3 mai 2018

Et si on se faisait une toile ce week-end?

Sur fond de musique sixties, «Comme des garçons» (Julien Hallard) revient sur le parcours du combattant de la première équipe de football féminin en France. Sympathique, mais maladroit.

Les personnages incarnés par Vanessa Guide et Max Boublil prennent malheureusement un peu trop de place dans cette comédie racontant les débuts du football féminin en France. (Photo Praesens Films)
En tête d’affiche de cette comédie footballistique, Vanessa Guide et Max Boublil, dans les rôles de la vedette de l’équipe et du journaliste sportif. (Photo Praesens Films)
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L’idée était loin d’être mauvaise: raconter les débuts, forcément chaotiques, du football féminin dans la France machiste de la fin des années 60. Jeter la lumière, en prenant quelques libertés, sur celles qu’on appelait les filles de Reims, cette équipe créée un peu par hasard, sur petite annonce, par un journaliste sportif. Revenir sur cette histoire méconnue de la lutte féministe, en y ajoutant une bonne dose d’humour et une touche de romantisme. Le tout sur fond de musique résolument sixties, avec bien sûr en vedette la voix de Sylvie Vartan chantant Comme un garçon, mélodieux écho au titre du film.

Seulement voilà, là où certains, sur une idée similaire, ont frappé dans le mille - impossible de ne pas songer au récent Ordre divin, de l’Alémanique Petra Volpe, revenant intelligemment sur l’acquisition du droit de vote des Suissesses - Comme des garçons brille plutôt… par sa maladresse. Tombant parfois (volontairement?) dans la caricature, notamment avec le personnage du journaliste et séducteur invétéré Paul Coutard, campé par un Max Boublil au brushing ridicule et aux mimiques agaçantes, alors qu’il y aurait eu tant à dire sur les femmes héroïques qui composaient cette équipe atypique: ces rôles ne sont pourtant qu’esquissés, non sans talent, mais on reste sur sa faim et les choix du réalisateur Julien Hallard, dont il s’agit du premier long-métrage, nous paraissent d’autant plus hasardeux. On se lasse rapidement, sans y croire vraiment, de l’histoire d’amour qui se noue entre Paul Coutard et la star de l’équipe Emmanuelle Bruno (Vanessa Guide), sempiternelle incarnation du petit canard se révélant soudain cygne.

Malgré ses défauts (ou peut-être à cause d’eux), Comme des garçons n’en conserve pas moins un petit côté sympathique et attachant et parvient même à arracher quelques rires. On notera également dans le casting la présence toujours bienvenue et rafraîchissante de l’ancien Deschiens Bruno Lochet.

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