26 mars 2020

«L’engagement de nos collaborateurs est fabuleux» 

La crise du coronavirus met Migros à rude épreuve. Le président de la Direction générale, Fabrice Zumbrunnen, explique ce que le groupe entreprend pour soutenir les employés et les clients et se dit satisfait de l’exercice 2019.

La crise du coronavirus met Migros à rude épreuve. Le président de la Direction générale, Fabrice Zumbrunnen, explique ce que le groupe entreprend pour soutenir les employés et les clients et se dit satisfait de l’exercice 2019.relles et sociales, loisirs.
Fabrice Zumbrunnen, 50 ans, est président de la Direction générale de la Fédération des coopératives Migros depuis 2018. Il dirigeait auparavant le département Ressources humaines, affaires culturelles et sociales, loisirs.
Temps de lecture 7 minutes

Fabrice Zumbrunnen, Migros est fortement bousculée par la crise du coronavirus et semble proche de ses limites. Maîtrisez-vous encore la situation?

Nos collaboratrices et collaborateurs, que ce soit en Suisse ou à l’étranger, réalisent actuellement des performances extraordinaires pour que, même durant cette période exceptionnelle, la population du pays soit approvisionnée en produits alimentaires et de première nécessité. Nous avons augmenté le nombre d’équipes de travail dans tous les secteurs. Nos industries produisent sans relâche et la logistique pour approvisionner nos magasins travaille à un rythme soutenu. Je suis impressionné de voir ce que les entités du groupe Migros sont capables de réaliser ensemble pour la population dans cette situation extrême. J’ai visité de nombreux magasins et l’engagement des collaboratrices et collaborateurs, que ce soit en coulisse ou au service des clients, est fabuleux et mérite un grand respect.

Vous avez été surpris par l’afflux massif de clientes et clients, n’est-ce pas?

Peu d’entre nous ont déjà vécu une situation aussi extrême. Nous avons mis sur pied une équipe de gestion de crise déjà en janvier pour nous préparer au mieux dans l’ensemble de l’entreprise aux évolutions les plus graves. Fin février, nos magasins étaient pris d’assaut au point que, dans de nombreux supermarchés, les rayons étaient vidés plusieurs fois par jour à peine ils étaient remplis. Quand bien même nous n’avons cessé de répéter que ça ne servait à rien de se constituer des réserves. Comme déjà mentionné, nous avons augmenté massivement nos capacités de livraisons. Nous avons aussi considérablement augmenté notre production de denrées alimentaires pratiquement du jour au lendemain. Par exemple, notre entreprise qui fabrique les pâtes travaille en flux tendu et en fabrique plus de 100 tonnes quotidiennement que nous livrons directement dans nos magasins.

Les employés dans les magasins sont fortement exposés. Que fait Migros pour eux?

Je suis conscient que la situation actuelle est très stressante pour beaucoup de nos employés. Afin de mieux protéger notre personnel, nous avons installé des vitres en plexiglas aux caisses. Le nombre de clients dans les magasins est sévèrement limité dans toute la Suisse pour que la distance minimale de deux mètres puisse être maintenue. Nous travaillons actuellement à renforcer encore plus la protection là où c’est possible. Nos employés sont reconnaissants à nos clients de respecter strictement les règles de conduite du Conseil fédéral – se laver les mains et garder ses distances – lorsqu’ils font leurs achats.

En raison de la crise du coronavirus, l’année écoulée a déjà été oubliée. Néanmoins, la question demeure: êtes-vous satisfait des résultats annuels de 2019?

Oui, Migros a réussi à augmenter son chiffre d’affaires et son bénéfice d’exploitation en 2019 avant la rationalisation de son portefeuille. Dans l’environnement difficile actuel, cela ne va pas de soi et montre que les collaboratrices et collaborateurs de Migros font chaque jour un excellent travail pour les clients. Je suis aussi particulièrement heureux qu’en 2019 aussi, davantage de personnes ont fait leurs achats à Migros.

Pourtant, les ventes dans les supermarchés stagnent. Comment comptez-vous renouer avec la croissance dans votre activité principale?

Nous avons baissé l’an dernier le prix des produits les plus prisés par nos clients et augmenté la qualité de certains produits clés de nos marques propres. Le recul du chiffre d’affaires des super et des hypermarchés est essentiellement imputable à ces baisses de prix et à d’autres effets tels que le transfert des achats sur internet pour les articles non alimentaires. Cette évolution est perceptible dans le monde entier: les clients utilisent de plus en plus les boutiques en ligne pour leurs achats non alimentaires. En tant que chef de file du commerce électronique, nous sommes parés pour les défis de l’avenir. Nous étoffons aussi notre offre en ligne pour les produits alimentaires de façon à simplifier le plus possible les courses à Migros pour notre clientèle.

