13 mars 2018

Insupportables supporters

Les pelouses sont souvent le théâtre d’affrontements qui ont peu à voir avec l’art du ballon. Faut-il pour autant faire du foot un spectacle réservé aux bons pères de famille?

A Lille, les vandales sont entrés dans le temple  (Capture d’écran LCI)
A Lille, les vandales sont entrés dans le temple (Capture d’écran LCI)

Il y a des week-ends comme cela où il n’est pas facile d’être une pelouse. On se fait piétiner, vandaliser, envahir par des gougnafiers en furie. Alors que l’on était, avait-on cru, une sorte d’arène sacrée où seuls les gladiateurs et leurs juges avaient le droit de poser ne serait-ce qu’une moitié d’orteil.

Samedi dernier au Nord, c’étaient les cochons. Ces supporters du LOSC qui pénètrent sur le terrain pour s’en prendre physiquement à leur idoles, des Dogues lillois en position certes de relégables, après un piteux match nul contre Montpellier.

Ce genre de débordements suscitent généralement deux types de réactions, deux camps qui ne tardent pas à s’invectiver. D'un côté, il y a ceux qui crient à la trahison de l’esprit prétendument pacifique du football. Qui déplorent l’impossibilité désormais pour le bon père de famille terrorisé d’emmener sa marmaille au stade. Tout cela par la faute de hooligans, qualifiés, en rafales, de voyous, d’animaux et de racailles décérébrées, qui seraient l’exception, les rares vilains canards de la grande et gentille tribu du ballon rond.

De l’autre, ceux qui font valoir que le foot c’est la passion, la ferveur, et que sans fumigènes, sans injures, sans déprédations, un match ne vaudrait guère mieux qu’un congrès de philatélistes carburant à la tisane fleurie. Et de prendre l’exemple des stades anglais, d’où les hooligans ont été exclus, grâce à une politique de prix dissuasive et remplacés par une bourgeoisie aisée et de non moins aisés touristes venus du continent. D’où une ambiance de sacristie. Ce n’est pas vrai partout, mais ça l’est par exemple à Manchester. Old Trafford, autoproclamé «Théâtre des rêves» ressemble de plus en plus à une amicale des ombres.

Qui pourrait croire pourtant que le choix ne soit qu’entre la violence et l’ennui? Qu’on ne puisse encourager son équipe qu’à coups de bastons et de gaz moutarde, ou de prières muettes?

La seule circonstance atténuante que l’on pourrait trouver aux supporters violents, c’est qu’il y a pire qu’un ultra : un dirigeant armé.

Tel ce président du PAOK Salonique désormais mondialement célèbre, cet Ivan Savvidis, pénétrant furibard sur la pelouse, après un but refusé à sa chère équipe. Furibard mais surtout avec un flingue bien en vue à la ceinture. Si le poisson, dit-on, pourrit par la tête, il semble que le football suive le même mouvement.

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