1 septembre 2017

Jouir au cinéma

Rester au lit, regarder un film avec Eva Green et atteindre l’orgasme… Voilà un parfait petit programme cul...turel pour ce week-end.

Photo: DR
Temps de lecture 3 minutes

Une fessée, un homme et une femme nus puis une troisième qui débarque, tétons qui pointent et toison ardente… L’image est un peu floutée dans un style très années 80 et ce signe en bas à droite: déconseillé aux moins de 18 ans. C’est un peu à ça que ressemblait le programme télé de RTL9 quand à minuit passé vous regardiez en cachette vos premiers films érotiques. Vous aviez à peine 15 ans et votre main d’adolescent était agrippée à la télécommande, prête à zapper au moindre signe d’une présence parentale. Cette histoire, on est nombreux à l’avoir connue pour peu qu’on fasse partie de cette génération Y ou de celle qui la précède. Parce que oui, l’histoire remonte à une époque où internet n’avait pas encore ses Youporn et autres Pornhub. C’était une façon, disons plus soft, de découvrir cette contrée mystérieuse qu’est celle du désir et de compléter les cours d’éducation sexuelle de l’école, dont perso, je n’ai pas retenu grand chose sinon la façon de dérouler un préservatif. Hum…

Heureusement après les cours aseptisés et l’érotisme version série B, certains ont peut-être découvert un autre cinéma coquin et plus grandiose: celui des maîtres incontestés du grand écran. Entre scènes censurées et corps dénudés, le cinéma érotique a longtemps été l’objet de tous les scandales. Des scandales dont le seul effet a été de mettre davantage sous les feux de la rampe ces films truffés de scènes de sexe. Et c’est tant mieux! Parce que ce n’est pas avec la dadame qui nous montre comment faut mettre le préservatif, qu’on allait apprendre à jouir. Alors si l'envie vous prend de parfaire votre culture tout en "moitisant" votre main dans celle de votre copin-e, voici une petite sélection.

1-L’Empire des sens: C’est un ami cinéphile qui m’a passé le DVD il y a quelques mois, à une époque où j’étais célibataire et en mal de passion. Il m’a donc filé le film comme on refourgue un Xanax à un dépressif. Résultat: ce long métrage japonais m’a obsédée pendant toutes les semaines qui ont suivi... Traître palliatif! L’histoire raconte la passion dévorante entre Kichizo - un homme marié et propriétaire d’une auberge à Tokyo- et sa servante Sada Abe. Le film contient de nombreuses scènes de sexe – dont une fellation – non simulées. Une grande première au Japon qui a provoqué un véritable scandale. Le réalisateur, Nagisa Oshima, a d’ailleurs même été poursuivi en justice pour obscénité. C'est mieux qu’un Oscar ça, non?

2-The Dreamers: Scènes hot, acteurs ultra-sexy, inceste et passion… The Dreamers de Bernardo Bertolucci nous plonge dans le Paris de mai 68 où trois jeunes étudiants vont vivres une sorte de huis clos alors que la révolte gronde Place de la Sorbonne. Côté casting, on retrouve Louis Garrel (cliché du Parisien pseudo dandy mais quand même sexy), Eva Green (diablement belle) et Michael Pitt (dont le jeu crève l’écran). Le résultat est hyper esthétique et la tension sexuelle entre les personnages est merveilleusement bien mise en scène.

3-Kiki: Golden shower, envie irrépressible de se masturber en plein enterrement, amour à trois… C’est au pays des pulsions sexuelles décalées et de l’amour que ce long métrage vous embarque. Le film suit cinq couples qui se battent pour rallumer la passion durant un été torride à Madrid. Une démarche qui va progressivement les mener à se découvrir des désirs sexuels hors du commun. Seul hic, ces plaisirs inavouables les placent face à un choix cornélien: céder à sa pulsion et l’assumer ou la cacher pour ne pas blesser et perdre son partenaire. Pour son troisième film, le réalisateur espagnol Paco León, saisit à bras le corps tout ce qui, dans la sexualité, dérange et échappe à la norme. Un pavé dans la marre. Une ode à la tolérance. Bref, un film à consommer sans modération.

Bonnes séances!

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