Et qu’en est-il du commerce de détail classique?

Là aussi, nous avons un potentiel de croissance. Dans des secteurs tels que les achats et la restauration rapides et simples (le Convenience) avec des produits bio et le secteur du discount avec Denner, nous enregistrons une nette progression en 2019. Nous allons continuer à investir et à progresser dans ces secteurs étant donné que les besoins de la clientèle évoluent fortement dans cette direction.

Concernant le discount, des concurrents étrangers ne cessent de gagner des parts de marché en Suisse. Comment Migros appréhende-t-elle ce défi?

Avec Denner, le groupe Migros possède le discounter le plus populaire et le plus important de Suisse. Denner affiche à nouveau une croissance pour 2019 et reste ainsi en haut du palmarès des clients. Pour ce qui est des supermarchés, nous avons investi l’an dernier, à l’échelle de tout l’assortiment, dans des améliorations de qualité et dans la baisse de prix des 1500 produits les plus prisés.

Migros va-t-elle bientôt se transformer en discounter?

Non. L’étendue de notre assortiment, nos marques propres, mais aussi notre service à la clientèle et nos compétences dans nos marchés spécialisés nous différencieront toujours clairement d’un discounter. Migros n’entend pas être un distributeur bas de gamme, mais veut proposer aux gens le meilleur assortiment, simple et pratique, au juste prix. C’est précisément la raison pour laquelle la qualité élevée de nos marques propres a toujours été essentielle.

Migros a récemment été une fois encore élue distributeur le plus respectueux du développement durable au monde. Vous avez donc fait tout juste?

Cette récompense est réjouissante et montre évidemment le bien-fondé de notre action dans plusieurs domaines. Mais il ne faut pas pour autant se reposer sur ses lauriers. Notre clientèle attend de nous un engagement durable. Migros gagne aujourd’hui un franc sur cinq avec des produits qui présentent une valeur ajoutée écologique ou sociale. En 2019, nos ventes de produits alimentaires bio ont franchi pour la première fois la barre du milliard de francs. Cependant, nous ne devons pas nous contenter de ces résultats satisfaisants. Nos spécialistes élaborent sans relâche de nouvelles mesures pour renforcer l’aspect durable de l’offre de Migros.

Migros s’est séparée l’an dernier de plusieurs filiales, notamment Globus. D’autres ventes sont-elles prévues?

Non, pas pour l’instant. Mais il est évident que nous devons examiner en permanence ce qui s’inscrit dans l’orientation stratégique adoptée par Migros et ce qui ne convient pas. Les entreprises concernées peuvent envisager un avenir prospère hors de Migros. Grâce à ces ventes, nous pouvons investir de manière plus ciblée là où cela profite le plus à notre clientèle. Concrètement, cela signifie que nous simplifions l’acte d’achat, en magasin comme en ligne, et que nous voulons décloisonner de plus en plus ces deux univers.

Migros s’engage fortement en faveur de la cohésion sociale en Suisse. Est-ce que cela sera toujours possible malgré la crise du coronavirus?
Je suis toujours impressionné par le nombre de projets de qualité que Migros est en mesure de soutenir et de promouvoir. Rien qu’avec le Pour-cent culturel, nous avons mis à disposition en 2019 118 millions de francs pour la formation, la culture, les loisirs et l’engagement social. Moi-même, je me rends habituellement à de nombreux concerts et manifestations organisés par le Pour-cent culturel. Malheureusement, les concerts et événements soutenus ou organisés par le Pour-cent culturel sont pour l’instant annulés. C’est une situation très difficile pour les artistes et les institutions culturelles. Nous restons cependant un partenaire fiable pendant cette période et respectons nos engagements, car nous savons à quel point le soutien du Pour-cent culturel Migros et du Fonds de soutien Engagement Migros est important, en particulier pendant une
telle crise.

Malgré cette crise, qu’espérez-vous de positif cette année?

J’espère vivement que la population, la Suisse en tant que nation mais aussi Migros en tant qu’entreprise parviendront à surmonter la crise du coronavirus et serais heureux de voir un retour à la normale aussi rapide que possible. Je m’attends à ce que les mois à venir restent très difficiles pour nous tous. Nous mettons tout en œuvre pour continuer à soutenir nos collaboratrices et collaborateurs, leurs proches et leurs familles, nos clients, la population suisse, afin de maîtriser au mieux cette situation extrême.

Benutzer-Kommentare