1 mars 2018

Et si on se faisait une toile ce week-end?

Avec «Phantom Thread», Paul Thomas Anderson livre une histoire d’amour sombre et dérangeante entre un couturier et sa muse, dans le Londres de 1950.

Vieillissant mais toujours séduisant, Daniel Day-Lewis joue le rôle d'un couturier tyrannique aux côtés de la jeune actrice luxembourgeoise Vicky Krieps. (Photo: Laurie Sparham/Focus Features)
Vieillissant mais toujours séduisant, Daniel Day-Lewis joue le rôle d'un couturier tyrannique aux côtés de la jeune actrice luxembourgeoise Vicky Krieps. (Photo: Laurie Sparham/Focus Features)

Grand couturier maniaque et tyrannique cherche muse discrète et soumise. Voilà, en substance, ce que raconte Phantom Thread, le nouveau film de Paul Thomas Anderson (There Will Be Blood, Magnolia). Précisons illico que le couturier en question évolue dans l’univers de la mode londonienne de 1950 et que la muse se rebiffe sans tarder.

Vieux garçon pétri d’habitudes (un bruit insolite au petit-déjeuner suffit à lui gâcher sa journée), Reynolds Woodcock n’accorde que peu de place aux rares femmes de sa vie. Seule sa sœur, fidèle alliée qui gère d’une main de maître leur maison de couture renommée, obtient quelque grâce à ses yeux. Mais sa rencontre avec la jeune Alma, serveuse de son état, va bouleverser son existence bien rangée. Passionnelle, leur relation devient rapidement malsaine et perverse lorsque la belle ingénue s’avère moins candide que prévu, refusant de faire tapisserie et ne reculant devant rien pour arriver à ses fins.

En résulte une histoire d’amour sombre, déroutante, superbement servie par un Daniel Day-Lewis vieillissant mais toujours aussi séduisant (avis aux fans: il s’agirait de son dernier film) et par une comédienne luxembourgeoise méconnue, Vicky Krieps, dont on attend avec impatience le retour à l’écran.

Explorant les méandres du rapport dominant-dominé qui unit les amants maudits, sans jamais les confiner dans un rôle précis, Paul Thomas Anderson livre un film nuancé, complexe, élégant (on admire particulièrement l’esthétique léchée de l’Angleterre de l’après-guerre)… et profondément dérangeant, que l’on observe plutôt en spectateur curieux, distant, sans jamais vraiment s’impliquer émotionnellement pour l’un ou l’autre des protagonistes.

Dernière chronique cinéma: Wonder Wheel

Dernière chronique séries tv: The Good Place

Benutzer-Kommentare

Articles liés

Et si on se faisait une toile ce week-end?

On retrouve dans «Isle of Dogs» les couleurs acidulées et l’esthétisme léché propres au cinéma de Wes Anderson. (Photo 2018 Twentieth Century Fox Film Corporation)

Et si on se faisait une toile ce week-end?

À 14 ans, Aïcha tombe éperdument amoureuse de Baz, un musicien bien plus âgé qu’elle. Une passion qui pourrait bien avoir de lourdes conséquences... (Photo Filmcoopi Zurich)

Et si on se faisait une toile ce week-end?

Navigateur amateur, l'Anglais Donald Crowhurst (Colin Firth) décide de se lancer dans une course à la voile autour du monde en solitaire, organisée par le «Sunday Times». (Photo: Studiocanal)

Et si on se faisait une toile ce week-end?