vous présenter à cette élection?

En cette année du climat, il est important de mobiliser toutes les forces sensibles à l’environnement, de manière à rouvrir le Parlement fédéral à l’écologie. Par ailleurs, mon expérience de parlementaire cantonale donne du sens à ma candidature.

La politique est une des activités les plus mal vues dans le public (avec le secteur bancaire et les médias). Cela ne vous a pas fait hésiter?

Cela fait longtemps que j’évolue dans le monde politique, que ce soit au niveau communal ou cantonal. La très grande majorité des personnes avec qui j’ai travaillé dans ce cadre sont honnêtes; elles ont souvent un idéal et la plupart donnent beaucoup de temps à la collectivité.

Que trouvez-vous de particulièrement remarquable dans le parti dont vous avez choisi de défendre les couleurs?

Ce qui est unique chez les vert’libéraux, c’est l’optimisme, la joie de vivre, la créativité, l’ouverture d’esprit, la volonté de préparer et d’accompagner de manière positive les immenses changements que notre société est en train de vivre. J’apprécie par-dessus tout la détermination de mon parti pour préserver la Terre et tous ses habitants humains, animaux, végétaux, qui forment un tout.

Disposant d’une baguette magique,ou devenue dictatrice, quelle serait la première mesure que vous imposeriez à vos concitoyennes et concitoyens?

Si j’avais une baguette magique, je donnerais aux gens la confiance en l’avenir et la curiosité, de manière à réduire la résistance au changement et réussir sereinement la transition urgente qui est en train de s’imposer à nous. Si j’étais une dictatrice, je décréterais immédiatement le développement massif des énergies renouvelables!

Croyez-vous à un apport spécifique des femmes en politique ou considérez-vous que la compétence sera toujours plus importante que le genre?

Les femmes et les hommes suivent les mêmes formations. Les ­diplômes ne font pas de différence de genre. Mais dans la société et donc aussi en politique, les femmes ont souvent un angle de vision un peu différent. Elles peuvent avoir une pensée à plus long terme et prennent aussi plus souvent en compte la vie et la qualité de vie dans leurs réflexions.

Que vous inspire le fait qu’il n’y a jamais eu autant de candidates aux élections fédérales au point d’approcher la parité – 43% Genève, 40% Fribourg et Neuchâtel, 39% pour Vaud, 38% pour le Valais et le Jura, etc.

Cela me réjouit, évidemment! Maintenant, ce qu’il faut, c’est que ces mêmes chiffres se retrouvent dans le nombre de femmes élues. Il faut donc clairement voter pour les femmes qui nous paraissent convenir à la fonction. Elles sont nombreuses, sur tout l’échiquier politique.

Pour vous, le pire de la politique c’est...

L’opportunisme de certains partis, qui n’hésitent pas à changer temporairement de langage lorsqu’une élection se profile.

200 sièges à pourvoir au Conseil national.

«Je ne fais pas de la politique pour être bien vue»

Sandra Roulet Romy, 49 ans, responsable antenne régionale Croix-Rouge Suisse, PS, Jura bernois

Quelle est votre principale motivation pour vous présenter à cette élection?

Je souhaite apporter mes compétences, mes valeurs et participer à l’évolution des dossiers qui me tiennent à cœur. La valorisation du travail des proches aidants, le financement de nos retraites, le congé parental, la migration, l’économie, l’accès aux soins pour tous.

La politique est une des activités les plus mal vues dans le public (avec le secteur bancaire et les médias). Cela ne vous a pas fait hésiter?

Je ne fais pas de politique pour être bien vue. J’ai des valeurs humaines et spirituelles que j’essaie de vivre dans mon rapport avec les gens, le travail et la politique. J’accorde beaucoup d’importance au savoir-être et au savoir-vivre pour trouver des solutions communes dans la divergence. J’assume mes convictions ainsi que mes erreurs.

Que trouvez-vous de particulièrement remarquable dans le parti dont vous avez choisi de défendre les couleurs?

Le Parti socialiste s’engage pour tous, sans privilège et c’est une valeur importante à mes yeux. Les réformes sociales sont des priorités établies depuis sa création. En 1918, le PSS fonde l’Union syndicale suisse avec des revendications comme la protection des travailleurs et des travailleuses en cas de chômage, de vieillesse, d’invalidité, de maladie et de maternité.

Disposant d’une baguette magique,ou devenue dictatrice, quelle serait la première mesure que vous imposeriez à vos concitoyennes et concitoyens?

