14 avril 2014

Galipettes: l’éloge de la lenteur

Au lit, les adeptes du slow sex préfèrent la posture de la tortue à celle du lièvre. Selon eux, rien ne sert de courir après l’orgasme, il faut prendre son temps et faire durer le plaisir.

Un escargot sur un autre
«Comme on a moins d’attente, moins de pression, on se met naturellement à faire l’amour plus souvent.» (Photo: Prisma)

Après le slow food, voici le slow sex! Les adeptes de cette pratique prônent la décélération érotique et conseillent, par conséquent, de ralentir la cadence de nos ébats amoureux. C’est ce que fait, depuis maintenant sept ans et avec satisfaction, un couple du canton de Vaud qui désire garder l’anonymat. Appelons ces amants et conjoints épanouis Roméo et Juliette!

«Le slow sex va à l’encontre du discours ambiant genre «Jouissez à tous les coups!» ou «Réalisez vos fantasmes!» On n’est pas dans le faire, mais bien dans l’être», explique Monsieur. «L’idée, c’est d’aller vers le plus simple, vers le moins plutôt que vers le plus», précise Madame. Au lit, cela ressemble ainsi davantage à une communion des corps qu’à une partie de jambes en l’air.

Stop à la course à l'orgasme

En fait, les aficionados de cette discipline s’inspirant un poil du tantrisme ne réduisent pas les rapports sexuels à des courses effrénées à l’orgasme, à des séances express qui vous font grimper aux rideaux en un quart d’heure, douche comprise! Selon ces derniers, la zone tempérée précédant la montée du désir et l’arrivée au 7e ciel est une source de plaisir par trop négligée et donc à explorer, à prolonger aussi longtemps qu’on le souhaite.

Ni règles ni techniques pour parvenir à cet éveil des sens, juste quelques conseils basiques: détendez-vous en respirant profondément; focalisez vos pensées sur vous et vos organes génitaux avant d’étreindre votre partenaire; bougez au ralenti; faites des pauses pour mieux ressentir ce qui se passe ou calmer une élévation de votre niveau d’excitation; communiquez vos sensations qu’elles soient positives ou non… Nos interlocuteurs résument:

Il n’y a pas d’autres buts que d’être dans l’ici et maintenant, et d’apprécier l’instant présent.

De longues séances câlines et coquines

Cette slow attitude nécessite évidemment d’avoir du temps devant soi. Idéalement, une plage de trois heures environ (que ces messieurs se rassurent, ils n’auront pas à garantir une érection tout au long de l’exercice!). «Un massage mutuel des pieds pendant une vingtaine de minutes, c’est déjà du slow sex», notent Roméo et Juliette. Le mieux, d’après eux, c’est encore de caler des rendez-vous câlins et coquins dans nos agendas de ministre. «Et de s’y tenir!» insistent-ils.

Ensuite, il s’agit de pratiquer, pratiquer et… pratiquer! Au minimum, trois à quatre fois par semaine et pas seulement le samedi soir, jour officiel des galipettes. Evidemment, le mieux serait encore de se livrer à cette version indolente du Kamasutra chaque jour que Dieu fait!

Comme on a moins d’attente, on a également moins de pression et on se met naturellement à faire l’amour plus souvent.

Oui, mais ça sert à quoi tout ça s’il n’y a plus forcément d’orgasme à la fin!? «Quand les couples abordent la relation sexuelle d’une manière plus tranquille, en savourant et en dégustant chaque moment lentement, en conscience, ils développent plus de sensibilité, plus de sensualité et éprouvent plus de satisfaction», écrit Diana Richardson dans Slow Sex . «Ça a des effets sur nos relations sexuelles et aussi sur notre vie de tous les jours, ajoute Roméo. Ça apporte de l’apaisement et de la douceur, et il y a plus de tendresse et de complicité entre nous.»

Des effets durant plusieurs jours

Et l’extase promise par l’auteure précitée? «Notre expérience n’est pas si extatique que cela, au sens du formidable s’entend, répond sans détour Juliette. Peut-être que cela se produira… Mais là n’est pas l’essentiel! Ce qui est précieux, c’est l’intimité qui découle de ce processus, c’est cette joie qui descend sur nous et nous habite plusieurs jours durant.»

Comme le dit Carl Honoré, l’auteur du best-seller Eloge de la lenteur, (disponible sur exlibris.ch) le temps est peut-être venu «de libérer notre tortue intérieure dans notre chambre à coucher!»

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