8 novembre 2017

Escapade romaine

Le Musée romain de Vallon, près d’Avenches, offre une alternative aux après-midis de pluie et de désœuvrement: mosaïques grandeur nature et expo temporaire sur les soins du corps dans l’Antiquité. Détails croustillants!

Mosaïque d'une scène de chasse à l'époque romaine
Mosaïque d'une scène de chasse à l'époque romaine

D’accord, ce n’est ni Pompéi ni la villa du Casale à Piazza Armerina en Sicile. Mais quand même. Le Musée romain de Vallon (FR) recèle aussi son joli lot de mosaïques. Sur le site d’une ancienne demeure romaine du IIIe siècle, deux incroyables pavements ont survécu au temps et à l’incendie: le premier, semblable à un tapis de 6 m sur 3 m, illustre la rencontre de «Bacchus et Ariane». Quant au second, il s’étale sur quelque 100 m2, ce qui en fait la plus grande mosaïque romaine conservée in situ en Suisse: dix médaillons racontent des scènes de chasse, des venatores avec flèches et bouclier, poursuivant ours, biche et autre taureau – les origines de la corrida? Par Jupiter, voilà qui devrait épater les écoliers de 8e année, en pleine découverte de l’Antiquité ou, à défaut, leurs parents…

Et si vraiment les mosaïques laissent les marmots de marbre, un petit tour au premier étage pourrait bien piquer leur curiosité: une expo temporaire sur l’hygiène et la cosmétique fait pénétrer le visiteur dans… la salle de bain des Romains. Les amateurs de selfies et de la moue apprêtée n’ont qu’à bien se tenir! Car que voit-on sur le boudoir latin? Que, à l’époque d’Ovide, on se lavait les dents, on se maquillait et on pratiquait déjà le peeling avec… du nitrate de potassium ou de la farine de fèves. A voir la panoplie de fioles, de petites spatules et autres balsamaires, sûr que le peuple de Rome n’était qu’une légion de coquets. Parmi mille détails croustillants, on apprend entre autres, que les hommes utilisaient davantage le savon que les femmes, que cure-dents et Q-tips figuraient aux deux extrémités du même objet et que l’on se teignait les cheveux en noir avec des décoctions de sangsues. Eh oui, Jules César n’avait rien à envier à David Beckham: il s’épilait les aisselles et les jambes, était glabre et parfumé de la tête aux pieds! L’empereur, un des premiers métrosexuels de l’Histoire? Par Apollon bien rasé, voilà qui change toute la perspective!

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