Je n’aime pas le terme d’imposer et préfère celui de persuader ou de convaincre. Dans ce sens, la première mesure serait d’aller voter. Les électeurs ont le privilège dans notre système démocratique de donner leur avis sur des décisions politiques qui touchent leur quotidien, et d’élire les futurs parlementaires qui dessineront la politique des quatre prochaines années. Cette décision est cruciale.

Croyez-vous à un apport spécifique des femmes en politique ou considérez-vous que la compétence sera toujours plus importante que le genre?

La compétence en politique reste pour moi un critère primordial. D’autre part, que ce soit dans un groupe de travail, un conseil d’administration ou un parlement, l’équilibre des genres apporte une plus-value. L’homme et la femme sont intrinsèquement différents de par leur sensibilité, leur approche, leur vision et cette combinaison est enrichissante pour nourrir des débats.

Que vous inspire le fait qu’il n’y a jamais eu autant de candidates aux élections fédérales au point d’approcher la parité – 43% Genève, 40% Fribourg et Neuchâtel, 39% pour Vaud, 38% pour le Valais et le Jura, etc.

La société est en pleine mutation, mais le système politique évolue beaucoup plus lentement. Ce décalage, doublé des nombreuses inégalités qui existent encore, suscitent des réactions, comme la grève du 14 juin. Aujourd’hui, les femmes se lèvent, prennent leur place et se profilent.

Pour vous, le pire de la politique c’est...

… La manipulation et le mensonge.

41,5 ans: l’âge moyen des candidats. Il s’agit du plus haut de ces vingt dernières années.

«Les femmes et les hommes ne sont pas égaux mais complémentaires»

Magali Junod, 37 ans, agent SMQ (Système de management de la qualité), UDC, Neuchâtel.

Quelle est votre principale motivation pour vous présenter à cette élection?

Pouvoir représenter les citoyens et les citoyennes suisses et participer à l’amélioration de leur quotidien. Si le peuple m’élit, je veux pouvoir défendre et préserver sa liberté, son autonomie.

La politique est une des activités les plus mal vues dans le public (avec le secteur bancaire et les médias). Cela ne vous a pas fait hésiter?

Non, bien au contraire. Pour moi la politique est un moyen d’expression et d’amélioration de la vie au quotidien. C’est pourquoi je n’ai pas hésité à m’engager. Je suis convaincue de la pertinence de mon choix.

Que trouvez-vous de particulièrement remarquable dans le parti dont vous avez choisi de défendre les couleurs?

L’UDC est le seul parti qui défende les valeurs politiques de la Suisse son fédéralisme, sa démocratie directe et sa souveraineté - ce qui le rend singulier et exceptionnel. À Taïwan en 2015, j’ai vu que ce petit pays devait se battre contre la Chine continentale pour conserver sa souveraineté. Une lutte qui ressemble à celle de la Suisse contre l’UE.

Disposant d’une baguette magique,ou devenue dictatrice, quelle serait la première mesure que vous imposeriez à vos concitoyennes et concitoyens?

Je ferais disparaître cet accord cadre que l’on veut nous imposer et qui nous ferait subir la dictature centraliste de l’UE. Je ne suis pas contre l’UE, mais je ne veux pas qu’elle décide pour nous de notre politique intérieure. Je mettrais en place des cours de civisme et de savoir-vivre pour atteindre une plus grande cohésion de notre société. 

Croyez-vous à un apport spécifique des femmes en politique ou considérez-vous que la compétence sera toujours plus importante que le genre?

N’oublions pas que les femmes et les hommes ne sont pas égaux mais complémentaires. Il est évident que je suis pour la compétence et non pour les genres. Les femmes compétentes méritent donc d’être reconnues à leur juste valeur. Mais en aucun cas elles ne doivent être favorisées au détriment des hommes si elles n’ont pas les compétences équivalentes ou supérieures.

Que vous inspire le fait qu’il n’y a jamais eu autant de candidates aux élections fédérales au point d’approcher la parité – 43% Genève, 40% Fribourg et Neuchâtel, 39% pour Vaud, 38% pour le Valais et le Jura, etc.

Les femmes de notre société sont éduquées et pour la plupart travaillent. Il est tout à fait dans l’ordre des choses qu’elles s’investissent en politique. Mais j’espère que le choix des candidates a été fait sur la base des compétences et non dans le seul but de s’attirer des regards bienveillants.

Pour vous, le pire de la politique c’est...

L’incapacité des partis à communiquer entre eux de façon normale. Cela crée des tensions qui mettent en péril notre système politique et notre crédibilité en termes de politique internationale.

48,41% de participation lors de l’élection de 2015. La barre des 50% n’a plus été franchie depuis 1979.

