3 mars 2014

L’art de bien faire un bandage

La contention adhésive ou strapping peut rendre de fiers services, notamment en cas d’entorses, de claquages ou de luxations. Mais pour autant que les bandes soient correctement appliquées.

Stéphane Quéry  pose assis sur sa table de massage et tient des bandes dans ses mains.
Stéphane Quéry organise des stages de 
strapping à 
Mies (VD).
Temps de lecture 4 minutes

Ne manquez pas la démonstration exclusive en vidéo par Stéphane Quéry plus loin dans cet article!

Alors que les beaux jours reviennent, une foule de coureurs, randonneurs et cyclistes fleurit à nouveau par monts et par vaux. Et avec elle son lot d’entorses et de foulures, voire de blessures plus graves.

En cas de chutes ou de faux mouvements, il est nécessaire d’agir vite afin d’éviter toutes complications futures. La contention adhésive ou strapping permet de maintenir efficacement des muscles, des tendons ou des ligaments blessés grâce à l’application de bandes élastiques plus ou moins adhésives. Aussi est-il conseillé, avant de partir en randonnée par exemple, de toujours emporter quelques rouleaux de ces bandelettes.

Oui mais voilà encore faut-il savoir les utiliser correctement pour que leur effet soit optimal. «La méthode n’a rien de sorcier, rassure Stéphane Quéry, qui organise à Mies (VD) depuis quelques années des stages de strapping. Ouverts à tous – aucune connaissance de base n’est nécessaire –, ces ateliers font le plein de masseurs professionnels qui désirent perfectionner leur savoir, de sportifs amateurs ainsi que de pères et mères de famille qui souhaitent pouvoir, en temps voulu, venir en aide à leur progéniture.

«Le but premier du strapping est de limiter les mouvements, que ce soit de l’articulation ou du muscle. Avec pour corollaire un effet anti-douleur, explique Stéphane Quéry. Et comme il s’agit d’une contention souple, la technique permet, par exemple, au marcheur de poursuivre sa route jusqu’au refuge le plus proche, voire au joueur de football de finir son match.»

Attention aux parties poilues

Le strapping comprend trois types de bandes de différentes largeurs, disponibles dans toutes les bonnes pharmacies.

Sur les parties poilues du corps, il est conseillé de commencer l’application avec une bande non autocollante.

Lorsqu’on l’enlèvera par la suite, l’opération restera indolore, avertit le masseur professionnel. Puis il faut fixer ce qu’on appelle les ancrages avec une bande autocollante rigide. Dans le cas d’une entorse, celle-ci sera posée autour du mollet. Dans le cas d’une périostite, une inflammation du tissu recouvrant les os relativement fréquente chez les coureurs et les randonneurs, il faudra appliquer un double ancrage le long du périoste et du tibia.»

Ensuite seulement, on placera le troisième type de bandes en les fixant sur les ancrages. Ce sont elles qui assureront le resserrement des zones blessées grâce à leur élasticité.

En ce sens, le strapping diffère nettement du simple bandage d’antan qui ne présentait pas cette propriété de souplesse.»

Pour reprendre les deux cas concrets précités, les bandes doivent entourer les pieds en «U», en «X» puis en alpha pour une entorse (voir vidéo ci-dessous) et, pour la périostite, il suffit d’appliquer trois ou quatre bandes perpendiculairement à l’ancrage en entourant le mollet.

«Bien évidemment, un strapping ne remplace pas une visite chez son médecin. Si l’œdème persiste après quelques jours, il ne faut pas hésiter à aller consulter.»

Bandage en cas d’entorse

Le dispositif avec un simple crayon et un bout de ficelle, servant à raccourcir la zone lésée.
Se servir par exemple d'un bout de ficelle attachée à un crayon, qui sera positionné derrière les orteils.

A noter: Il est important de raccourcir la zone lésée avant de bander. Dans le cas d’une entorse, on peut utiliser un crayon attaché à une ficelle pour tirer le pied.

De manière générale, un temps de repos prolongé est recommandé après une blessure.

Les gens ont toujours tendance à recommencer le sport trop vite,

avertit Stéphane Quéry qui a une astuce très simple pour savoir où en est la cicatrisation de la lésion. «Si, après une blessure musculaire ou tendineuse des jambes, vous pouvez monter quatre à cinq étages à pied sans ressentir la moindre douleur, alors vous êtes guéri.»

Facile à appliquer, le strapping est de plus en plus souvent utilisé de manière préventive. Une bonne idée? «Si la personne est sujette aux entorses, bander la cheville avant d’aller courir peut être recommandé. Le problème, c’est que le strapping apporte un grand confort physique et mental. Du coup, on aura peut-être tendance à surestimer ses capacités», admet Stéphane Quéry, avant de poursuivre: «J’ai aussi remarqué que certains deviennent assez vite accro. Et comme c’est souvent le cas,

c’est justement le jour où ils ne se sont pas bandés que l’accident survient. Comme si la peur les avait fait chuter.»

Photographe: Loan Nguyen

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