22 juin 2017

Coquillages et plus qu’assez

Ibiza? Bof, c’est le tout-Paris en rythme dans des concours de beats. Les Pouilles, sinon? La Thaïlande? Majorque? Le Club Med? Moutier? Il va bien falloir décider, réserver, décoller, bronzer, consommer, découcher, dégueuler, déprimer et recommencer à l’aube.

Fred Valet
Fred Valet, journaliste, auteur et chroniqueur.

C’est l’été, mon pote. Oui, je sais, c’est pas ta tasse de thé, mais tu devras la boire. Haïr l’été, ça jette un froid. Tyrannie caniculaire. Mais dis-toi que, quand ça tape, c’est juste un coup à prendre. Coup de soleil, coup de cœur, coup d’un soir, coup de pompe, coup dans l’eau et dans le nez. Dans le désordre si on a de la chance.

Je gonflerai le torse, toi la bouée. Ou l’inverse.

Je veux du dépaysement «all inclusive», de la misère dans de la glace pilée, des filles et des selfies.

Les vacances, au fond, c’est partir loin pour revenir prêt. Il suffit de changer de latitudes pour changer d’attitude. Je veux décompresser, tu comprends? Et fais-moi confiance, tu trouveras l’amour. Sous un palmier, sur un chéquier ou dans un verre à pied. Ignore ton agenda, mais prévois une capote.

Moi? Je ferai des châteaux de sable. Je te laisse la pelle, je prends le râteau. La chaleur étouffe les soupirs.

Et puis, il est temps de prendre la moiteur au premier degré, non? On raconte même que sur une plage, on troque très vite ses principes contre des devises. Qu’on s’endort sur une plage pour se réveiller dans une citation de Paulo Coelho.

Allez mon pote, partons. Une valise. Deux semaines. Quatre étoiles. A nous l’aventure. Je veux ignorer les formulaires et les orages dans l’air. Je veux ignorer le linge dans la machine et les morts dans les attentats. Je veux ignorer la réalité, le quotidien, les comptes dans le rouge et le mauvais blanc. Je veux surtout oublier que pour toi et moi ce sera très vite surmenage et crustacé, coquillages et plus qu’assez.

Pendant les vacances, nos gamins ne restent jamais très longtemps près de la mère.

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