15 février 2018

Et si on se faisait une toile ce week-end?

Brillamment porté par une Kate Winslet en grande forme, «Wonder Wheel», le nouveau film de Woody Allen, séduit mais ne convainc pas totalement.

Phénoménale, Kate Winslet incarne le rôle d'une femme désabusée dans le nouveau film de Woody Allen, «Wonder Wheel». (Photo Frenetic Films)
Phénoménale, Kate Winslet incarne le rôle d'une femme désabusée dans le nouveau film de Woody Allen, «Wonder Wheel». (Photo Frenetic Films)

Ne vous laissez pas abuser par les couleurs acidulées de Wonder Wheel, le nouveau long-métrage de Woody Allen! Plutôt qu’une bluette, c’est une tragédie au vitriol, teinté d’humour aigre-doux, que nous propose ici le réalisateur new-yorkais.

Coney Island, années 1950: alors que le parc d’attractions, sublimé par une lumière envoûtante, peine à retrouver sa gloire d’avant-guerre, Ginny (Kate Winslet), une actrice ratée, se morfond dans son rôle bien réel de serveuse et d’épouse désabusée. Elle tombe amoureuse d’un étudiant en dramaturgie (Justin Timberlake), maître nageur à ses heures et narrateur tragico-comique de l’histoire, et se prend à rêver d’un avenir meilleur à ses côtés. Mais l’arrivée de sa belle-fille Carolina (Juno Temple) ne risque-t-elle pas de contrecarrer ses projets? D’autant que cette dernière est poursuivie par son gangster de mari et ses sbires…

Ajoutez au tableau le mari de Ginny, un opérateur de manège alcoolique, grossier et parfois violent, et son fils Richie, un gamin pyromane qui ne manque jamais une occasion d’allumer un feu, même dans la salle d’attente de sa psy, et la galerie de personnages allenesque sera complète. Le tout servi par une bande originale au charme suranné dont le réalisateur new-yorkais a le secret.

Tous les ingrédients y sont. Et pourtant, même si Kate Winslet tire brillamment son épingle du jeu, interprétant à merveille le désespoir pernicieux d’une femme au bord de la crise de nerfs, et vaut à elle seule le déplacement, la mayonnaise ne prend pas complètement. Un petit air de déjà-vu, de convenu, d’attendu. A trop vouloir user des mêmes cartes (personnages névrosés à l’extrême, humour amer, images léchées), voilà quelques années que Woody Allen ne parvient plus vraiment à surprendre, qu’il opte pour la franche comédie – Magic in the Moonlight, charmant, mais vite oublié – ou pour la tragédie – Blue Jasmine, dont le principal intérêt était également le jeu de l’actrice principale, Cate Blanchett.

Mais peut-être notre jugement est-il aussi influencé, même inconsciemment, par les soupçons d’abus sexuels toujours plus insistants qui pèsent sur le réalisateur new-yorkais, rattrapé par la tourmente de l’affaire Weinstein…

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