17 juillet 2018

Fanny Clavien, artisane de son corps

L’ancienne championne de karaté s’est mise au bodybuilding et a remporté une première compétition. Récit d’une métamorphose dans la douleur.

Fanny Clavien lors d'une compétion de bodybuilding
Fanny Clavien lors d'une compétion de bodybuilding. (Photo: DR) )
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«On s’imagine à tort le bodybuilding pratiqué par des gens stupides et dopés.» Fanny Clavien, l’ex­championne sédunoise de karaté, vient de remporter en Italie sa première compétition de bodybuilding.

Après deux ans de préparation incluant une diète sévère pour assécher son corps. «Les derniers jours ont été les plus durs.

On a droit à plus rien, deux décis de liquide pour prendre des vitamines et quelques galettes de riz pour encore tirer l’eau qui reste.

Fanny Clavien

Elle n’a pourtant jamais renoncé. Elle aime citer un proverbe en vogue dans les salles de fitness: «Les excuses ne font pas les résultats.» Elle avoue avoir toujours été impressionnée par cette discipline: «Le bodybuilding, c’est l’artisanat du corps.

C’est un sport où l’on ne peut pas se reposer sur la ruse ou la tactique.

Fanny Clavien

Elle a eu droit à quelques remarques, du genre: «Une femme musclée, c’est moche.» Pas de quoi l’ébranler. La jeune femme de 31 ans explique ne s’être «jamais sentie aussi belle et féminine, jamais aussi heureuse et bien dans son corps» que maintenant. Pour elle, c’est bien simple, «la perfection physique», ça n’existe pas: «Il n’y a jamais de femme trop maigre, trop grosse, trop grande ou trop petite.

Toute femme est féminine du moment qu’elle est épanouie dans le corps qu’elle a.

Fanny Clavien

Une journée avec Fanny Clavien

Fanny Clavien en mode mulitâches (photo: Isabelle Favre).

6 h 00: pédalage matinal
«Je fais 45 minutes de cardio chaque matin, c’est un bon moyen de lancer la journée, ça réveille vraiment. Je profite d’être sur le vélo pour envoyer des messages, publier sur les réseaux sociaux. J’explique ce que je fais et je réponds à beaucoup de questions.»

9 h 00: en interview avec «Le Nouvelliste»!
«Au karaté, j’ai quasiment tout gagné, mais je n’ai jamais eu autant de retour des médias et des gens que maintenant. Peut-être parce que chacun, à un moment donné, a essayé de perdre du poids, de faire un régime, d’aller au fitness pour pouvoir entrer dans son maillot de bain. Du coup, il y a plus de compréhension.»

Fanny Clavien fait ses achats selon un régime très strict (photo: Isabelle Favre).

10 h 00: les courses à Migros
«Riz, légumes verts, poisson, poulet: dans le bodybuilding, la réussite des objectifs passe vraiment par l’alimentation. Je cuisine à l’arrache, j’ai pas les codes, c’est pas grave!»

11 h 00: en cuisine
«Plus on avance dans la diète, plus on est obsédé par les repas. Une fois qu’on en a fini un, on pense déjà au prochain. J’évite le sel, qui provoque de la rétention d’eau, et le poivre, qui donne soif. Franchement, cela permet de redécouvrir des goûts.»

Fanny Clavien en train de prendre son repas de midi avec sa maman (photo: Isabelle Favre).

12 h 00: à table avec maman
«Mes parents ont toujours été très sportifs. Papa a été champion de trial et maman, eh bien, c’est un avion de chasse. J’ai toujours baigné dans le sport. Après, chacun choisit sa voie…»

Comme tout sport, le bodybuilding demande une grande discipline (photo: Isabelle Favre).

14 h 00: en salle de fitness
««Le bodybuilding est un sport qui demande beaucoup de rigueur, de courage et aussi de régularité. Il n’y a pas un moment où l’on peut se dire: ‹Je vais prévoir de passer une semaine tranquille.› Car une semaine tranquille, c’est une semaine de perdue, c’est un muscle qui ne va pas se dessiner, un muscle qui ne va pas assez gonfler et un autre qui ne va pas perdre assez d’eau.»

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