31 juillet 2019

Trop belles pour la poubelle

Que se passe-t-il si une banane ou une poitrine de poulet n’est pas vendue dans les délais prévus? Une visite après la fermeture d’un supermarché à Saint-Gall le montre: les collaborateurs font tout pour éviter le gaspillage alimentaire.

Leur peau est mouchetée mais leur chair est impeccable: ces bananes seront offertes à Table suisse.
Leur peau est mouchetée mais leur chair est impeccable: ces bananes seront offertes à Table suisse.

18 h: peu avant la fermeture

Rien ne laisse penser que dans une heure le rideau métallique fermera les entrées du magasin Migros de Neumarkt à Saint-Gall. Les clients affluent dans le vaste supermarché situé près de la gare: sur une superficie équivalente à un terrain de football, ils peuvent faire leur choix parmi 60 000 produits, qui vont du chou-fleur aux bâtonnets de glace, en passant par le pain complet et le saumon sauvage mariné.

Toutefois, le compte à rebours est déjà lancé pour le responsable du magasin, Daniel Mattmann, et son équipe de plus de cent personnes. En effet, presque tous les aliments, mis à part de rares exceptions comme le sel, ont une date limite de vente et de péremption. Certains produits atteignent aujourd’hui la date limite de vente, mais ils trouveront peut-être un acheteur avant la fermeture du magasin. Si ce n’est pas le cas, il faudra utiliser ces ­articles de façon intelligente. «Au final, nous jetons moins de 1% de tous les aliments, explique Daniel Mattmann. Ce pourcentage est nettement inférieur à celui de la plupart des ménages. Le plus important est d’estimer correctement les quantités nécessaires et d’adapter les commandes en fonction.»

18h20: des prix à la baisse

Ngawang Dorjee Gyanaktsang, l’un des employés du magasin, fait le tour du rayon fruits. À l’aide d’un petit appareil, il imprime de nouvelles étiquettes de prix et les colle sur les emballages. De couleur orange, elles sont bien visibles. Les fraises sont désormais proposées à moitié prix. «En cas d’offre excédentaire, nous baissons le prix des aliments concernés à l’approche de la fermeture du magasin», explique le collaborateur. C’est une façon efficace pour éviter de gaspiller des produits parfaitement comestibles. Les clients soucieux des prix les choisissent davantage et les rayons se vident.

18h30: le tri des denrées

Une autre collaboratrice trie quant à elle les bananes et les place avec précaution sur une caisse à roulettes. Les peaux sont mouchetées de noir, mais la chair mûre et sucrée peut encore être consommée sans aucun problème. Les spécimens sont stockés pour la nuit dans une chambre froide, avec d’autres fruits et légumes, qui ont des défauts extérieurs et ne conviennent plus aux exigences des clients. Le lendemain matin, une camionnette de Table suisse viendra les chercher. Cette organisation caritative récupère les aliments excédentaires dans douze régions suisses, pour les utiliser par exemple pour des soupes populaires.

19h: on ferme

Derrière le comptoir d’informations à la clientèle, Radmila Pajic se penche vers le microphone. Elle annonce que le magasin ferme ses portes et souhaite à tous une bonne soirée. Elle remercie aussi les clients pour leurs achats. Ceux-ci se dirigent alors vers les caisses.

19h05: ronde et nettoyage

L’agent de sécurité Wasis Azizi fait une dernière ronde dans le supermarché. Il vérifie qu’aucun client n’est resté dans l’un des rayons. Les caissières prennent leurs cassettes et les apportent dans une salle fermée par de lourdes portes blindées. Dix collaborateurs du supermarché sont encore dans le magasin. Au rayon poissonnerie, ils nettoient les présentoirs désormais vides, dégivrent la glace du grand comptoir et désinfectent les vitrines du rayon boucherie.

19h15: direction l'outlet

À la boulangerie, équipée de gants, Sabrina Knechtle rassemble les pains de Saint-Gall élaborés sur place. Ils seront vendus le lendemain à prix réduit dans un outlet de Gossau (SG), qui se trouve à proximité de la centrale d’exploitation de la coopérative Migros Suisse orientale.

19h20: bon pour les animaux

Sabrina Knechtle remplit un container de petits pains. Ces aliments sèchent vite, mais ils peuvent être utilisés pour nourrir les animaux le lendemain. Leo Wick, paysan à Mörschwil (SG), viendra les chercher avant de les moudre pour les donner à ses vaches.

19h30: un bilan positif

Les derniers collaborateurs rentrent chez eux. Daniel Mattmann quitte le bâtiment par une sortie latérale. Satisfait, il tire le bilan: «Aujourd’hui, plusieurs camions de Migros nous ont apporté des produits. Nous avons reçu 120 palettes d’aliments frais. La journée est finie et nous n’avons presque rien jeté.»

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