«Les femmes saisissent souvent les problèmes du monde avec plus d’acuité»

Stefanie Prezioso, 50 ans, historienne, professeure à l’université, Ensemble à Gauche, Genève.

Quelle est votre principale motivation pour vous présenter à cette élection?

La promotion de l’égalité, le partage des tâches domestiques, de soins et ­d’éducation, la lutte contre les violences sexistes au sein du couple, au travail ou dans la rue. Mon combat pour l’égalité vise aussi les discriminations raciales et cible les préjugés en vertu de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. Une société plus égalitaire, c’est enfin un meilleur usage des ressources naturelles et une réduction du fossé Nord/Sud: un projet de civilisation plus humain.

La politique est une des activités les plus mal vues dans le public (avec le secteur bancaire et les médias). Cela ne vous a pas fait hésiter?

Les élus ont tendance à ne pas tenir leurs engagements, quand ils n’acceptent pas des privilèges indus ou des avantages choquants. Pourtant, les mandats électifs ne sont qu’un aspect de la politique. Les engagements quotidiens au travail, dans les quartiers, dans la solidarité, représentent aussi une forme d’action politique essentielle, accessible au plus grand nombre...

Que trouvez-vous de particulièrement remarquable dans le parti dont vous avez choisi de défendre les couleurs?

Ensemble à Gauche vise à rassembler les femmes et les hommes pour qui nos vies valent mieux que les profits des actionnaires: le travail qui produit la richesse et la nature qui en est la base ne doivent pas être exploités au profit d’une petite minorité, mais servir au bien-être de toutes et de tous.

Disposant d’une baguette magique,ou devenue dictatrice, quelle serait la première mesure que vous imposeriez à vos concitoyennes et concitoyens?

Il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit à la population, mais de permettre à son écrasante majorité de faire primer la satisfaction de ses besoins sur les appétits égoïstes d’une poignée de nantis. Ma première mesure: la gratuité des transports publics urbains et l’abonnement général CFF 2e classe à 100.- par mois, un geste fort pour le climat.

Croyez-vous à un apport spécifique des femmes en politique ou considérez-vous que la compétence sera toujours plus importante que le genre?

Les femmes saisissent souvent les problèmes du monde avec plus d’acuité, parce que la majorité d’entre elles sont mal payées, réduites à des emplois précaires, disposent de petites retraites, portent la plus grande part des tâches domestiques et sont exposées aux violences sexistes. Plus que les hommes, elles visent l’égalité.

Que vous inspire le fait qu’il n’y a jamais eu autant de candidates aux élections fédérales au point d’approcher la parité – 43% Genève, 40% Fribourg et Neuchâtel, 39% pour Vaud, 38% pour le Valais et le Jura, etc.

C’est un très bon signal, mais les revendications de la grève des femmes vont bien au-delà. Ce sont elles qu’il faut faire aboutir toutes et tous ensemble.

Pour vous, le pire de la politique c’est...

La colonisation du parlement fédéral par les représentants des banques, d’ÉconomieSuisse, du lobby militaire et des principales caisses maladie.

«Le pouvoir ne réside pas dans la virilité, mais dans l’art de négocier»

Valentina Darbellay, 49 ans, juriste, PDC, Valais

Quelle est votre principale motivation pour vous présenter à cette élection?

Je dispose du savoir-faire qu’on attend des élus sous la coupole fédérale: Mon métier, c’est le plaidoyer, le lobbying, en faveur des intérêts publics. Je dispose ainsi d’une expertise en droit et politique visant à influencer les ­processus législatifs et décisionnels.

La politique est une des activités les plus mal vues dans le public (avec le secteur bancaire et les médias). Cela ne vous a pas fait hésiter?

Non, du tout! Mon engagement ­politique sert les intérêts du public. La politique, c’est bien la gouvernance de la cité et de la collectivité, la gestion du pouvoir au sens large afin de réguler toute activité humaine en société.

Que trouvez-vous de particulièrement remarquable dans le parti dont vous avez choisi de défendre les couleurs?

Le PDC pour moi est le parti du centre par excellence, capable de maintenir et renforcer l’équilibre ­politique national par le consensus, le respect du fédéralisme, de l’autonomie des cantons, de la souveraineté du peuple et de la Suisse.

Disposant d’une baguette magique,ou devenue dictatrice, quelle serait la première mesure que vous imposeriez à vos concitoyennes et concitoyens?

