3 juillet 2017

Jean-Philippe Kalonji, l’intrépide bédéiste

Auteur d’une trentaine de BD, Jean-Philippe Kalonji connaît le succès d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique. Hypercréatif, il organise jusqu’à la fin de l’année des rendez-vous artistiques à Genève.

Jean-Philippe Kalonji
Jean-Philippe Kalonji, un artiste aux influences multiples.
Temps de lecture 3 minutes

Il est de ceux qui ont le feu sacré. Depuis plus de vingt-cinq ans, Jean-Philippe Kalonji crée inlassablement. Avec une trentaine de BD publiées à son actif, cet autodidacte connaît un succès qui dépasse largement les frontières suisses et pour cause. Il a baladé ses valises de Tokyo à Londres en passant par New York avant de jeter l’ancre à Genève, son lieu de naissance.

Lorsqu’on le retrouve à 9 heures dans son appartement, il est déjà prêt à dégainer son crayon, une casquette des Yankees vissée sur la tête et un sweat-shirt où l’on peut lire: «Whatever works». Traduisez: du moment que ça marche. Et justement, ça marche pour ce Genevois de 44 ans qui cumule les projets.

Il organise actuellement avec Serval, un célèbre graffeur, les Rendez-vous d’artistes au Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH). Le concept? Un diman­che par mois, accompagnés d’invités, ils animent une rencontre avec le public autour d’une session de travail. Et c’est un succès. Quand il ne se balade pas entre les murs du MAH, on le retrouve peignant ses toiles ou illustrant une BD. Son inspiration, il la puise dans la culture japonaise, le style américain de Bill Watterson (Calvin et Hobbes) ou plus récemment l’Afrique. D’origine congolaise, Jean-Philippe Kalonji renoue avec ses racines en même temps qu’il est devenu père. Sa prochaine BD fera d’ailleurs la part belle à ce continent.

www.kalonjiart.com

Une journée avec Jean-Philippe Kalonji

9h: Thé «made in England»

«Le matin, après avoir déposé ma fille à la crèche, j’aime bien prendre un thé noir chez moi avec ma cuillère fétiche parce qu’elle a le drapeau anglais dessus. C’est un moment de détente où je me prépare pour la suite de la journée. Je consulte mon agenda ou je lis religieusement le magazine Monocle, mon préféré!»

10h: L’heure du numérique

«Je dessine beaucoup sur ce support numérique qui est une Wacom Cintiq. Ça me permet de travailler plus efficacement, notamment pour des projets promotionnels comme c’est le cas avec l’hôtel Langham de Londres. Mais ces objets connectés, ce ne sont que des outils… Personnellement je reste très attaché au papier.»

12h: Déjeuner à Carouge

«A midi, je prends souvent un petit quelque chose dans une boulangerie et je mange sur le pouce. Aujourd’hui je me suis arrêté dans un café du quartier de Carouge. Au menu: salade et sandwich.»

13h: Jamais sans mon fixie!

«Il est temps de prendre la direction des Ateliers Grimm qui portent le nom de leur fondatrice, l’artiste Catherine Grimm. J’y ai une résidence d’artiste. Pour y aller, je prends toujours mon vélo. J’en ai d’ailleurs plusieurs. Celui-ci c’est un fixie. Il me permet de me faufiler partout facilement.»

14h: Passage à l’atelier

«Dans ces ateliers, je viens surtout peindre des grands formats. Actuellement je travaille sur ce tableau aux lignes très épurées et d’inspiration africaine. Ça contraste avec mon travail qui est généralement très fourni. Il s’agit d’une expérience très méditative. C’est une sorte de recherche de fond, un regard sur soi-même. J’ai mis environ trois heures à réaliser ces quelques courbes.»

17h: Croquis à la folie

«Le croquis est une activité à laquelle je m’adonne énormément. Trop peut-être. C’est presque compulsif chez moi. Ça m’a d’ailleurs joué des tours! A force de dessiner, j’ai eu une tendinite au poignet, qui a viré en entorse.»

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