8 mars 2018

Et si on se faisait une toile ce week-end?

Basé sur une histoire vraie, «The Mercy» (James Marsh) raconte le douloureux périple en mer d’un navigateur anglais dans les années 60. Poignant.

Navigateur amateur, l'Anglais Donald Crowhurst (Colin Firth) décide de se lancer dans une course à la voile autour du monde en solitaire, organisée par le «Sunday Times». (Photo: Studiocanal)
Navigateur amateur, l'Anglais Donald Crowhurst (Colin Firth) décide de se lancer dans une course à la voile autour du monde en solitaire, organisée par le «Sunday Times». À ses risques et périls. (Photo: Studiocanal)

Donald Crowhurst est un doux rêveur. Navigateur amateur (oserons-nous dire: du dimanche?), il décide de participer à la Golden Globe, une course à la voile autour du monde en solitaire, sans escales, lancée par le Sunday Times. C’est qu’en 1968, l’année durant laquelle se déroule cette histoire inspirée de faits réels, l’exploit n’a encore jamais été accompli. Bien décidé à montrer qu’une farouche détermination et un idéalisme sans faille peuvent parfois surpasser l’expérience de marins chevronnés, ce père de trois enfants met en jeu toutes ses économies pour poursuivre sa chimère.

Rapidement toutefois, la réalité le rattrape et le trimaran qu’il a lui-même construit subit avarie sur avarie. Mal préparé, il réalise qu’il ne survivra probablement pas aux vents dévastateurs des quarantièmes rugissants et se retrouve face à un dilemme: abandonner la course et mettre ainsi sa famille sur la paille ou poursuivre une aventure dont l’issue s’avérerait très certainement fatale. Acculé, il opte pour une troisième solution: s’inventer un parcours idéal en mentant sur sa position, faire croire à une progression fulgurante dans les océans, alors qu’en vérité, il erre dans l'Atlantique. Relayés par son attaché de presse avide de scoops, ses prétendus exploits défraient bientôt la chronique, d’autant que ses concurrents abandonnent la course chacun à leur tour…

The Mercy – dont le titre a été traduit en français par un hasardeux Le jour de mon retour – raconte donc l’histoire d’une supercherie, sans pour autant que l’on arrive à en blâmer complètement l’auteur. Rattrapé par ses affabulations, écrasé par la culpabilité et par la pesante solitude du marin en pleine mer, brisé autant que l’est son rêve, le personnage de Donald Crowhurst (interprété par un Colin Firth tout en sobriété) émeut, bouleverse et nous renvoie à nos propres faiblesses: à sa place, aurions-nous vraiment agi autrement? Le réalisateur James Marsh, à qui l’on doit notamment Une merveilleuse histoire du temps (le biopic sur Stephen Hawking) signe ici un film prenant, poignant, sur les errances humaines et le droit au pardon.

Affiche du film The mercy

Dernière chronique cinéma: Phantom Thread

Dernière chronique séries tv: The Good Place

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