5 décembre 2017

La grande solitude du coach

Ne rien dire tout en le disant: comment les trente-deux sélectionneurs ont réagi au tirage au sort de la coupe du monde de foot.

Zabivaka, la mascotte, a dû en prendre plein ses oreilles de loup.  Avant le tirage Gianni Infantino, patron de la FIFA, et le président russe Vladimir Poutine avaient montré l'exemple: vive la langue de bois!
Zabivaka, la mascotte, a dû en prendre plein ses oreilles de loup. (Photo soccer.ru)

Sélectionneur, voilà bien un métier pointu. Surtout quand il s’agit de parler au bon peuple des supporters. Langue de bois obligatoire, histoire de ne fâcher personne. Les coachs des 32 nations qualifiées pour le Mondial 2018 ont donc ramé ferme le 1er décembre dernier à Moscou pour commenter le tirage au sort. Chacun à sa manière. Petit résumé, groupe par groupe.

Groupe A

Le normand: «Je ne peux pas dire si je suis content ou non.» Stanislav Cherchesov (Russie)
La Palice: «Nous jouerons le match d’ouverture contre le pays hôte et ce sera difficile.» Juan Antonio Pizzi (Arabie saoudite)
Le donneur de leçon: «Tous ceux qui pensent qu’ils ont un tirage facile font une grande erreur.» Hector Cuper (Egypte)
L’impresario: «Nous sommes contents de jouer contre le pays organisateur, nous serons ainsi davantage sous le feu des projecteurs, une expérience toujours excitante.» Celso Otero (Uruguay)

Groupe B

Le mathématicien: «Sur un match le Portugal peut battre n’importe qui.» Fernando Santos (Portugal)
L’astrologue: «Comme prévu, c'est un groupe compliqué, difficile, dur, mais c'est le Mondial et c'est comme ça.» Julen Lopetegui (Espagne)
L’angoissé: «On a voulu y être à cette Coupe du monde, et bien maintenant on y est et on va jouer deux monstres.» Hervé Renard (Maroc)
Le minimaliste: «Le plus important sera de jouer avec ambition et de quitter le tournoi honorablement.» Carlos Queiroz (Iran)

Groupe C

Le vernis conscient de l'être: «Ça aurait pu être pire, bien évidemment.» Didier Deschamps (France)
L’hôtelier: «Nous logeons à Kazan et notre premier match aura lieu à Kazan, c’est un avantage.» Ante Milicic (Australie)
Le jardinier: «Nous allons déployer notre jeu mais nous ferons attention à nous adapter au terrain.» Ricardo Gareca (Pérou)
Le géographe: «L’Australie, c’est très loin.» Age Hareide (Danemark)

Groupe D

Le confiant: «J’ai dans mon équipe le meilleur joueur de l’histoire, c’est un plus.» Jorge Sampaoli (Argentine)
Le poète: «Jouer contre l’Argentine le premier match, c’est assez romantique.» Heimir Hallgrimson (Islande)
Le bègue: «Nous espérons, nous espérons, nous espérons.» Gernot Rohr (Nigeria)
Le docteur Coué: «Je suis optimiste de nature, je pense donc que mon équipe fera du bon travail.» Zlatko Dalic (Croatie)

Groupe E

Le remueur de couteaux: «Une compétition pour laquelle l’Italie, les Pays-Bas, le Chili et les Etats-Unis n’ont pas réussi à se qualifier ne peut être que très équilibrée.» Tite (Brésil)
L’expert comptable: «Nous devrons jouer à 150% pour obtenir un résultat.» Vladimir Petkovic (Suisse)
L’ami de la Suisse: «Avec un bon résultat contre la Suisse en clôture, nous pouvons nous qualifier.» Oscar Ramirez (Costa Rica)
L’autre ami de la Suisse: «Le match contre la Suisse sera la clef du groupe.» Mladen Krstajic (Serbie)

Groupe F

Le condescendant: «Sportivement ce sont des adversaires très intéressants.» Joachim Löw (Allemagne)
Le planificateur: «Ce que nous aurons à faire est de nous tenir au plan prévu et nous assurer que les joueurs arrivent en bonne forme.» Juan Carlos Osorio (Mexique)
Le gonflé à bloc: «Après le barrage contre l'Italie, je ressens une très grande confiance en notre équipe.» Jan Andersson (Suède)
Le germanophobe: «L'Allemagne est un adversaire très difficile. Pour le moment, je ne suis pas très confiant. Par chance, nous ne jouerons contre eux qu'au troisième match.» Shin Tae-yong (Corée du Sud)

Groupe G

Le mémorialiste: «On a souvent déconsidéré un peu vite certaines équipes, avant finalement qu'elles ne nous battent.» Gareth Southgate (Angleterre)
Le Loup ravi: «Nous sommes venus heureux à ce Mondial et nous continuons à l'être.» Hernan Dario Gomez (Panama)
Le pèlerin: «J'ai demandé à Dieu de ne pas nous placer dans le premier groupe à cause du Ramadan qui se terminera le 14-15 juin.» Nabil Maaloul (Tunisie)
Le gros malin: «Je suis assez excité par rapport à la qualité de ce groupe. Mais, nous ne sommes pas là pour trouver des excuses.» Roberto Martinez (Belgique)

Groupe H

Le narcissique: «Cela aurait pu être pire. Poule H, H comme Halilhodzic.» Vahid Halilhodzic (Japon)
Le connaisseur: «Je ne vais pas extérioriser tant de joie, car je sais ce qu'est un Mondial, et je sais ce que c'est de le jouer.» José Pekerman ( Colombie)
Le patriote: «Nous viendrons pour montrer nos qualités et défendre les couleurs de notre pays.» Aliou Cissé (Sénégal)
Le croyant: «Nous affronterons nos adversaires avec une grande humilité et un grand respect, mais nous croyons en nous-mêmes et en nos propres capacités.» Adam Nawalka (Pologne)

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