31 juillet 2019

Émouvante Belfast

Après trois décennies de guerre civile, la capitale de l’Irlande du Nord semble avoir tourné le dos à ses démons et accueille de plus en plus de visiteurs. Flâner dans ses rues permet de revivre un passé douloureux encore très présent, mais aussi de ressentir l’espoir de toute une région.

La façade du musée Titanic Belfast rappelle la proue du célèbre transatlantique.
La façade du musée Titanic Belfast rappelle la proue du célèbre transatlantique (photo: Tourism Northern Ireland).

1. À bord du «Titanic»

Le «Titanic» est incontestablement la star de Belfast. Normal à dire vrai puisque c’est ici que le plus célèbre des transatlantiques a été construit. Si l’on peut trouver de ­mauvais goût le merchandising développé autour d’un naufrage – on peut acheter à Belfast du chocolat, des caramels et même des boules de Noël à l’effigie du paquebot – il ne faut pas hésiter à visiter Titanic Belfast. Construit précisément là où le navire a été conçu, ce musée attire tout d’abord le regard avec ses façades aux mille facettes dont la hauteur et les angles rappellent la proue du «Titanic». À l’intérieur, le visiteur en saura plus sur la construction, l’armement ultra-moderne pour l’époque, le naufrage, l’enquête juridique qui s’est en suivie et les recherches pour retrouver l’épave. Les reconstitutions des cabines de 1re, 2e et 3e classes constituent sans doute le temps fort de la visite. Les galeries de photos d’archives que l’on peut directement visionner sur son audio-guide, les témoignages audio des rescapés, les nombreuses bornes interactives et même le parcours en télécabine à l’intérieur du bâtiment qui décrit les conditions des ouvriers sont autant de trésors à ne pas manquer, au risque d’y passer la journée.

Le «Nomadic», le petit frère du «Titanic», mérite une visite (photo: Pierre Wuthrich).

Au sortir du musée, il ne faut pas manquer de visiter le «SS Nomadic» posé en cale sèche non loin de là. Cette embarcation, la dernière de la compagnie White Star Line à avoir subsisté, a été conçue pour transporter les passagers de 1re et 2e classes qui devaient monter à Cherbourg sur le «Titanic», celui-ci ne pouvant accoster dans le petit port français. Les boiseries originales, de même que les décors sculptés, donnent un aperçu du luxe qui était déployé pour séduire les plus fortunés des voyageurs.

Plus d’informations sur: www.titanicbelfast.com (lien en anglais).

Entre guerre et paix

Belfast est devenue célèbre pour ses façades peintes relatant le conflit entre protestants et catholiques (photo: Tourism Northern Ireland).

À Belfast, le passé industriel de la ville est toujours visible. Ainsi, la paire de grues géantes du port est devenue l’un des emblèmes de la cité. Hautes de 96 et 106 mètres, elles arborent les lettres H & W, les initiales de Harland & Wolff, la société qui a conçu le «Titanic». Pour beaucoup de Belfastois toutefois, H & W se veulent plutôt les abréviations de Hello et Welcome. C’est que les Irlandais du Nord ont à cœur de tourner la page de la guerre civile et de montrer au monde à quel point ils savent se montrer accueillants.

L’une des particularités de Belfast réside dans la possibilité de revivre l’histoire récente de la fin du XXe siècle. Il vaut la peine de se promener à l’ouest de la ville, dans les quartiers ouvriers protestants et catholiques, théâtre d’affrontements violents entre 1969 et 1998. De nombreuses façades peintes retracent les épisodes douloureux et fonctionnent un peu comme un musée à ciel ouvert. Ici, une série de dix prisonniers indépendantistes catholiques qui ont entamé une grève de la faim et n’ont pas survécu. Là, une fresque rendant hommage aux loyalistes protestants et à la reine d’Angleterre. Les murs d’une hauteur vertigineuse qui avaient été construits pour éviter des émeutes entre communautés et qui, comme à Berlin, ont divisé la ville, sont recouverts aujourd’hui de messages d’espérance. Baptisés Peace Walls, ils attirent désormais les touristes, émus.

Mais Belfast a plus à offrir que ces épisodes noirs. La zone piétonne et sa charmante galerie couverte datant de l’époque victorienne invitent à la flânerie. Quant aux pubs – le plus beau est l’ancien The Crown –, ils permettent de goûter à de merveilleux breuvages. L’île ne déméritant pas en termes de bières, whiskys et gins.

Des merveilles extra-muros

L’allée Dark Hedges a fourni avec sa centaine de hêtres un décor idéal à la fameuse série «Game of Thrones» (photo: Tourism Northern Ireland).

Il vaut la peine de sortir de Belfast pour aller admirer les beautés de l’île. Les amateurs de formations géologiques étonnantes prendront la route du nord pour voir les 40 000 fûts hexagonaux de basalte classés à l’Unesco et qui forment la Chaussée des géants. Les fans de la série Game of Thrones partiront sur les traces de leurs héros préférés en pénétrant dans les mystérieuses forêts où a été tournée la série. Enfin, les férus d’histoire ne manqueront pas de se rendre à Hillsborough.

Le château de Hillsborough, résidence officielle d’Elizabeth II, est entourée de vastes jardins anglais (photo: Richard Lea-Hair).

Situé à vingt minutes en voiture de Belfast, le village abrite l’une des résidences officielles d’Elizabeth II. C’est là que la reine – ou les membres de la famille royale britannique – logent lorsqu’ils voyagent en Irlande du Nord. En l’absence des «Royals», le château est ouvert au public. Le parcours se cantonne aux appartements d’État (salle du trône, salon, salle à manger, etc.), mais reste intéressant à bien des égards. Entre ses murs, de nombreuses rencontres entre Britanniques et Irlandais ont eu lieu et des accords pour promouvoir la paix y ont été signés. Une partie de la fastueuse collection royale y est aussi présentée. Parmi les toiles des grands maîtres, le visiteur s’amusera à chercher les œuvres du prince Charles. Le vaste parc du château fera le bonheur des amateurs de jardin à l’anglaise. Enfin, un arrêt au café est incontournable à l’heure du Tea Time.

Plus d’infos: www.hrp.org.uk (en anglais).

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