23 janvier 2020

À pied dans le grand désert blanc

Les randonnées pédestres aménagées deviennent à la mode en hiver. Dans le Haut-Valais notamment, les stations sont de plus en plus nombreuses à en proposer. Comme à Loèche-les-Bains, à l’Aletsch Arena ou dans le Lötschental.

Une autre façon de goûter aux joies de l’hiver
Temps de lecture 3 minutes

1. De Loèche-les-Bains
à Kandersteg par la Gemmi

C’est un classique de la balade hivernale: passer du Valais au canton de Berne en franchissant le célèbre col de la Gemmi, à 2346 mètres, que l’on atteint par téléphérique depuis Loèche-les-Bains. Un sentier descendant, large et bien damé, conduit jusqu’au Daubensee, lac gelé et invisible sous la neige. Puis, toujours en descendant, on atteindra le restaurant refuge de Schwarenbach, situé à mi-parcours, ouvert du 25 décembre au 26 avril et qui propose entre autres les très fameux
röstis bernois.

On perdra encore un peu d’altitude, pour rejoindre la plaine du Spittelmatte d’où la première et dernière montée du parcours vous mènera au téléphérique de Sunnbüel, qui vous ramènera, avec l’aide finale d’un bus, jusqu’à Kandersteg. Cette promenade dans le désert blanc de la haute montagne peut nécessiter trois bonnes heures et ne s’entreprend que par très beau temps et dûment équipé – habits chauds, gants, bonnets, lunettes de soleil, protection solaire, chaussures imperméables. Des bâtons de randonnée pourront s’avérer précieux pour avancer dans la neige.

2. À travers le Lötschental

L’aventure commence à Blatten, le village le plus reculé du Lötschental, qu’on atteint par bus depuis la gare de Goppenstein sur la ligne du BLS. On emprunte la route qui mène à la ­Fafleralp, fermée en hiver à la circulation mais pas à la marche à pied. De Fafleralp, on
reviendra par le même chemin jusqu’à Blatten.9 km de marche, 300 m de dénivelé, dans des paysages enneigés somptueux. On longe une rivière bien connue aux allures ici de torrent sauvage: la Lonza. Pour arriver à un célèbre site de pèlerinage: la chapelle baroque «Mariä Heimsuchung» de Kühmatt, à 1633 mètres d’altitude, érigée vers le milieu du XVIIe siècle.

Après avoir dûment médité sur l’aspect fugitif des choses de ce monde, on serpentera en montée douce jusqu’à la Fafleralp, à 1800 mètres, et son hôtel du même nom, établissement ­centenaire et situé au milieu d’une forêt de ­mélèzes. Sur le livre d’or, ce commentaire objectif, écrit il y a quelques décennies, d’un touriste pas tout à fait comme les autres, Charlie Chaplin: «Rien n’est plus beau que la Fafleralp.» Et ce n’était pas une plaisanterie.

3. Au cœur de l’Aletsch Arena

De Fiesch, dans la vallée de Conches, atteignable en train depuis Brigue par le Matterhorn Gotthard Bahn, on emprunte le téléphérique qui grimpe à Fiescher­alp. D’où l’on partira vers l’ouest, à travers les alpages de Martisberg et de Laxeralp. En empruntant le «Herrenweg», on atteindra le restaurant Bättmer-Hitta, célèbre pour ses millefeuilles maison. Une brève montée vers Wurzenbord permet de découvrir des points de vue somptueux sur les Mischabels, le Cervin, le Weissmies ou le plateau d’Aletsch.

Le sentier redescend ensuite vers l’hôtel Aletsch. On suivra la route qui traverse le village de Bettmeralp, jusqu’à la station supérieure du téléphérique.On passe devant la chapelle «Maria zum Schnee» avant d’emprunter l’Aletsch-Promenade, qui conduit vers Riederalp, où un téléphérique vous ramènera à Mörel, sur la ligne du Matterhorn Gotthard Bahn. Avec au cœur la conviction, forgée après deux heures et demie de promenade facile dans un environnement féerique, sans voiture, qu’il n’y a pas que le ski dans la vie. 

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