31 octobre 2017

Chris Hemsworth tombe le costume de «Thor»

A l'occasion de la sortie de «Thor: Ragnarok», Chris Hemsworth évoque l'évolution de son personnage dans la saga Thor. Côté privé, il aborde son retour en Australie et son apparence.

Chris Hemsworth
Pour le retour à l’écran de son personnage fétiche, Chris Hemsworth a demandé quelques changements. (Photo: Mark Veltman/The New York Times//Redux/laif)

Chris Hemsworth, vous avez incarné le dieu nordique de comics dans six films déjà, mais dans Thor: Ragnarok, vous arborez maintenant un tout nouveau look. Même l’arme emblématique du super­héros, le marteau, a disparu. Pourquoi?

Dans les deux derniers opus, je me suis vraiment lassé de Thor. J’ai donc téléphoné au directeur des studios Marvel, Kevin Feige, pour lui dire de donner une direction radicalement différente au personnage. Il a approuvé et nous avons ainsi discuté de toutes nos idées avec le réalisateur néo-zélandais Taika Waititi. Chaque fois qu’elles nous semblaient familières, nous les éliminions. Il fallait changer de ton et nous tenions absolument à apporter une plus grande touche d’humour.

Mais Thor sans marteau, comment est-ce possible?

Il est d’abord un peu déboussolé, puis il réalise que le pouvoir est finalement en lui, et non dans cet accessoire. Et il lui reste encore d’autres armes auxquelles il peut recourir. Le personnage de Thor est désormais établi, nous pouvons faire ce que l’on veut de lui. La coupe courte a été un grand soulagement. Les jours où je devais me lever une heure plus tôt pour arborer la perruque blonde ne me manquent aucunement!

Visionnez la bande-annonce de «Thor: Ragnarok» (Source: Youtube/AuCiné)

Aviez-vous aussi le sentiment que Thor vous avait entre-temps trop enfermé dans un rôle?

Je me suis posé cette question avant même le premier film. Mais cette trilogie m’a finalement ouvert de nombreuses portes et j’ai pu poursuivre des projets totalement différents entre chaque production Marvel. Je me considère comme chanceux de travailler avec une société qui parvient à inciter les spectateurs à délaisser leur canapé pour rejoindre les salles obscures. Cela devient de plus en plus difficile.

Ce sont les aborigènes qui ont effectué une cérémonie de bénédiction lors du tournage pour que le film soit un succès?

(Rires) Non, nous n’avons reçu un tel accueil qu’en Australie. Le réalisateur a également fait venir de Nouvelle-Zélande des Maoris qui ont illustré la communion des peuples par une danse traditionnelle, ce que j’ai trouvé très beau.

Dans la mythologie nordique, «Ragnarok» recouvre une série d’événements annonçant la fin des divinités telles que Thor. Mais une telle prédiction ne vous concerne pas pour l’instant, n’est-ce pas?

Non, je travaille déjà sur le prochain film des Avengers.

A force de jouer les héros au cinéma, n’avez-vous pas l’impression que l’on attend de vous un comportement aussi valeureux dans la vie privée? Ou bien, au contraire, vous arrive-t-il d’avoir besoin d’une assistance?

Tout à fait. Une fois, alors que j’effectuais un trek de trois jours dans l’Himalaya avec mon épouse, mon corps ne parvenait pas à s’adapter à l’altitude. J’étais hors d’haleine et j’avais de l’eau dans les poumons. Au départ, j’ai ignoré les symptômes, mais à ma respiration, ma femme a su que quelque chose n’allait pas. Elle a alerté notre guide, qui m’a fait redescendre immédiatement. On m’a injecté un médicament et administré une dose d’oxygène.

Comment avez-vous vécu ce sentiment d’impuissance?

J’étais surtout très en colère: les aboiements d’un chien à l’extérieur m’ont mis hors de moi, et j’ai rabroué ma femme lorsqu’elle m’a demandé comment j’allais. Il semble que dans une telle situation, le cerveau ne tourne plus rond. J’ai entendu parler de personnes qui, dans un moment d’hébétude totale, erraient dans la neige avant de disparaître pour toujours. Par chance, mon épouse était là et m’a ramené à la raison.

C’était mon épouse l’héroïne et moi celui à qui il a fallu porter secours!

Vous avez trois enfants âgés de 3 à 5 ans. Comment vous répartissez-vous les tâches?

Mon épouse a quelque peu mis ses activités entre parenthèses et travaille beaucoup moins maintenant afin de me permettre de réaliser mes rêves. Je lui en serai éternellement reconnaissant. Mais l’an prochain, nous nous installerons en Espagne, où elle doit tourner un film. Je prendrai alors la gestion du foyer en charge, même si c’est toujours très difficile pour moi de me retrouver seul avec les trois petits – par chance, ma belle reste toujours joignable par téléphone!

