17 janvier 2018

KT Gorique, la rappeuse aussi polyvalente qu'un couteau suisse

Lauréate du End of the Weak, mais aussi actrice et danseuse, KT Gorique est une artiste au talent protéiforme. Pas étonnant qu’on surnomme la Valaisanne d’origine ivoirienne le «couteau suisse».

kt gorique
KT Gorique a été la première femme, la plus jeune et la première Suissesse à remporter le End of the Weak.
Temps de lecture 3 minutes

Donnez-lui dix mots et elle vous en fait une histoire à tiroirs. C’est que KT Gorique multiplie le verbe comme d’aucuns les pains et les poissons. Son don inné pour la rime lui a valu d’être la plus jeune, la première femme et première Suissesse à remporter le End of the Weak. C’était en 2012 à New York, elle avait alors 21 ans. Depuis, les récompenses ont plu sur la Sédunoise d’origine ivoirienne. Et pas seulement en impro. Danseuse de hip-hop, compositrice, elle dessine, calligraphie et s’est aussi essayée au cinéma avec succès dans le film du Français Pascal Tessaud Brooklyn sorti en 2015 où elle tient le premier rôle. Une expérience qui lui a valu d’être couronnée meilleure actrice lors du dernier Hip Hop Film Festival de New York. En novembre, elle est repartie auréolée de deux prix – dont celui du public – des Swiss Live Talents.

À Sion où elle vit, KT aka le «couteau suisse», référence à ses multiples talents, poursuit sa route. En rappant, évidemment. Après un premier album très attendu sorti en 2016 (Tentative de survie), elle a livré en juin dernier ORA, un conte rappé qui traverse les âges et les continents. Fable sur la vie rendant autant hommage à ses origines africaines qu’à la planète hip-hop, elle y déploie son phrasé aiguisé et poétique. Comme une lame de fond.

Vidéo: revivre la tournée de KT Gorique au Paléo en 2017 (Source: Youtube/KT Gorique)

Une journée avec KT Gorique

9h Réveil-café «Chaque matin, c’est le même rituel: je me fais une grande tasse de café que je bois en écoutant de la musique. La condition sine qua non pour me réveiller et pouvoir attaquer ma journée.»

10h Écriture «Écrire est un besoin quotidien. Je note mes pensées dans un petit carnet ou, si je ne l’ai pas sous la main, directement dans ma tête. Les sujets de mes textes sont tous les jours différents. J’évoque ma vie, les gens qui m’entourent, mon ressenti.»

12h Sur la route, la musique «Que je sois chez moi ou en route, j’écoute toujours de la musique. Je suis très influencée par la musique africaine et j’admire autant Bob Marley qu’Angélique Kidjo. Dans le rap, j’adore Lauryn Hill, la meilleure rappeuse de tous les temps selon moi, j’apprécie aussi beaucoup Missy Elliott, Notorious Big ou Method Man.»

Gris-gris «Le bracelet m’a été offert par ma petite sœur et les colliers par ma mère et un ami. Je les porte toujours sur moi lors des concerts, car j’ai décidé qu’ils me protégeaient et me portaient chance.»

15h En studio «J’aime me retrouver en studio, essayer de nouveaux sons, comme sur ORA, ma mixtape sortie en juin dernier. Il s’agit de morceaux reliés entre eux par un DJ et la voix d’une conteuse. C’est comme une longue histoire ininterrompue de quarante-cinq minutes.»

20h «Mon plus beau visage» «Mon rituel de maquillage est un moment très intime. Une transition vers la scène. Mes peintures s’inspirent de celles des Baoulés, une tribu de Côte d’Ivoire. Se peindre le corps pour se faire belle est une tradition ancestrale et pour moi c’est une cérémonie importante. C’est offrir mon plus beau visage aux gens qui viennent me voir, une forme d’hommage.»

22h Bête de scène «J’ai toujours le trac avant de monter sur scène, mais c’est un stress positif, car une fois face au public, il disparaît. Dès que la musique commence, j’oublie tout, je suis portée par le public et les rythmes. C’est un état unique, où je me sens moi-même et à ma place.»

Benutzer-Kommentare