8 février 2018

Gueule de bois à Anfield

Tirer sur l’arbitre? A quoi bon: l’homme en noir restera de toute façon ou un courageux ou un incompétent. Tel ce Jon Moss qui a réussi à transformer un banal Liverpool-Tottenham en match de légende.

Jürgen Klopp se retenant de livrer le fond de sa pensée.
Jürgen Klopp se retenant de livrer le fond de sa pensée.

«Dieu te regarde!». C’est ce qu’aurait lancé à l’arbitre le président du Minerva Punjab, leader de l’I-League (championnat indien) battu chez la lanterne rouge, les Churchill Brothers de Goa 2-1, après une sombre histoire de penalty.

On ne sait pas si Dieu a regardé le bouleversifiant finish du match Liverpool-Tottenham, et surtout s’il a fait les gros yeux à Jon Moss, l’homme en noir du jour. Il y avait pourtant de quoi, même vu de très haut. Deux penaltys, dont un raté, pour Tottenham dans les dernières minutes, imaginaires si l'on est Reds, habilement obtenus si l’on est Spurs. Et entre deux Mohamed Salah, le pharaon liverpuldien, qui ridiculise, sur un demi mouchoir de poche, 5 joueurs londoniens avant d'inscrire un but qu'on pensait de la victoire. Jusqu'au deuxième péno. Deux à deux au final pour un «nul de mabouls» selon le magazine So Foot.

Jürgen Klopp, le bouillonnant manager de Liverpool n’a pas invoqué, lui, la colère de Dieu sur l’arbitre Moss. Ni sur celle de son assistant qui a vu, seul et comme un grand, matière à penalty sur la dernière action du match. Un juge de touche qui s’appelle, soit dit en passant, Eddie Smart, autrement dit, selon une traduction aussi approximative que malveillante, Eddie le gros malin. Klopp a choisi d’abord l’humour – «Peut-être les règles ont-elles changé», puis le silence prudent: «Si je disais tout ce que je pensais, je paierais la plus grosse amende de l’histoire du foot».

C’est la sagesse même. Il aurait été dommage aussi de malmener ce monsieur Moss qui n’a pas l’air d’un mauvais bougre. Sa notice Wikipedia nous apprend qu’il est natif de Sunderland, dans ce nord-est de l’Angleterre où le football s’apparente à une religion particulièrement radicalisée. Directeur d’école primaire, il est venu à l’arbitrage après avoir été expulsé quand il jouait en ligue inférieure. Réclamant des explications à l’arbitre il s’entendit répondre: «Si vous pensez être meilleur que moi, faites ce job».

Moss l’a pris au mot. Il racontera que ses premiers matchs arbitrés à un niveau très local, lui ont donné une bonne base. «Comme quand vous devez faire partir les moutons du terrain ou vous coltiner des joueurs souffrant de fortes gueules de bois».

Aujourd’hui au plus haut niveau, ce sont plutôt des loups à jeun que Jon Moss, avec un bonheur inégal, croise sur son chemin.

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