6 octobre 2017

Le fantasme du viol… Mais d’où vient cette folle idée?

Les jeux de domination et de soumission se classent en bonne position parmi les fantasmes les plus courants chez les femmes. Explications sur ces désirs pas comme les autres...

Le fantasme du viol… Mais d’où vient cette folle idée?
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-Vas-y prends moi violement sur la table? Déshabille-moi sauvagement dans une ruelle sombre?

-Euh oui. Oui… Mais là on vient de commander le dessert.

-Raa…Tu gâches tout!

Et voilà un grand classique des fantasmes féminins: la simulation du viol. Un fantasme carrément tabou ou presque, dont la confidence vous «moîtise» davantage les mains d’angoisse qu’elle ne vous fait mouiller votre petite culotte. Bref, rien de plus honteux, pense-t-on, que de fantasmer de se faire «violer». Notez, qu’on n’aura jamais assez de guillemets pour prendre ce mot avec des pincettes et pour cause. Il existe des mal avisés qui voudraient croire qu’une nana qui imagine de se faire violemment désaper, est une personne qui rêve de se faire violer en acte, sans pincette, ni guillemets.

Que nenni!

Le viol est ici «viol érotique», jeu de rôle où la femme à les pleins pouvoir sur son petit film intérieur. Il n’est en aucun cas un aveu que l’on peut instrumentaliser pour violer. D’ailleurs ce n’est pas parce que vous imaginez écrabouiller la figure de votre patron – ce tyran! – que vous passez à l’acte. Ceci étant dit, il est donc grand temps de dédramatiser ce fantasme qui se classe en bonne position des plus courants chez la gente féminine. Eh oui! Allez, avouez! Vous avez au moins une fois fantasmé qu’on vous mette une petite fessée ou qu’on vous arrache vos vêtements, nan?

Mais alors d’où vient au juste ce fantasme?

Comme souvent, il faut creuser du côté de l’enfance et plus exactement des références qui nous ont permis de construire notre vision du lien homme/femme… Et là, bingo! Vous trouverez le conte de fée. Ces histoires qui ont bercées notre inconscient et où la princesse y est presque toujours montrée dans une position passive face au prince. La Belle au bois dormant se fait embrasser sans qu’on lui demande son avis ou encore la Belle, prisonnière, qui tombe amoureuse de son geôlier, la Bête. Bref, dans un conte de fée et d’amour, la femme y est souvent présentée comme une victime innocente. Et lorsqu’on transpose ça au désir, ça donne alors un rapport de type dominant-dominé, où la femme peine à se projeter dans une sexualité plus active.

Mais le fantasme du viol n’est pas aussi répandu que pour ces raisons.

Il permet aussi à la femme de se libérer d’un désir jugé comme coupable.

Parce que dans nos sociétés où c’est davantage l’image de la sainte qui reste valorisée, assumer son attirance sexuelle peut se révéler difficile. Un bon moyen de s’affranchir de sa culpabilité est donc de se mettre en scène mentalement comme une victime d’un acte sexuel forcé. Résultat: la femme éprouve de la jouissance mais c’est contre sa volonté. Et voilà qu'elle se débarrasse de la responsabilité du désir, en la laissant à l'homme.

Des explications existent donc sur ce fantasme pas comme les autres. Libre à chacun de continuer d’utiliser ce rêve comme d’un détonateur orgasmique pour se masturber ou dans le cadre d’un jeu de rôle. Certaines en auront besoin intensément à une certaine période de leur vie, d’autre toujours. Qu’importe tant qu’elles trouvent leur chemin vers le plaisir. La sexualité est assez compliquée comme ça, pour qu’on s’autorise des rêveries finalement assez inoffensives. C’est hard? Et alors? Tant qu’il n’y a pas de passage à l’acte, on peut se permettre tous les fantasmes. Ils sont une source intérieure d’excitation nécessaire à une libre sexualité.

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