Avez-vous déjà initié vos enfants au surf?

Oui, par mer calme. Mais je ne veux pas forcer les choses, de peur de les dégoûter. En tant que passionné, je suis vraiment impatient de pouvoir pratiquer ce sport avec eux. J’ai grandi avec l’odeur de la crème solaire et de la wax des planches de surf. Nos enfants sont déjà de vrais petits poissons: ils adorent barboter toute la journée dans la mer ou dans la piscine. C’est parfois difficile pour ces graines d’aventuriers quand nous sommes hébergés dans une petite maison en banlieue pour raisons professionnelles. Il arrive qu’ils piquent des colères parce que chez nous, il y a tant à explorer.

Vous avez abandonné Hollywood pour retourner en Australie avec votre famille. Vous ne supportiez plus Los Angeles?

Si, si, mais les tournages ont généralement lieu ailleurs, et je n’ai plus besoin d’être aussi souvent présent aux réunions. De plus, l’Australie a toujours été mon premier choix pour élever une famille. Les excursions, le camping et le surf avec mes parents comptent parmi mes souvenirs les plus heureux. Je veux pouvoir offrir cela à mes enfants aussi.

Vous vivez donc au grand air?

Oui, nous vivons 90% du temps en plein air. Nous habitons une maison dotée d’un grand terrain en bord de plage et avons deux chevaux et un chien. Nous possédions encore un cochon jusqu’à récemment, mais nous avons dû nous en séparer, car il était devenu trop gros. Il vit maintenant dans une ferme.

Vous avez grandi dans une famille heureuse. Quelles valeurs vos parents vous ont-ils transmises?

Ils nous ont encouragés à être joyeux et à nous amuser.

Nos parents disaient que nous étions les maîtres de notre destin et que ne devions pas nous résigner à exercer un métier ennuyeux.

Chris Hemsworth

Il nous fallait chercher les opportunités jusqu’à les trouver. Alors que cela ne se passait pas très bien pour moi à Los Angeles au départ, ma mère m’avait dit que son sofa serait toujours disponible si je voulais rentrer à la maison. J’ai beaucoup apprécié ce soutien.

A propos de sofa: le thème du moment à Hollywood est celui de la promotion canapé et de la façon dont les hommes abusent de leur pouvoir pour harceler des jeunes femmes sexuellement. Avez-vous aussi eu des entretiens tendancieux dans des chambres d’hôtel?

Non, heureusement. Et je suis désolé pour toutes les personnes qui ont été victimes de tels agissements.

Bien sûr, on m’a demandé si je voulais bien me dénuder, mais je ne me suis jamais senti traité en objet pour autant.

Si cela me permet de payer mes factures et de nourrir ma famille, je n’hésite pas à retirer ma chemise. Mais cela ne veut pas dire qu’il doit en être de même pour tout le monde. Je suis certain que les hommes sont exploités aussi, toutefois la situation n’a rien à voir avec celle des femmes.

Mais vous êtes vous aussi souvent défini par votre corps. Cela ne vous dérange pas du tout?

Non, je trouve ça plutôt assommant. Mais vu qu’on me le demande, c’est que cela doit intéresser des gens. Il y a certainement des choses plus passionnantes pouvant susciter l’enthousiasme. Mais j’ai effectivement déjà effectué des interviews dans lesquelles les questions tournaient uniquement autour de mon corps ou des histoires des autres personnages. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu faire évoluer Thor.

Vos deux frères sont également acteurs. Parlez-vous de vos rôles ensemble? Y a-t-il des rivalités entre vous?

Nous discutons de nos rôles, oui. Mais nous n’entretenons de rivalités que quand nous jouons au foot ou aux cartes. Cette profession est si instable qu’il faut se serrer les coudes. Il n’y a pas de recette miracle. On ne peut qu’espérer le meilleur, choisir des rôles stimulants et collaborer avec des personnes enrichissantes. Nous savons tous que nous ne sommes jamais les seuls responsables de ce qui se produit. C’est toujours un travail d’équipe. Et nous sommes aussi très différents les uns des autres.

Dans quelle mesure?

Liam est par exemple plus calme et réservé – il l’a toujours été –, tandis que j’ai parfois tendance à être trop bavard.

Nouvelle coupe, nouveau costume, sens de l’humour accru: Chris Hemsworth dans «Thor: Ragnarok». (Photo: Marvel/Entertainment Pictures/Alamy)

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