6 décembre 2018

Trois idées de visite pour une escapade à Lyon, berceau du cinéma

La capitale des Gaules et de la gastronomie sait aussi inviter de manière spectaculaire au rêve et à la réflexion. La preuve par trois musées.

Lyon
Le pont Lafayette à Lyon (Photo: www.tristandeschamps.com)
Temps de lecture 4 minutes

Le Musée des Confluences

Photo: Laurent Vella

Autant le dire: l’ambition du Musée des Confluences n’est pas mince. Rien de moins que d’«interroger le temps long» pour appréhender «la complexité du monde». Situé à la pointe d’une presqu’île au confluent du Rhône et de la Saône, l’étrange bâtiment qui se revendique à la fois du cristal et du nuage se divise en quatre espaces: «Origines, les récits du monde»; «Sociétés, le théâtre des hommes»; «Espèces, la maille du vivant» et «Éternités, visions de l’au-delà».

De quoi méditer sur le destin de l’humanité, la place de l’homo sapiens dans la chaîne du vivant, la complexité des sociétés, l’histoire des cultures et des croyances. Le tout en s’appuyant sur une muséologie subtile, des scénographies spectaculaires et une vraie fraîcheur pédagogique. On y croisera, entre mille autres, un mammouth découvert en 1859, non loin du musée, des masques de théâtre nô, un exemplaire du Spoutnik 2, un accélérateur de particules, des météorites, des boucliers africains, des kyrielles de minéraux et de créatures fossilisées ou empaillées, des morceaux de lune ou de Mars, des peintures aborigènes, etc. Même des hommes. Ou plutôt des femmes, puisque c’est le versant féminin de l’espèce qui pour une fois est mis en avant. Le musée propose aussi des expositions temporaires. Actuellement Hugo Pratt, les fêtes himalayennes, les esprits du Japon et, dès le 21 décembre, les coléoptères, insectes extraordinaires.

Photo:DR/lyon-france.com

Un hôtel dans le quartier: le MOB Hotel. Un établissement novateur, ultra-branché et pourtant très convivial. Le fondateur, Cyril Aouizerate, juif algérien d’origine, est docteur en philosophie et spécialiste de Spinoza. Résultat: des chambres au design étrange et raffiné, et surtout sans télévision, une grande bibliothèque dans l’espace commun, une cuisine 100% bio et de proximité, et la volonté de rassembler les gens et les idées. Une expérience unique à deux pas du Musée des Confluences.

Le Musée Lumière

Photo: DR/lyon-france.com

L’adresse déjà dit tout: rue du Premier-Film, dans le quartier lyonnais de Monplaisir. Là où tout simplement le cinéma est né. Témoin de cette glorieuse époque: un hangar, dernier vestige des usines des frères Lumière, et la somptueuse villa familiale qu’occupaient Auguste et Louis et qui abrite aujourd’hui l’Institut et le Musée Lumière.

Le millésime est fameux: 1894 qui vit la mise au point d’un prototype par Louis pour les premiers essais de film sur papier. On pourra admirer le Cinématographe Lumière «n° 1» qui fut utilisé le 28 décembre 1895 pour la première séance publique payante de cinéma. C’était, n’en déplaise aux Lyonnais, au Grand-Café à Paris. La projection d’une dizaine de petits films attira trente-trois spectateurs. Ce que l’on sait moins, c’est qu’aussitôt des «opérateurs Lumière» furent envoyés partout dans le monde pour filmer «d’autres pays, d’autres vies». Des films qu’on pourra découvrir sur les écrans du musée, lumineux de cette mélancolie blafarde attachée aux choses lointaines et disparues.

Industriels prospères, avec la plus grande usine d’Europe de fabrication de plaques photographiques et son slogan choc «Pas de photo sans… Lumière», les deux frères Lumière se firent les auteurs d’un nombre stupéfiant d’inventions: les «plaques sèches», le Photorama (pour une image à 360 degrés), le projecteur en relief (pour des films en 3D, oui déjà) ou les plaques Autochromes, ancêtres de la diapositive – en couleur donc. Les trésors de la Villa Lumière nous révéleront aussi d’autres trouvailles des deux frères, comme une main-pince articulée pour les amputés de la Première Guerre mondiale.

Le Musée Cinéma et Miniature

Photo: DR/lyon-france.com

Comment résister à la tentation d’ouvrir une porte où il est écrit «Entrée interdite aux enfants»? Résultat: on se retrouve devant la reine d’ Alien , grandeur nature, bave aux dents. Au début de cette histoire, un Alsacien: Dan Ohlmann, ébéniste, décorateur d’intérieur, qui se fait connaître dans les années 1980 par ses miniatures, comme l’intérieur du restaurant Maxim’s reconstitué au 1/12e. En 1989, Dan Ohlmann tombe amoureux de Lyon, y fonde un premier petit musée, le Palais de la miniature.

Avant une rencontre décisive en 2003: celle de la mécène suisse Gigi Oeri, oui l’ancienne présidente du FC Bâle, qui achète une bâtisse du XVIe siècle, la maison des Avocats dans le Vieux Lyon, pour permettre de transformer le petit musée de Dan Ohlmann en une institution d’envergure nationale. Aux miniatures vient alors s’ajouter l’autre passion du bonhomme: les arts et techniques des effets spéciaux de cinéma. Le cinéma d’avant le numérique bien sûr. Avec toute une collection de masques et prothèses, sculptures en latex, maquettes, costumes, pièces et objets divers comme une authentique canne de Charlie Chaplin, décors grandeur nature, comme ceux du film Le Parfum .

Le musée abrite des ateliers de restauration: il faut savoir en effet que les sculptures en latex, comme la reine d’Alien, ne se conserveraient, faute de soins et de techniques de restauration appropriées, pas plus de dix ans.

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