24 janvier 2015

La bronchiolite, ce mal hivernal du nourrisson

Cette maladie infectieuse reste la principale cause d’hospitalisation de l’enfant de moins d’un an durant la mauvaise saison.

Patience, le virus à l’origine de la bronchiolite peut rôder jusqu’à fin mars.
Patience, le virus à l’origine de la bronchiolite peut rôder jusqu’à fin mars. (Photo: mauritius images/BSIP.)
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Chaque année ou presque, c’est le lot de nombreux parents. Atteint par le virus respiratoire syncytial (VRS), leur petit enfant se met soudain à respirer vite, mais mal. Et dans certains cas avec ce sifflement caractéristique de la bronchiolite virale. «Contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou entendre, une épidémie de bronchiolite se déclare bien chaque hiver, que ce soit sous nos latitudes ou dans l’hémisphère Sud», assure aux HUG la professeure Constance Barazzone, responsable de l’Unité de pneumologie pédiatrique, qui s’est d’ailleurs spécialisée dans ce domaine médical assez récent en Australie.

Si la bronchiolite fait des ravages en hiver, cela n’a rien à voir avec le froid ou la météo qui affaibliraient nos défenses immunitaires.

Comme la grippe, c’est une maladie infectieuse dont le virus se propage avec le froid.

De même, le pic d’intensité varie entre les années. Pour cette fois, il semble que le pire soit passé avec les fêtes.

Des signes de gravité bien connus des parents

Entre deux et six mois – et jusqu’à un an – la bronchiolite reste l’une des causes les plus fréquentes d’hospitalisation, et la maladie infectieuse des voies respiratoires inférieures la plus courante.

Plus l’enfant est jeune, plus il est malade,

mais aussi plus les parents doivent se montrer attentifs à l’évolution de la situation. Evidemment, en cas de maladie pulmonaire chronique, d’immunodéficience ou d’une naissance prématurée, une vigilance renforcée est d’autant plus importante. «Les parents concernés sont en général bien conseillés par les pédiatres, et apprennent à détecter les signes de gravité comme la détresse respiratoire, la difficulté à s’alimenter ou le creusement caractéristique sous les côtes lors de l’inspiration», explique encore Constance Barazzone.

Pour ces cas-là, il vaut mieux éviter d’encombrer les urgences et se rendre rapidement chez le pédiatre, qui sera à même de décider par exemple s’il convient d’hospitaliser l’enfant quelques jours. «Une prise en charge qui ne concerne que quelques pourcents des enfants.» A l’hôpital, la priorité ira à ce que le nourrisson soit bien oxygéné, et éventuellement alimenté par sonde.

Pour les cas plus légers, majoritaires, les parents veilleront à déboucher régulièrement les petits nez avec du sérum physiologique, voire à fractionner les repas du nourrisson qui, respirant mal, a souvent des difficultés à ingérer suffisamment en une fois.

Le virus causant la bronchiolite peut être présent jusqu’à fin mars. Même s’il n’existe que peu de prévention possible, quelques règles simples permettent de limiter les risques de contagion. Bien se laver les mains en famille et éloigner les grands frères et sœurs malades des plus petits en fait partie.

Evidemment, la vie en collectivité – à la crèche par exemple – augmente les risques. «Les fratries nombreuses aussi, mais surtout l’exposition passive au tabagisme», note Constance Barazzone.

Depuis quelques années, les pédiatres pneumologues ont émis des recommandations à l’intention des pédiatres pour la prise en charge de la bronchiolite. On y lit par exemple qu’en tout cas lors d’une première infection virale, un traitement broncho-dilatateur avec ou sans cortisone n’est pas recommandé, alors qu’il y a un peu plus d’une décennie une étude de la Société pédiatrique suisse avait montré que la très grande majorité des praticiens en prescrivaient quasi systématiquement.

Texte © Migros Magazine – Pierre Léderrey

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