7 novembre 2018

«Je peux vivre de ma musique»

Grand gagnant de la Demotape Clinic en 2015, le concours de la relève pop suisse organisé par le Pour-cent culturel Migros, FlexFab vole depuis de succès en succès et vient de sortir son 3e album.

FlexFab
L’univers visuel de FlexFab joue sur le thème des drapés, chers à sa grand-mère, la tisserande Jeanne-Odette. Les symboles imprimés ont été dessinés par son grand-père, le peintre et sculpteur Claudévard (photo: Benoît Jeannet).
Temps de lecture 4 minutes

FlexFab, vous avez remporté il y a trois ans le Demo of the Year lors de la Demotape Clinic, toutes catégories confondues. Avec le recul, quelle a été l’influence de ce prix sur votre parcours?

Cette récompense est venue alors que je venais de terminer mon premier projet. Même si je n’avais aucune attente, cette reconnaissance m’a motivé pour aller plus loin et pour continuer à défendre ma musique. Cela dit, pour moi, les prix viennent en plus, comme un cadeau, et il m’est important de poursuivre ma propre route ainsi que de garder les pieds sur terre.

Y a-t-il eu un avant et un après la Demotape Clinic?

Au niveau de la visibilité, la Demotape Clinic, est importante. J’ai pu passer à la radio en Suisse alémanique, ce qui n’est jamais évident pour un Romand. Depuis cette date, votre carrière a pris son envol… Oui, j’ai l’impression que le rêve que j’avais dans un coin de ma tête est en train de se réaliser. Aujourd’hui, je voyage au Japon, en Chine, en Corée ou en Amérique du Sud pour jouer ma musique. Je ne pouvais espérer mieux. Et sur internet, le succès est aussi au rendez-vous. Il a été lancé sur Youtube par une chaîne américaine qui a beaucoup d’abonnés. Cela lui a donné une bonne base de départ. Cela n’explique toutefois pas complètement ce succès. Chaque jour, 10 000 personnes de plus écoutent ce titre; les internautes viennent des quatre coins de la planète. Franchement, il est difficile d’expliquer ce phénomène.

Pouvez-vous maintenant vivre de votre musique?

Oui, j’ai la chance de pouvoir vivre de ma musique. Je multiplie les projets, que ça soit les tournées, sortie d’album, projets spéciaux, etc. Je viens par exemple de refaire tout l’habillage sonore de Couleur 3.

Et vous avez même fait une incursion dans la musique classique.

Oui, avec l’Ensemble symphonique neuchâtelois, le compositeur Jonathan March et moi-même nous avons proposé l’an dernier une soirée pour clasher les genres, une chose que j’aime vraiment faire. La première partie s’est déroulée au Temple du Bas, la salle pour les concerts classiques, et la suite à la Case à chocs, le haut lieu de la scène alternative à Neuchâtel. Le public a dû mettre ses préjugés de côté et, au final, ce fut un beau succès.

Vous composez en Suisse, un pays réputé calme, voire ennuyeux. N’est-ce pas plus difficile de trouver l’inspiration ici?

C’est vrai que la Suisse, ce n’est pas Londres ou Berlin, et la culture électro n’est pas hyper-marquée.

Mais ici, comme nous ne sommes pas au milieu d’un mouvement propre à une ville, il n’y a pas d’interférences.

FlexFab

Du coup, il existe encore une grande zone de liberté. Cela m’a beaucoup aidé pour trouver mon identité sonore.

À votre univers sonore s’ajoute un univers visuel et scénique…

Pour beaucoup, la musique électro se résume à un DJ derrière deux platines. Je veux offrir quelque chose en plus. C'est pourquoi je travaille beaucoup le visuel des clips ou les performances sur scène. Pour cela, je travaille beaucoup avec des drapés.

Pourquoi les drapés?

Je ne sais pas vraiment, mais peut-être que ma grand-mère, l’artiste Jeanne-Odette, qui était tisserande m’a influencé. Quand j’étais petit, j’aimais aller dans son atelier où il y avait toujours beaucoup de tissus. Avec lesquels vous vous cachez souvent le visage… Oui c’est vrai. Les personnages dont on cache le visage sont aptes à se transformer. Ils peuvent devenir une autre identité et cela ouvre des possibilités d’interprétation, ce que j’aime beaucoup. Je ne veux pas expliquer au public ce que doit être ma musique. C’est à lui de décider ce qu’il veut comprendre.

Benutzer-Kommentare

Articles liés

Mélanie René

Le temps de danser pour Mélanie René

Fabio Benoît en train de lire allongé sur son canapé.

Un flic inspiré

Patrice Michaud

Un rassembleur de c(h)œur

Julie et Camille Berthollet

Deux sœurs au diapason