28 septembre 2018

Deux sœurs au diapason

Musique, vêtements et appartement à Paris: les jeunes virtuoses franco-suisses Julie et Camille Berthollet partagent tout avec le même enthousiasme. Elles s’apprêtent à sortir fin novembre leur quatrième album – de duos, bien sûr.

Julie et Camille Berthollet
Les sœurs Camille et Julie Berthollet sont unies par une passion pour la musique et leur désir de la transmettre à autrui. (Photos: Niels Ackermann)
Temps de lecture 4 minutes

A ma droite, Julie, aux boucles rousses indomptables et au lumineux sourire. À ma gauche, Camille, aux mêmes folles boucles rousses et au même sourire rayonnant… Mais Julie a 21 ans et Camille 19, et Julie joue du piano, de l’alto et surtout du violon, tandis que Camille joue aussi du violon et du piano et surtout du violoncelle. 

En quatre ans, la notoriété des sœurs Berthollet a pris une dimension planétaire. Depuis que Camille a remporté au violon la première édition du concours des «Prodiges», en décembre 2014 sur France 2, que son premier disque chez Warner Classics s’est vendu à plus de 65 000 exemplaires en trois mois, puis que Julie s’est jointe à elle pour enregistrer les disques suivants, les deux jeunes virtuoses franco-suisses ne cessent d’arpenter les scènes du monde entier. «On est allées en Asie, aux États-Unis, à Singapour, en Malaisie, à Pékin… L’ennui, c’est qu’on n’a jamais le temps de visiter», regrette Camille. «Sauf si le taxi prend un joli itinéraire et évite le périphérique, complète sa sœur. Une fois, à Rome, on a fini à 1 heure du matin et on a fait une visite de nuit, c’était pas mal…» 

La force de la fratrie

Pour sauvegarder un îlot d’intimité et de calme, les deux sœurs ont emménagé à Paris il y a un an avec l’aide de Stéphane Plaza, qui leur a déniché un joli appartement près de Montmartre. «Paris nous permet de prendre l’avion pour n’importe où, souligne Julie. Avoir notre appartement nous donne aussi l’occasion de ne pas être seules à l’hôtel. La plus grande partie du temps, notre travail est solitaire. Cela fait du bien d’être ensemble.» «Oui, ainsi, on se sent plus fortes, ajoute Camille. Sur scène, c’est pareil: jouer ensemble nous donne beaucoup plus d’énergie!»

C’est justement grâce à leur enthousiasme que toutes deux, passionnées de violon et de violoncelle depuis leurs 4 ans, rêvent d’amener davantage de jeunes au classique: «Il y a beaucoup d’idées reçues. Certains pensent qu’ils doivent connaître le solfège pour apprécier un concert ou ont peur de se ridiculiser, car ils ne savent pas quand applaudir, note Julie. Pour casser les a priori, durant nos concerts, on met des pièces qu’on apprécie et que beaucoup peuvent identifier, et on ajoute ensuite des plus difficiles pour leur faire découvrir d’autres choses.» «On a la chance de pouvoir exprimer nos souhaits artistiques personnels et de pouvoir faire nos propres choix, ajoute Camille. Cela nous permet de créer un pont entre différents styles et attirer un public plus large.»

Exploration de la fusion des genres

Julie et Camille sont actuellement en pleine tournée promotionnelle de leur quatrième album, «Entre 2», qui sortira ce 23 novembre.
«Il est très différent des premiers, explique Julie. On a fait nos propres arrangements, dans lesquels on a voulu fusionner divers milieux en métissant l’univers classique avec de la chanson francophone et de la pop urbaine. On aime tenter des choses et après, ça passe ou ça casse… mais ça casse rarement, on a de la chance!» «L’idée était de briser les codes et non pas de juste contourner les genres préexistants, précise Camille. On s’est aussi remises au chant.»

En parallèle, Julie suit des cours à la Chapelle musicale Reine Élisabeth en Belgique, elles répètent toutes deux entre trois et huit heures par jour et trouvent même le temps de faire du shopping pour les robes de rêve de leurs concerts: «Ils sont une bonne excuse… On a plusieurs dressings à Paris, mais on ne peut déjà plus fermer le dernier qu’on a acheté!», s’amusent-elles en chœur. Elles donneront bientôt un concert à Lausanne. «On se réjouit, s’exclame Camille. C’est cool de venir jouer dans la région, on a l’impression de revenir à la maison…»

Toujours fraîches et souriantes

Mais où puisent-elles leur force avec tout ce qu’elles mènent de front? «On fait gaffe à notre alimentation, on ne mange presque pas de viande et surtout du bio», détaille Julie. «Et on essaie de dormir suffisamment», complète Camille. «Comme on n’a pas de formule magique, on dort dans la voiture, dans le train, partout où on peut, sourit Julie. On pratique la sophrologie. Il faut aussi avoir des petits trucs qui prennent peu de temps mais permettent de se ressourcer.» «Nos parents nous ont dit que si on s’engageait dans une activité, on ne pouvait pas l’arrêter avant la fin de l’année, explique Camille. Ça nous a appris la rigueur, le fait que rien n’est jamais acquis, mais qu’il ne faut jamais abandonner. Quand on vit avec passion, chaque jour est différent et on ne s’ennuie jamais!» La preuve: les deux sœurs ont déjà des idées pour leurs quatre prochains albums… et poursuivent leur quête d’un mécène qui accepterait de leur fournir un Stradivarius ou un Guarnerius, afin de pouvoir jouer sur un bijou digne de leur virtuosité.

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