20 février 2018

Sans s'appeler forcément Cristiano Ronaldo

Galvanisé par les feux de la rampe, le footballeur, personnage plus imaginatif qu’on croit, peut se muer en tout autre chose qu’un simple pousse-ballon. Souvent hélas pour le pire.

Petit debriefing à la  mi-temps  entre Pep Guardiola, le boss de Manchester City, et son homologue de Wigan,  Paul Cook
Petit débriefing à la mi-temps entre Pep Guardiola, le boss de Manchester City, et son homologue de Wigan, Paul Cook. (Capture d'écran BBC)

Courir, tacler, passer, dribbler, centrer, marquer. Avec les pieds, la tête, les genoux, les talons, les fesses, le dos, la poitrine, les mains – à condition qu’elles soient de Dieu: on peut faire des tas de choses sur un terrain de foot. Et même plus encore, comme ces exemples tout frais, tout chauds sont venus le rappeler.

1) Réclamer une augmentation: tu es l’un des meilleurs joueurs du monde et donc l’un des mieux payés. Ton président rechigne cependant à t’accorder les millions supplémentaires que tu réclames pour la prolongation de ton contrat. Tu disputes un huitième de finale de Ligue des champions contre le PSG, tu marques deux buts. Tu célèbres le deuxième devant la tribune présidentielle avec un petit frottement des doigts sans équivoque: le fric et que ça saute. Tu t’appelles Cristiano Ronaldo.

2) Assommer un innocent: une fois de plus ton Olympique lyonnais se fait rejoindre sur le fil après avoir mené de deux buts, cette fois contre Lille. La rage te prend, tu shootes comme un sourd dans un ballon qui traîne et s’en vient frapper un malheureux stadier au bord du terrain. A la fin du match, la tête refroidie, tu vas t’excuser auprès de ta victime et tu lui offres ton maillot. Tu es le joueur qui doit détenir la plus grosse proportion de voyelles dans son nom de famille. Tu t’appelles Houssem Aouar

3) Débriefer avec les supporters: déjà à la mi-temps ton entraîneur Pep Guardiola l’avait mauvaise, s’était pris de bec avec l’entraîneur de Wigan, un certain Paul Cook, après l’expulsion du citizen Delph. Wigan, équipe de troisième division qui élimine de la Coupe d’Angleterre (1-0) ton intouchable Manchester City, dont tu es le pistolero attitré, forcément ça énerve. Alors que les supporters de Wigan, ivres entre autres de bonheur, envahissent le terrain, tu t’embrouilles avec l’un d'eux et lui envoies un coup de poing. Tu t’appelles Sergio Kun (et désormais Cogne) Agüero.

4) Répandre la peste rouge: lors du traditionnel derby brésilien entre Bahia et Vitoria, un classico surnommé Ba-Vi, tu égalises pour Bahia sur penalty. Tu ne te tiens plus de joie et crois finaud d’adresser aux supporters adverses un geste vulgaire. Ce qui rend furieux le gardien de Vitoria. S’ensuit une bagarre générale aussi enchevêtrée que ton patronyme, et assortie de dix cartons rouges. Tu t’appelles Vinícius Goes Barbosa de Souza, ce qui fait beaucoup pour un seul homme.

5) Etre la marionnette du destin: une attaque de la Genoa se dessine mollement sur le côté gauche, un centre arrive dans la surface de réparation. Pas de danger, vous êtes trois défenseurs de l’Inter de Milan à veiller au grain, contre un seul joueur de la Genoa, loin du ballon. Ton coéquipier Skriniar dégage tranquillement, le ballon tranquillement ricoche sur un genou, qui passait tranquillement par là, sans penser à mal: le tien. «La più assurda delle autoreti» a commenté sobrement la presse italienne. Tu t’appelles Andrea Ranocchia et ce jour-là tu aurais mieux fait de rester couché.

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