Je motiverais mes concitoyens à participer à la vie publique et à s’engager dans des associations d’intérêts. Si les citoyens ne participent plus aux réflexions et décisions impactant la vie de leur commune ou communauté, la démocratie directe en périra. De même si les citoyens ne soutiennent plus les associations de la société civile, il n’y aura plus de contrepoids citoyen.

Croyez-vous à un apport spécifique des femmes en politique ou considérez-vous que la compétence sera toujours plus importante que le genre?

Margaret Thatcher a dit: «En politique, si vous voulez des discours, demandez un homme; si vous voulez des actes, demandez une femme.» Surtout que le pouvoir ne réside pas dans la virilité, mais dans l’art de négocier.

Que vous inspire le fait qu’il n’y a jamais eu autant de candidates aux élections fédérales au point d’approcher la parité – 43% Genève, 40% Fribourg et Neuchâtel, 39% pour Vaud, 38% pour le Valais et le Jura, etc.

Les femmes ont enfin pris l’initiative de s’engager en politique plus ­souvent. Le contexte socio-politique y est plus favorable: aujourd’hui les hommes sont de plus en plus nombreux à devenir conscients du partage des responsabilités au sein d’une famille ou d’un couple, pour le ménage, les enfants, le taux de travail, les congés.

Pour vous, le pire de la politique c’est...

Croire que «la politique ne sert à rien, car elle ne change rien, que c’est toujours des promesses». Je prétends que, grâce à la politique, je peux inverser des processus et amener des solutions. Je ne fais pas des promesses, mais de mon mieux.

«On peut être jeune mais aussi compétente qu’une personne plus âgée»

Ophélie Brodard, 22 ans, étudiante en droit, Les Verts, Fribourg.

Quelle est votre principale motivation pour vous présenter à cette élection?

En tant que jeune en politique, c’est une opportunité unique de pouvoir se présenter sur une liste qui a toutes ses chances. L'avenir c’est nous, et nous avons le droit de nous exprimer sur le sujet au niveau national. On peut être jeune mais aussi compétente qu’une personne plus âgée. Il faut du renouveau et de nouvelles idées.

La politique est une des activités les plus mal vues dans le public (avec le secteur bancaire et les médias). Cela ne vous a pas fait hésiter?

Non absolument pas. Je garde les pieds sur terre et je reste honnête dans mes propos et mes actes. Je ne dis pas que notre pays fonctionne parfaitement, mais ce système marche. Faire de la politique, c’est la chance de faire entendre sa voix. Il n’y a rien de honteux là-dedans bien au contraire.

Que trouvez-vous de particulièrement remarquable dans le parti dont vous avez choisi de défendre les couleurs?

J’ai choisi ce parti pour la simple et bonne raison que c’est celui qui me ressemble le plus. N’aimant pas faire les choses à moitié, il était essentiel pour moi de m’engager pour une cause fondamentale et quoi de mieux que la protection de notre planète? Se battre pour l’avenir de l’être humain, de l’animal et de la nature est une bonne raison de donner de son temps et c’est chez les Verts que ces causes sont le mieux défendues.

Disposant d’une baguette magique,ou devenue dictatrice, quelle serait la première mesure que vous imposeriez à vos concitoyennes et concitoyens?

Je n’aime pas particulièrement le terme d’imposer quelque chose, mais si j’avais une baguette magique, je ferais le souhait que tous réalisent que notre monde va mal. Pour changer réellement, une prise de conscience est nécessaire.

Croyez-vous à un apport spécifique des femmes en politique ou considérez-vous que la compétence sera toujours plus importante que le genre?

Je pense que la compétence joue un rôle primordial mais également que les femmes ont toute leur place en politique. Il faut l’égalité des chances et ensuite c’est aux électeurs de choisir.

Que vous inspire le fait qu’il n’y a jamais eu autant de candidates aux élections fédérales au point d’approcher la parité – 43% Genève, 40% Fribourg et Neuchâtel, 39% pour Vaud, 38% pour le Valais et le Jura, etc.

Cela prouve que les manières de penser évoluent, que les femmes prennent confiance en elles et qu’elles veulent prendre plus de place en politique. C’est très positif et je pense que cela donnera des idées et influencera les générations futures.

Pour vous, le pire de la politique c’est...

Le manque de communication et d’échange entre les partis. Certes, nous défendons tous des idées différentes, mais plutôt que d’en faire une faiblesse, il faudrait que cela serve à tempérer les idées et à avancer dans la bonne direction. Il y a du bon à prendre dans chaque parti, à nous de trouver des compromis. Il est nécessaire de collaborer afin d’aboutir à de bonnes solutions, notamment en ce qui concerne l’environnement.

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