2 février 2018

Francine Humbert-Droz: tout pour la musique

L’archetière Francine Humbert-Droz fait naître du palissandre, du pernambouc et du snakewood des pièces uniques et sur mesure.

Francine Humbert-Droz
Francine Humbert-Droz répare les archets abîmés, et crée aussi de nouvelles pièces
Temps de lecture 3 minutes

Violoniste depuis son enfance, la Chaux-de-Fonnière Francine Humbert-Droz est aussi archetière. Un métier qui exige à la fois précision et passion de la musique, et lui permet non seulement de réparer les archets abîmés, mais aussi de créer de nouvelles pièces selon l’époque exigée: classique, moderne ou baroque. «Chaque bois possède des propriétés propres: le pernambouc peut être très élastique. Il est destiné aux archets modernes. Le snake-wood, lui, est plus rigide et parfait pour les archets baroques. Quant au palissandre, il se situe un peu entre les deux et je l’utilise pour les archets classiques», explique l’artisane.

Dans son petit atelier lausannois, elle travaille sur commande, et crée des pièces uniques. «Chacune me prend environ une semaine», dévoile-t-elle. C’est que la naissance de l’archet parfait demande beaucoup de délicatesse: «La cambrure de la baguette est une étape importante, car il n’y a pas de bon archet sans cambrure adéquate. Ce dernier doit ainsi présenter une bonne tenue et le pouvoir de rebondir sur la corde, de la stabilité au niveau du son et une maniabilité fondamentale.»

Le moment suprême, c’est lorsqu’elle saisit son violon pour vérifier que sa création répond à tous ces critères: «C’est une impression extraordinaire! La musique me met du baume à l’âme. Je ne sais pas ce que je ferais sans elle dans les moments difficiles.»

Une journée avec Francine Humbert-Droz

8h00 Du bois de qualité«J’ai acheté des stocks de bois au kilo chez un grossiste, dans lesquels je vais piocher selon l’époque de l’archet que je dois créer. Comme ce sont des bois tropicaux, ils présentent des fissures lorsqu’ils arrivent chez nous. C’est ce qui fait la différence dans un archet artisanal: on prend la toute première qualité de bois.»

10h00 Un atelier bien équipé«Des différentes rabots à mon bloc à cambrer en passant par le tour, les limes et le peigne pour lisser les crins: chaque outil de mon atelier est absolument essentiel à la création d’un archet.»

11h00 Spécificité«Les crins de mes archets viennent du Canada ou de Mongolie, c’est là-bas qu’ils ont la meilleure technique pour les traiter. Quant à la hausse, qui assurera la tension de ces derniers en coulissant, et le bouton, qui permet d’en régler la tension, ils sont fabriqués en ivoire de mammouth, en ébène ou en argent.»

Une rencontre marquante«Ma rencontre avec Petra Müllejaus, violoniste et fondatrice du Freiburger Barokenensemble, a marqué un tournant dans ma vie. J’ai créé des archets pour ses musiciens. J’apprécie beaucoup leur musique, que j’écoute régulièrement.»

(Photo: iStock)

14h00 Magnifique découverte«En février 2017, je suis partie à Cuba dans le cadre de l’ONG Luthiers sans frontières. Le pays possède en effet d‘excellents musiciens, formés avec des professeurs russes, mais qui n’ont pas les moyens de s’offrir du matériel de qualité. Je suis donc allée faire des réparations, et ai découvert un pays magnifique et des gens extrêmement créatifs.»

16h00 Un test essentiel«L’essai de l’archet à la fin est extrêmement important. Comme je suis aussi violoniste, j’entends immédiatement s’il y a un problème et j’effectue alors de nouveaux réglages en conséquence, jusqu’à ce que le son rendu soit parfaitement juste.»

18h00 Tout nouveau répertoire«Il y a six mois, j’ai commencé des cours de violon jazz à l’École de jazz et de musique actuelle, à Lausanne. Les répertoires baroque et classique me sont familiers, mais là, c’est un tout nouveau répertoire qui me permet d’apprendre à faire de l’impro, c’est passionnant!»

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