23 août 2017

Jean-Daniel Giauque, un vigneron de caractère

Sur les bords du lac de Bienne, au Domaine du Signolet, Jean-Daniel Giauque élabore des vins d’exception à partir de cépages nobles et rares. On le dit génial, sauvage, sensible, iconoclaste… On voulait vérifier et on n’a pas été déçu.

Jean-Daniel Giauque
On dit de Jean-Daniel Giauque qu'il est génial, sauvage, sensible, iconoclaste...
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Un vrai terrien

Connaissez-vous beaucoup de viticulteurs qui portent un t-shirt au recto duquel figure le logo de leur domaine et au verso le portrait du Che? Nous, un seul: Jean-Daniel Giauque, un artisan vigneron qui aime sortir des sentiers battus, un enfant de La Neuveville (BE) qui a vinifié ses premiers vins à l’âge où ses contemporains vivaient leurs premiers flirts.

«J’ai démarré tout petit pour arriver, au sommet de ma carrière, à une production annuelle de près de 50 000 bouteilles.» Avec, en prime, une reconnaissance qui lui vaut de figurer dans le Guide des meilleurs vignerons de Suisse. «Ce n’est plus ce que je recherche aujourd’hui, j’ai mis la pédale douce pour me consacrer à ce que j’aime: la sélection de cépages, la vinification de choses rares et… l’élevage.»

Ce touche-à-tout génial possède en effet une vingtaine de moutons, une dizaine de vaches («des Hérens et des Pustertalers»), sept ou huit cochons («Des Mora Signoleta, une race que j’ai créée») et trois poules. Sans oublier ses deux chiens – Lila et Rase-mottes – qui ne le quittent pas d’une semelle.

«Ce qui me fait avancer, c’est l’amour pour ma terre, pour mes vignes, pour mes animaux.» Et son jusqu’au-boutisme aussi: «Quand j’entreprends quelque chose, je le fais à fond, sans retenue. Chez moi, la passion l’emporte toujours sur la raison!»

Une journée avec Jean-Daniel Giauque

7h00 Au lever«La première chose que je fais le matin, c’est passer la main dans le feuillage des vignes pour savoir s’il y a une forte rosée ou s’il a plu durant la nuit. Puis je scrute le ciel pour voir le temps qu’il va faire. Tout cela va conditionner en partie ma journée de travail.»

9h00 A la vigne«La vigne, je la travaille de manière extensive, je la laisse vivre… C’est une approche douce de la nature, raisonnée, respectueuse de la terre. Les traitements, j’en fais très peu et toujours à dose homéopathique.»

13h00 A la sieste«Je fais une petite pause après le dîner. J’ai besoin de me reposer pour penser, pour recharger mes batteries. La sieste est essentielle à mon équilibre!»

15h00 A l’accueil«Recevoir des gens, avoir des contacts avec la clientèle, c’est important. Je suis certes un peu marginal, sauvage, mais pas au point de fermer ma porte aux autres. Même si je ne suis pas un grand businessman, je sais accueillir et parler de mes vins.»

17h00 A la cave«Mes vins sont vivants, ils ont une âme, ils reflètent ce que je suis. De temps en temps, je les goûte pour voir comment ils évoluent au gré d’une vinification patiente, qui respecte les rythmes de la nature et des saisons.»

18h00 Au pré«Aller voir mes protégées, ça me change les idées, ça m’apaise. Et puis, l’Hérens est une bête superbe, intelligente, exceptionnelle qui n’a rien à voir avec les autres vaches. Elle est spéciale. Les gens qui ne la connaissent pas ne peuvent pas comprendre.»

20h00 A l’horizon«A la fin de la journée, je vais souvent dans un vignoble aérien où la vue est dégagée. Là, je regarde le paysage, l’horizon… Ce sont des moments de calme où je réfléchis à mon travail et à ma vie.»

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