21 novembre 2019

La jeunesse au bout de la seringue

Botox, acide hyaluronique, laser… Ces techniques de médecine esthétique font un tabac. Moins invasives et coûteuses que la chirurgie, elles séduisent un public toujours plus large. Et attention aux dérives!

Moins effrayante que sa grande sœur chirurgicale, la médecine esthétique fait succomber de plus en plus de visages en quête de jeunesse éternelle.
Moins effrayante que sa grande sœur chirurgicale, la médecine esthétique fait succomber de plus en plus de visages en quête de jeunesse éternelle.

Des mains gantées qui injectent du botox sur le front, des machines dotées de ­micro-aiguilles qui traquent les moindres ridules du visage… Ces images, vous les avez peut-être déjà vues sur les réseaux sociaux, le site d’un institut de beauté ou la devanture d’une clinique spécialisée. Elles font référence à ce que l’on appelle la «médecine esthétique», c’est-à-dire ces interventions moins invasives et radicales que la chirurgie. Adieu le bistouri, leurs promesses: vous faire paraître plus jeune en un coup de seringue.

Ces dernières années, l’offre a ­fortement augmenté en Suisse.«En dix ans, nous sommes passés d’une vingtaine de chirurgiens ­plasticiens à plus de quatre-vingts à Genève», constate le Dr Amini qui possède un cabinet privé dans la ville du bout du lac. Et la demande pour ces interventions moins lourdes et ­coûteuses que les actes chirurgicaux est elle aussi en hausse. «Ces soins constituent aujourd’hui 30% de mes interventions», confie le Dr Quinodoz, chirurgien plasticien genevois. ­Résultat: la pratique se démocratise et touche désormais un plus large public.

Même si les femmes restent les ­premières clientes de la médecine ­esthétique (lire témoignages ci-dessous), les hommes sont, eux aussi, de plus en plus nombreux à s’y mettre. «Ils veulent surtout paraître plus reposés, avoir meilleure mine», précise le Dr Amini. Quant au public cible, «il se situe entre 35 et 45 ans», note le Dr Quinodoz. Souvent proposée comme traitement de prévention, la médecine esthétique peut aussi commencer plus tôt. Dès la vingtaine dans certains cas. Parce que l’injection de toxine botulique (ou «botox») permet, par exemple, de bloquer le mouvement d’un muscle pour éviter de creuser une ride. Ces interventions non chirurgicales ont la particularité d’être temporaires puisque les produits injectés sont résorbables. Un ­aspect séduisant pour ceux qui ne recherchent pas un résultat irréversible. Il y a donc fort à parier que ces pratiques, non sans risques, vont continuer de se banaliser au sein d’une ­société très corpo-centrée et désireuse de maîtriser son apparence.

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